Faute de moyens, le laboratoire des plantes médicinales de Nouméa pourrait bientôt fermer. Cette antenne de l’Institut de chimie des substances naturelles (ICSN) est pourtant un point d’étude hors norme de la biodiversité de Nouvelle-Calédonie. La préparation d’analogues anticancéreux ou antitumoraux a ainsi été conduite à partir de ses travaux d’identification. D’autres molécules « intéressantes » ont été isolées, et trois espèces nouvelles de plantes découvertes. Un projet devait aussi être lancé pour identifier des molécules actives contre la dengue, une infection virale sans traitement à ce jour.

d’autant plus etonnament qu’il y a cinq ans, la mission « Santo 2006 » au Vanuatu a donné un nouvel élan aux grandes expéditions naturalistes. Alors que la diversité des espèces s’érode, l’exploration va se poursuivre en Mélanésie, en Papouasie Nouvelle-Guinée puis en Nouvelle-Calédonie.

« On rêvait de ça. Ces expéditions sont un message positif sur l’exploration de la biodiversité », s’enthousiasme Philippe Bouchet, chargé de mission « Grandes expéditions » au Museum d’histoire naturelle.

« Ces missions sont véritablement humaines, tant elles rassemblent de corps de métiers : élagueurs, plongeurs, entomologistes, spéléologues, botanistes, biologistes… », poursuit le scientifique, spécialiste des mollusques.

Elles sont le fruit d’une prise de conscience de la communauté scientifique dans les années 1980, que 80% des espèces animales et végétales restaient à découvrir et qu’impérativement, l’échelle des échantillonnages devait être accrue.

Début juin, aux côtés de responsables de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), de l’organisation Pro Natura International et du Museum, Philippe Bouchet a participé à la restitution aux autorités du pays des résultats de « Santo 2006 », rassemblés dans un épais livre.

Plus grande île de l’archipel de Vanuatu, à 1.750 kilomètres à l’Est de l’Australie, Santo, qui abrite une incroyable densité d’écosystèmes, a été passée au peigne fin par 150 scientifiques du monde entier.

« On a inventorié quelque 10.000 espèces, avec sans doute 1.000 à 2.000 espèces nouvelles, dont une centaine a été confirmée, » indique Philippe Bouchet.

Les insectes forment le gros du bataillon avec notamment un nouveau criquet et un nouveau scorpion, mais des escargots, des crustacés, des algues, des poissons….ont aussi été pour la première fois répertoriés.

L’étude des milliers d’échantillons va se poursuivre plusieurs années.

« Le plus excitant, c’est de déplacer les frontières de l’endroit où jusqu’à présent on les avait mises », confie Claude Payri, biologiste marin au centre IRD de Nouméa.

A l’échelle de la planète, environ 1,9 million d’espèces, dont un million d’insectes, ont été décrites et il en resterait à découvrir entre 5 et 30 millions, au gré des différentes évaluations.

Mais ce patrimoine s’amenuise. Selon les scientifiques, la planète connaitrait actuellement la sixième grande extinction de son histoire.

« Le taux d’extinction serait de 100 à 1.000 fois supérieur au taux naturel, à cause surtout des pertes d’habitats », estime Philippe Bouchet.

Essentiellement financé par des mécènes, « Santo 2006 » a coûté 1,2 million d’euros et a amorcé le retour des grandes expéditions naturalistes, dont les dernières remontent à plus d’un siècle.

Après Madagascar et le Mozambique en 2009-2010, le consortium IRD, Museum d’histoire naturelle et pro-Natura International remet le cap sur la Mélanésie. En 2012, une expédition, avec une centaine de scientifiques embarqués, est programmée à Madang, sur la côte nord de Papouasie Nouvelle-Guinée.

« C’est le pays des superlatifs en matière de biodiversité », se réjouit d’avance Philippe Bouchet.

Pays montagneux couvert de forêt tropicale, la Papouasie Nouvelle-Guinée est située dans le « Triangle de corail », zone de l’océan Pacifique s’étirant entre les Salomon, l’Indonésie et les Philippines, qui concentre la plus riche biodiversité marine du monde.

Autre point chaud de la planète, la Nouvelle-Calédonie, dont les lagons sont inscrits au patrimoine mondial de l’humanité, accueillera à son tour en 2014 une mission de naturalistes.

Mais bon niveau credibilite avec le seul labo de plantes medicinales de noumea qui ferme .. ca laisse voir a quel point on se sent concernes par les richesses de notre beaux cailloux!

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