Un cri d’alarme.
Les deux députés de Nouvelle-Calédonie ont alerté vendredi la ministre de la Justice sur la situation «explosive» et les conditions «indignes» de détention à la prison de Nouméa, a indiqué l’un d’eux, Philippe Gomes, estimant avoir été entenduLa ministre «nous a confirmé qu’elle était consciente de l’enjeu et de la gravité des atteintes aux droits de l’Homme», a précisé à l’AFP M. Gomes qui, avec Sonia Lagarde, autre député de Nouvelle-Calédonie, a rencontré Christiane Taubira à la Chancellerie.

«Nous avons demandé qu’une mission de haut niveau soit dépêchée sur place dans les meilleurs délais et agisse en concertation avec les différentes parties» (personnel, autorités locales, familles…) afin qu’une option soit rapidement arrêtée pour la reconstruction, la rénovation ou l’extension de la prison, a ajouté le député.

Christiane Taubira s’y est déclarée «favorable», a-t-il dit. Selon lui, il faut d’une part prendre des mesures urgentes pour améliorer les conditions de détention dans cette prison vétuste appelée «Camp Est», d’autre part apporter «des réponses à moyen et long terme » pour avoir en Nouvelle-Calédonie un lieu de détention « respectueux de la dignité humaine».

En décembre 2011, le contrôleur des prisons avait dénoncé dans un avis publié au Journal Officiel « la violation grave des droits fondamentaux » des détenus de Camp Est, dont il décrivait l’état déplorable et la surpopulation. Il y a 480 détenus pour 218 places, a souligné Philippe Gomes, les taux d’occupation variant selon les quartiers de détention de 200 à 300%.

(sources:AFP)

3 COMMENTS

  1. Les 2 députés des non Kanak se réveillent !!

    Compte-rendu de mission parlementaire le 15 janvier 2010

    Les parlementaires qui ont participé cette mission sont : François ALFONSI, député européen de Corse, membre du groupe Verts-ALE au Parlement européen, José BOVE, député européen du Sud Ouest, membre du groupe Verts-ALE au Parlement européen, Alima BOUMEDIENNE-THIERY, sénatrice Verte d’Ile de France, Karima DELLI, députée européenne de Paris, membre du groupe Verts-ALE au Parlement européen, Jean DESESSARD, sénateur Vert de Paris.

    La délégation du Comité de soutien aux prisonniers formé par différents syndicats, partis et associations, reçue Paris dans les locaux du Sénat, et Strasbourg dans les locaux du Parlement Européen en septembre dernier, avait insisté sur le caractère arbitraire de la condamnation de Gérard Jodar et sur les conditions absolument indignes de sa détention, ce qui a motivé la constitution de cette mission informelle pour enquêter sur cette situation.

    Aussi notre délégation, conformément au droit reconnu aux parlementaires français, étendu aux parlementaires européens depuis le vote de loi pénitentiaire du 24 novembre 2009, s’est rendue la prison de Nouméa, dite du Camp Est, les mercredi 6 et jeudi 7 janvier. Nous avons également rencontré les proches de Monsieur Jodar, sa famille et les membres du syndicat USTKE, ainsi que son avocate, Maître Cécile Moresco. Enfin, nous avons assisté l’audience de la cour d’appel saisie d’une demande de mise en liberté.

    En premier lieu, nous avons rendu visite au Sénat coutumier de Kanaky, représentant légitime de la nation kanak, et sollicité son agrément pour notre démarche. Les valeurs du respect et de l’hospitalité sont essentielles dans la culture kanak. S’il en avait été tenu compte au cours des siècles, bien des drames auraient été évités. Par ailleurs, au terme de nos contacts relatifs l’affaire Jodar, notre délégation s’est rendue au Congrès de Nouvelle Calédonie alors qu’il siégeait en séance publique. Sa présence y a été saluée par le Président Martin la demande de M. Louis Kotra Uregei, élu du Parti Travalliste.

    Enfin, en préambule ce rapport, nous tenons souligner que notre mission a été très correctement accompagnée par les responsables de l’administration pénitentiaire rencontrés sur place.

    Nos observations nous amènent aux conclusions suivantes :

    1/ Concernant la prison du Camp Est

    La situation des prisons en France a suscité, en étant largement relayée par les médias, une émotion considérable et légitime dans l’opinion. Les conditions de détention en maison d’arrêt sont souvent définies comme indignes de la « patrie des droits de l’homme ». La délégation a pu constater que la réalité de la condition pénitentiaire est incomparablement plus grave encore au Camp Est de Nouméa.

    – une maison d’arrêt surpeuplée. Conçue pour 192 détenus, la prison du Camp Est en hébergeait 431 le jour de notre visite, soit une surpopulation de 230%. Cette situation est habituelle, et le nombre de détenus est parfois encore plus élevé. Une des raisons essentielles de cette surpopulation est que les condamnations prononcées sont le plus souvent plus lourdes qu’en métropole, et que, dans le même temps, les aménagements de peine (semi-liberté, placement extérieur, libération conditionnelle, etc..) sont quasi-inexistants.

    – Un taux de récidive de 51%. Il y a dans cette prison une forte proportion de jeunes incarcérés pour des délits mineurs (vols de voiture, toxicomanes, délits liés l’abus d’alcool, etc…). Ils y côtoient des malades mentaux qui désorganisent les conditions de détention, et ils partagent, dans des conditions de détention très difficiles, une promiscuité qui fait le lit de la récidive.

    – Des conditions de vétusté et d’insalubrité inacceptables. Une cellule de 13 m² accueille jusqu’ six détenus, le sixième dormant même le sol dans l’allée qui sépare les lits superposés (trois d’un côté, deux de l’autre). Ces cellules n’ont pas d’éclairage digne de ce nom, ni par la lumière du jour, ni par l’ampoule encastrée même le mur. Chaque cellule est dotée d’une prise de courant, mais le réseau disjoncte la moindre sollicitation. Les bouilloires sont ainsi interdites. Nombreuses sont les cellules sans télévision, et même, malgré les fortes chaleur de l’été, sans ventilateur.

    – 90% de mélanésiens forment la population carcérale, en totale disproportion avec la réalité démographique du pays où ils sont environ 50%.

    – Des contrôles inexistants : les maisons d’arrêt sont soumises en théorie toute une série de contrôles. A Nouméa, les inspections inspectent peu, les commissions de surveillance ne surveillent pas grand chose, les magistrats du parquet répugnent s’y rendre et ceux qui y envoient les prévenus n’y mettent que rarement les pieds. Nous avons voulu briser la loi du silence propos de cette maison d’arrêt.

    2/ Concernant la situation du Peuple Kanak

    Nous avons constaté la situation de discrimination que subissent les kanaks en Nouvelle Calédonie, malgré les accords survenus en 1988 (accords de Matignon) et 1998 (accords de Nouméa). Car, dans la réalité des faits, les chiffres démontrent une réalité inacceptable.

    – notre première constatation a été faite lors de la visite de la prison de Nouméa, où 90% des détenus sont d’origine mélanésienne, parmi lesquels de nombreux jeunes délinquants qui pour beaucoup relèvent de sanctions alternatives l’emprisonnement. Or les kanaks sont peine 50% de la population de la Nouvelle Calédonie. Il y a l matière s’interroger sérieusement sur une « discrimination dans les faits ». Et cela d’autant plus que le taux d’incarcération constaté pour cette population est d’environ quatre pour mille, comparer la moyenne nationale, environ un pour mille, alors qu’aucune grande délinquance n’est présente sur le territoire.

    – Ce sentiment est confirmé par le contraste saisissant entre les lieux de vie de cette population, dans les quartiers de Nouméa comme dans leurs communautés, par rapport aux lieux de résidence du reste de la population.

    – Tous les indicateurs sont au rouge : échec scolaire, taux de délinquance juvénile, taux de récidive, taux de chômage, taux de précarité. Il y a une situation intolérable de marginalisation du peuple kanak alors même qu’il forme la population originelle de la Nouvelle Calédonie. Il faut mener d’urgence une démarche de réparation historique l’égard de ce peuple colonisé au 19ème siècle et qui reste, en ce début de 21ème siècle, malgré les statuts promulgués ces vingt dernières années, dans une situation politique inacceptable.

    – Alors que la Kanaky est inscrite par les Nations Unies sur la liste des pays décoloniser, la France n’a toujours pas assumée sa responsabilité et continue une politique de colonisation de peuplement en violation avec les accords qui prévoient de favoriser le rééquilibrage économique et la préférence l’emploi local.

    François Alfonsi, José Bové, Karima Delli: Députés européens du groupe Verts/Alliance Libre Européenne

    Alima Boumedienne-Thiéry, Jean Desessard: Sénateurs Verts

    • bref c’est un peu comme en France,
      si 75% de la population carcérale est d’origine Magrhébine, c’est parce qu’ils sont « discriminés »..

      COMPLETEMENT a coté de la plaque..

      Personne ne les force a voler, dealer, agresser, ou tuer;
      mais c’est vrai que c’est plus simple que de chercher un boulot; et se lever tot tous les matins pour etre a l’heure.

      Punaize, avec des raisonnement impliquant systématiquement a la culture de l’excuse, on est pas sortis de l’auberge.

      (par contre 100% d’accord avecles conditions sanitaires de Camp Est)

  2. gomès en prison avec tous ces copains en col blanc qui volent le peuple, détournent les fonds publics, payent les associations avec notre argent

    allez en tôle

    PAS DE JUSTICE, PAS DE PAIX !!

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