Les « anonymous » se mêlent d’une sordide affaire de viol collectif qui a eu lieu lors d’une fête d’étudiants aux États-Unis. Depuis que le groupe d’activistes du net a mis à exécution sa menace de publier les preuves récoltées, les médias se déchaînent et c’est l’Amérique toute entière qui se divise.

Cette triste affaire qui prend aujourd’hui d’énormes proportions, suite à l’implication des Anonymous, commence le 11 août 2012 à Steubenville, une petite bourgade en apparence sans histoire de l’Ohio. Ce soir là, un membre de l’équipe de football américain du lycée local, Cody Saltsman, s’apprête à faire vivre un véritable enfer à son ex-petite amie. « Personne ne rompt avec moi, je détruirai cette garce », aurait-il envoyé à plusieurs de ses amis selon le site d’Anonymous LoveLeaks. Une bien triste promesse qu’il aurait malheureusement tenue.

Une soirée effroyable

Selon les informations compilées par les hackers ayant permis de reconstituer la soirée, le calvaire de la jeune fille commence lorsqu’elle est récupérée en début de soirée dans une autre fête par la copine de l’un des joueurs de l’équipe de football, explique la version américaine du Huffington Post.

Droguée à son insu dès son arrivée à la fête organisée par l’équipe de football, elle est alors remise, inconsciente, entre les mains d’un groupe d’amis dont Cody fait parti. Réunissant un petit nombre de footballeurs célèbres de l’école, ce groupe est connu pour ses excès en matière de drogue, d’alcool et surtout pour leur comportement outrageux avec les filles. D’où leur surnom tristement célèbre auprès de leur camarades lycéens : « The Rape Crew » (l’équipe du viol), explique le New York Times.

Tout au long de la nuit, Cody est alors transportée de fêtes en fêtes, subissant à répétition, viols, attouchements et humiliations les plus sordides, jusqu’à ce que ses bourreaux l’abandonnent, couverte de leur urine et toujours inconsciente, sur la pelouse devant la maison de ses parents.

Un viol raillé sur le web et c’en est trop pour Anonymous

Non content d’avoir « détruit » leur jeune victime, certains des jeunes hommes présents au moment des faits prennent des photos et se filment pendant le viol, mais aussi après, raillant la victime du crime auquel ils viennent de participer. Certaines de ces photos et vidéos seront même publiées sur internet le lendemain.

Sur Twitter aussi ils s’en donnent à cœur joie, multipliant les messages sordides, comme « La chanson de la nuit, c’était définitivement ‘Rape me’ (viole-moi) de Nirvana », publié quelques instants après les faits, tweetant et retweetant d’autres messages des heures durant, en utilisant des mot-clés comme « #fillebourrée » ou encore « #viol ».

Le lendemain, c’est évidemment la justice qui prend l’affaire en main. Mais là où le scandale atteint des sommets pour Anonymous, qui décide alors de se mêler de l’affaire, c’est que seuls deux membres de l’équipe sont inculpés de kidnapping et de viol, un duo dont Cody ne fait même pas parti. Il était pourtant accusé de viol en réunion, mais les charges ont été « mystérieusement abandonnées », raconte Anonymous, à la suite d’une « réunion privée entre Cody, son père, le shérif et M. Teramana (un riche citoyen de Steubenville) ». Pour ce qui est du reste des protagonistes de l’affaire, aucune charge n’a non plus été retenue.

La chasse aux sorcières d’Anonymous

C’est alors une véritable chasse aux sorcière que lance Anonymous et Knightsec le 24 décembre dernier. Piratant le site internet de l’équipe de football, ils y publient une vidéo annonçant qu’ils ont à leur disposition toute les informations permettant d’identifier les coupables, les appelant à se dénoncer eux-même et à s’excuser publiquement à la jeune fille et sa famille. « Toutes les personnes présentes étaient coupables », affirment-ils.

Si tel n’était pas le cas avant le 1er janvier 2013, alors les activistes promettaient de dévoiler toutes les preuves récupérées sur les réseaux sociaux et lors d’attaques menées contres des sites internet (de l’école de Steubenville ou encore de l’équipe de football), ainsi que sur les boîtes mail des différents protagonistes concernés par cette affaire. Évidemment, la menace n’a pas l’effet escompté et les informations ont été dévoilées.

Anonymous, plus vite que la justice

Les informations divulguées par les « cyber-activistes » font alors l’effet d’une bombe. Disponibles sur le site LocalLeaks, elles semblent mettre en lumière un véritable réseau criminel, dévoilant la face sombre du sport étudiant aux États-Unis.

Sur cette page, Anonymous met en cause le shérif de Steubenville, le coach de l’équipe et ses assistants, un avocat général du comté, un tenancier de bar, un dealer, un supporter qui est aussi le webmaster du site de l’équipe de foot et évidemment les jeunes membres du « Rape Crew ». Le long texte publié nous explique l’organisation de tout un réseau à travers la ville qui fournirait de l’alcool, de la drogue et une immunité totale pour une partie des joueurs de l’équipe de foot. La raison? L’équipe représenterait une grande source de revenus pour la ville.

Dans cette affaire, Anonymous passe encore une fois outre la justice et fait même pression sur l’ensemble du système judiciaire de manière plus que violente. Soulevant bon nombre de questions de société à travers cette affaire, le groupe aura au moins réussi à créer un débat gigantesque sur le viol et son traitement judiciaire au, débat qui aujourd’hui, a contaminé l’ensemble des États-Unis.

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