Ayrault tire le bilan des accords de Nouméa

Le premier ministre a terminé dimanche une visite de trois jours en Nouvelle-Calédonie, alors que le Caillou doit déterminer son avenir.

Jean-Marc Ayrault terminait hier une visite de trois jours en Nouvelle-Calédonie. Un séjour dont un des points forts aura été l’hommage collectif rendu aux 19 Kanaks morts de la grotte d’Ouvéa, aux gendarmes tués à la gendarmerie de Fayaoué il y a vingt-cinq ans ainsi qu’aux deux leaders indépendantistes assassinés Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné. Le chef du gouvernement a salué «ceux qui font un travail de deuil, un travail de mémoire et un travail extraordinaire de réconciliation qui est riche d’enseignements et de promesses pour l’avenir».

La manne du nickel

Question d’avenir, c’est au nord du Caillou, près de la ville de Koné, que le premier ministre a assisté à une coulée de nickel dans la toute nouvelle usine géante de Koniambo, fer de lance du «rééquilibrage économique», entre Kanaks et Caldoches (les Calédoniens d’origine européenne). Propriété à 51 % de la SMSP, société minière dirigée par les indépendantistes kanaks, cette usine inaugurée en 2013 doit permettre de redistribuer l’importante manne offerte par les immenses ressources en nickel. Ce rééquilibrage est un point central des accords de Matignon et de Nouméa.

Problème des prix

« Aujourd’hui, ce n’est plus une promesse, c’est une réalité», a estimé sur place Jean-Marc Ayrault. Si le rééquilibrage économique est en marche, la situation sociale n’est pourtant pas réglée. La faute, comme dans l’ensemble des pays d’outre-mer, aux prix élevés. En Nouvelle-Calédonie, ils sont 34 % plus hauts qu’en métropole, alors que le salaire moyen y est 30 % plus faible. À Nouméa, le premier ministre s’est particulièrement arrêté sur les frais bancaires. « On m’a donné des chiffres qui sont exorbitants, je n’y crois pas », a-t-il estimé, avant d’ajouter : « Faire payer les frais bancaires trois, quatre ou cinq fois plus qu’en Métropole, je ne trouve pas ça juste. » Pour y pallier, il a invité le gouvernement de Nouvelle-Calédonie « à s’engager résolument dans une politique de modernisation de sa législation économique ».

Au dernier jour de sa visite, le premier ministre a rendu hommage à la culture kanak lors d’une visite au centre culturel Tjibaou, en compagnie de la veuve du leader indépendantiste et de son fils, aujourd’hui directeur du centre. Reparti en faisant la promesse que «l’État remplira ses obligations», Jean-Marc Ayrault continue en Malaisie sa tournée dans le Pacifique.

La culture kanak à l’honneur. «Kanak: l’art est une parole. » C’est le titre de l’exposition qui ouvrira ses portes le 15 octobre prochain, au musée du Quai Branly, à Paris. Avec plus de 300 œuvres, ce sera la plus importante exposition sur la culture kanak depuis plus de vingt ans. Par ailleurs, le crâne du chef kanak rebelle Ataï, conservé depuis 1878 au musée de l’Homme à Paris, sera restitué à son peuple.

( sources: l’Humanite)

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1 commentaire

  1. c’est sûr qu’en baissant les tarifs bancaires ça se verra dans l’addition finale des coûts.Par contre sa comparaison avec la métropole est tronquée du volet fiscal/ c’est con quand même
    le Pouvoir ‘d achat local serait il plus important si la fiscalité métro ,qui est entrain de tuer la France, était appliquée ici ?
    finalement ça fait cher du déplacement . ,ç’est vrai j’oubliai le crâne d’Ataï, toujours la symbolique:bon, on pourra toujours l’exposer ,ce ne sont pas les machins officiels culturels, qui coûtent la peau des fesses ,qui manquent: important une coutume de pardon va être faite avec par les « canala  » ,ça c’est fin valab et pis tout ça c’est la faute au colonisateur.T’inquiéte pas le prochain coup on va pas se tromper d’adversaire .tu connais à Kanala y ont tout compris en 2013..
    bref on peut bien se demander à quoi à pu servir ce déplacement :la République doit avoir trop de fric

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