Ban Ki-moon sceptique sur un accord sur le climat à Cancun, alors que les terres gelées russes fondent

Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, a reconnu lundi que la conférence de Cancun (Mexique) sur le changement climatique, prévue du 29 décembre au 10 décembre, ne donnerait peut-être pas naissance à l’accord définitif auquel aspire l’organisation internationale.

En exprimant ce sentiment, Ban rejoint de nombreux négociateurs nationaux et d’autres responsables de l’Onu.

Le sommet de Copenhague tenu en décembre dernier n’a pas produit d’accord légalement contraignant en lieu et place du protocole de Kyoto, qui expire en 2012.

« Il nous faut être pratiques et réalistes », a déclaré Ban en réponse à une question lors d’une conférence de presse au siège des Nations unies. « Il se peut que nous ne soyons pas en mesure de parvenir à un accord global et contraignant à Cancun. »

Ses propos font suite à une réunion sur le climat organisée la semaine dernière à Bonn (Allemagne), où des délégués ont estimé que les pourparlers sur les objectifs de réduction des gaz à effet de serre avaient plutôt reculé que progressé.

Ban a fait état de « progrès réels » dans les négociations sur certains points, par exemple le financement de la lutte contre le changement climatique dans les pays pauvres, la mise au point des moyens techniques de s’y adapter, et le reboisement.

« Nous allons essayer de construire sur la base de ces domaines sectoriels, afin de pouvoir avancer de façon plus globale, a-t-il dit. Mais avant tout, nous devons combler le fossé entre pays développés et en développement. »

Ceci alors que la canicule que subit actuellement la Russie pourrait avoir des conséquences à bien plus long terme que l’été 2010: les feux de forêt génèrent des émissions de CO2 qui vont contribuer à réchauffer encore l’atmosphère, tandis qu’en Sibérie, c’est  le permafrost qui inquiète.

Ce sous-sol gelé qui recouvre le Nord-Est des terres russes est une bombe à retardement climatique. Si ces terres venaient à dégeler, elles libéreraient d’énormes quantités de méthane, gaz au potentiel de réchauffement plus de vingt fois supérieur à celui du CO2.

Les experts n’établissent pas de lien direct entre canicule et dégel du permafrost

Nikolaï Adamovitch, de l’Institut de recherche sur l’Arctique et l’Antarctique, déclare ce mardi au journal russe RIA Novosti que la canicule que subit actuellement la Russie «n’aura aucun impact sur le permafrost». «Répandue sur le territoire de la Russie de façon inégale, la chaleur anormale n’a eu aucune influence sur l’Arctique. La canicule s’est installée en Russie européenne, dans l’Extrême-Orient russe et dans le sud du pays. Quant à la zone qui longe l’Arctique, les températures y sont inférieures aux normes, il y fait plus froid que d’habitude», déclare le scientifique russe.

Interrogé par 20minutes.fr, le climatologue français Hervé Le Treut manque d’éléments pour commenter un lien éventuel entre canicule et dégel du permafrost mais a le sentiment «que ce sont a priori deux choses différentes». Les zones qui ne dégèlent jamais seraient bien plus au Nord que les zones ayant enregistré des records de température.

Mais les forêts en feu dégagent du CO2

Le WWF a toutefois tire la sonnette d’alarme sur les émissions de dioxyde de carbone dégagées par les feux de forêts, qui contribueront à accélérer le réchauffement climatique et potentiellement favoriser de nouvelles canicules dans les prochaines années.

Les représentants de Greenpeace et du WWF en Russie dénoncent dans le quotidien russe Izvestiaun flou juridique sur la gestion des forêts qui mène à des situations catastrophiques dans lesquelles personne n’est apte à réagir rapidement, laissant la possibilité au réchauffement climatique, potentiellement responsable de la canicule, de s’aggraver encore un peu plus.

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