Les douanes pourrissent régulièrement le retour de vacances des voyageurs calédoniens pour un fromage ou pour une montre à 35 000 CFP pas déclarés (ben ouais faut pas dépasser 30 000 balles !).
Le fisc fait régulièrement chier le petit contribuable pour quelques heures pas déclarées.

Mais les 10 à 15 millions de revenus annuels du planteur-dealer de cannabis moyen calédonien, que déclarait le quotidien Les Nouvelles il ya quelques semaines dans un dossier pour une fois intéressant et courageux (ça arrivait 2 ou 3 fois par trimestre, je dis bien « ça arrivait »), somme probablement très sous-évaluée, les douanes, le fisc, la brigade financière s’en occupent-ils ?

Ben non, personne s’en occupe. Rien à déclarer. Oh… les douanes ouvrent bien un peu les coffres au péage, les gendarmes demandent bien un peu, humblement, la permission au vieux coutumier d’entrer dans la tribu et de les guider là où il faut, on brûle bien 100 pieds pendant que 2000 autres poussent à côté, derrière la rivière, ça arrange tout le monde, le vieux pour la vitrine de bon vieux et la préservation des « rentrées », les gendarmes pour la frime de bons gendarmes, les planteurs-dealers sacrifiant 5 ou 10 % de la récolte pour préserver le reste, comme on taille un arbre fruitier, les journalistes pour un marronnier commode de plus …

À part ça rien, les affaires continuent. Le drogue descend chaque week-end, chaque jour, le pognon et les bagnoles neuves remontent chaque week-end, chaque jour. Les jeunes de la ville et de la brousse se crament chaque jour, du matin au soir, irrémédiablement. Et tout le monde le sait et tout le monde  s’en fout, du fond de chaque tribu, de chaque vallée, aux deals de chaque rue, de chaque quartiers, de chaque bars de la cité.

Pourtant 10 plaques, 15  briques, ça se voit, ça passe pas inaperçu, en liquide, quand on achète une bagnole, des fusils, en liquide, quand on les place à la banque, en liquide, quand on n’a pas de travail, pas de revenus. Non ? Je croyais qu’il y avait une limite pour la manipulation d’argent liquide. Je connais une femme qui a vendu comme ça une Forester l’an dernier à des types pour neuf cents mille balles. Elle a pris les billets mais elle a pas voulu de l’enveloppe tellement elle sentait le cannabis.

Argent sale de l’herbe, blanchiment de l’argent pourri : c’est par là qu’on peut agir, qu’on peut attraper les empoisonneurs, les pourrisseurs. Alors le fisc, les douanes, la brigade financière ? Rien à déclarer ? Alors les « vieux », les banques, les vendeurs de voitures, de fusils… rien à déclarer ?

Ben ouais… un ou deux millions en liquide, ni vu ni connu, ça s’refuse pas…

Hypocrisie. Complicité. Jusqu’à quand ?!

( Par Jeffrey Tardy)

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