On le sait: la justice suisse est très collet monté avec les délinquants, quand ils n’ont pas l’excuse d’être banquiers ou dictateurs. Récemment, la presse a fait ses choux gras de l’affaire du pédophile célèbre qu’Helvetia voulait livrer à la justice américaine, qui le réclamait (apparemment) à cor et à cri.

Cette fois-ci, c’est George W. Bush qui a senti le vent du boulet suisse!

Comment Georges W. Bush, direz-vous ? En Suisse ? Eh oui ! ma bonne dame, et pour ses crimes de guerre ! Ça vous en bouche un coin !

Oh ! Racontez-moi, monsieur, racontez-moi !

Voilà. Georgie vient de faire savoir qu’il ne serait pas à Genève ce samedi comme prévu et que le discours qu’il devait y prononcer est en conséquence annulé.

Ah ! Et pourquoi donc ?

Aussi étonnant que celui puisse paraître, par crainte des conséquences possible d’une instruction judiciaire suivie d’une éventuelle incarcération ou assignation à résidence !

Plusieurs organisations, mais aussi des personnes privées ont en effet porté plainte contre l’ancien président en raison de sa responsabilité dans les crimes de guerre que des soldats américains, ses services secrets ou  simplement les gardiens de détenus irakiens ont commis, sous sa présidence, en Irak, à Guantanamo, en Afghanistan et dans quantité d’autres pays.

Keren Hayesod, une organisation juive internationale de collecte de fonds pour Israël implantée en Suisse romande (président : Sami Bollag) avait invité Bush junior à son dîner-gala annuel au palace genevois, le Wilson, en le priant d’y prononcer un discours.

Immédiatement, Amnesty International, quelques représentants du Parti Populaire Suisse (la droite populiste, comparable au FN, le parti du triste sieur Blocher, Le Pen en culottes de peau) ainsi qu’un petit parti de gauche (quelle union !) ont déposé plainte auprès du procureur de la fédération et auprès du procureur du canton  de Genève pour le mépris manifesté par Bush à l’égard de la convention des Nations Unies sur la torture tout comme de la Convention de Genève.

Ces deux conventions (ratifiées par la Suisse et les USA), obligent les pays signataires à tout mettre en œuvre pour diligenter une enquête, voire entamer une instruction destinée à condamner les personnes ou les États leur ayant contrevenu, et se trouvant sur leur sol.

A la suite de cette plainte, la Suisse était donc dans l’obligation de ne pas ignorer Bush à Genève et de prévoir son éventuelle incarcération jusqu’à ce que la procédure soit close.

Sérieux tout de même !

Hélas ! Cela risquait de mettre le feu au lac, comme on dit sur les bords du Léman. La plainte a donc été refusée sous le prétexte que Bush bénéficie d’une immunité à vie, même après son mandat. En réponse, Amnesty s’est fait un jeu, dans sa plainte de 700 pages, de démontrer que les arguties de la justice suisse sont erronées. Aux questions insistantes qui lui ont été posées à ce sujet, le ministère des affaires étrangères suisse a cependant dû reconnaître par la suite qu’Amnesty était dans le vrai. Cependant, pour se tirer d’affaire, la présidente Camy-Rey a fortement conseillé à George Bush de renoncer à sa visite et ses conseils ont porté. Les organisateurs du dîner expliquent pour leur part le renoncement de George Junior par la crainte helvétique que sa présence ne provoque des manifestations qui pourraient dégénérer.

(Madame Camy- Rey devrait donner des leçons de diplomatie à notre ministre-des Affaires-Étrangères-qui-n’est-pas-Ministre-quand-elle-est-en-vacances !)

En tout cas, GWB a eu chaud. Remarquez, la hutte du pédophile est libre. En attendant son procès, il aurait eu le bon air et aurait dégusté des fondues. Il a peut-être eu tort de ne pas venir, la Suisse aurait bien trouvé le moyen par la suite d’établir un non-lieu.

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