Depuis deux jours, Maurice Willamson député néo-zélandais « fermement de droite » crée le buzz avec son discours en faveur du mariage homosexuel, dont la loi a été adoptée mercredi en Nouvelle-Zélande.
Mercredi, peu de temps avant le vote, sa mère de 90 ans l’avait appelé. La vieille dame se faisait du mouron, son fils, Maurice Willamson député conservateur néo-zélandais, allait dire « yes » à la légalisation du mariage homosexuel votée mercredi par l’Assemblée kiwi. Elle en avait honte. Lui, calmement, a demandé à sa vieille maman ce que cette loi changerait pour elle ou pour ses voisins. Elle l’a longuement écouté puis a raccroché, convaincue du bien-fondé de cette légalisation du mariage entre personnes du même sexe. Un peu plus tard, le speech de son fiston de 42 ans mené avec brio et humour allait susciter l’engouement devant le parlement. Pas seulement.

Ses quatre minutes de discours ont été visionnées des centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux. En Nouvelle-Zélande comme dans le reste du monde. Ce mercredi, Maurice Willamson, député « fermement de droite », comme il l’a dit, devenait une icône gay, malgré lui.

« L’offensive homosexuelle »

Ce n’était pas gagné. Comme en France, le texte voté dans la soirée avec 77 voix pour et 44 contre, a rencontré une farouche opposition dans ce pays de tradition conservatrice. Mais alors que les députés français en viennent quasiment aux mains, Maurice Willamson a fait rire ses collègues en cherchant à rassurer les opposants au mariage gay. Ses armes : de l’humour, du bon sens et une sacrée aisance.

Dans ce parlement fait de bois, sièges et moquette couleur vert, il a d’abord évoqué les craintes émises par certains des concitoyens de sa circonscription, Matamata, bourg rural situé dans la région Waikato dans le nord du pays. Ainsi ce curé lui disant qu’il supportait « un acte contre nature ». « J’ai trouvé ça intéressant de la part de quelqu’un qui fait vœux de célibat pour toute la vie », a dit le député déclenchant les rires. Ou ce révérend prévenant que « une offensive homosexuelle » débuterait dès la loi votée. « On ne sait pas encore si elle viendra par l’autoroute ou du ciel », s’est gentiment moqué Maurice Willamson. Il aussi évoqué cette lettre lui promettant de brûler en enfer pour l’éternité. « C’était une grave erreur de me dire ça parce que j’ai un diplôme de physique. J’imagine qu’il fait au moins 5.000°C là-haut alors ça durerait seulement quelques secondes… »

« N’ayez pas peur »

Reprenant son sérieux, il s’est voulu rassurant : « Tout ce que nous faisons avec cette loi, c’est autoriser deux personnes qui s’aiment à voir leur amour reconnu dans le mariage ». « Nous ne déclarons pas une guerre nucléaire, nous ne propageons pas un virus mortel », a-t-il relativisé et « je garantis à ces gens que demain, le soleil se lèvera, votre fille adolescente continuera de vous répondre en pensant qu’elle a toujours raison (…) Vous n’aurez pas de maladie de peau, pas de crapaud dans votre lit. C’est une nouvelle fantastique pour les personnes concernées (les homosexuels). Pour nous autres, je vous assure que notre vie continuera comme avant ».

A la fin de son speech digne d’un one-man show, il a évoqué ce « grand arc-en-ciel gay » qu’il a dit avoir vu dans le ciel avant de se rendre au parlement ce matin-là. Il a terminé son discours en citant une injonction qui figure maintes fois dans la Bible : « N’ayez pas peur », sous les « clap clap » des autres députés et des yeux humides de Louisa Wall, députée de l’opposition travailliste, homosexuelle et principal moteur pour l’adoption de cette loi.

Présenté comme un phénomène dans la presse néo-zélandaise, cet homme de 42 ans, marié et père de trois enfants s’est dit surpris par ce buzz. « Je me sens un peu comme Gangnam Style maintenant ». Dans un Tweet, le chanteur britannique Ronan Keating a qualifié son discours de brillant et Ellen DeGeneres l’a invité dans sa grande émission américaine. Pourtant, Maurice Willamson assure n’avoir pas préparé son discours. « Cela m’est venu comme ça, avec le cœur ». Reste qu’il n’est pas sûr de pouvoir assurer ce statut. « Mes habituels tweets sur telle ou telle réunion risquent de ne pas intéresser longtemps les stars d’Hollywood », a-t-il ironisé. Le plus important finalement est que sa mère de 90 ans se dit aujourd’hui « fière » de lui. ( sources TF1 news)

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