(Article de Christophe Magdelaine du tres interessant  ‘ notre-planete.info ‘)

Et s’il n’y avait plus rien à faire pour sauver l’humanité ? S’il était déjà trop tard ? The Australian rapporte une interview bien pessimiste du célèbre scientifique australien Frank Fenner. Pour lui, nous avons déjà scellé le destin de l’Humanité : dans moins de 100 ans, les sociétés humaines ne seront plus…

Dans une interview accordée au quotidien national The Australian, et publiée le 16 Juin 2010, Frank Fenner, professeur émérite de microbiologie à l’Université nationale australienne, prédit la disparition de l’Humanité dans les 100 prochaines années.

Ce mauvais augure pourrait prêter à sourire, mais le scientifique de 95 ans a une carrière impressionnante : Membre de l’Académie des sciences australienne et de la Royal Society, son travail a été récompensé par de nombreux prix et il est l’auteur de centaines de textes scientifiques. Il a notamment été impliqué dans la disparition du virus responsable de la variole et dans la lutte contre la surpopulation de lapins en Australie via l’introduction volontaire du virus de la myxomatose dans les années 50.

Officiellement en retraite depuis des dizaines d’années, ce scientifique renommé poursuit toujours ses travaux de recherche et ses écrits, en se déplaçant quotidiennement à l’institut de médecine John Curtin de l’Université nationale australienne, dont il fut directeur de 1967 à 1973.

Sa compréhension approfondie de l’évolution des espèces n’a jamais entamé sa fascination pour l’observation sur le terrain. Du niveau moléculaire aux planètes, Frank Fenner s’intéresse à tous les écosystèmes. Il a commencé à publier ses premières études environnementales au début des années 70 lorsque l’impact des sociétés humaines sur notre planète devenait problématique.

De quoi inspirer confiance, ou au moins de l’intérêt pour ses déclarations.

« Nous allons disparaître. Quoique nous fassions maintenant, il est trop tard« 

Cette affirmation de Frank Fenner a de quoi inquiéter, d’autant plus qu’il ne s’agit pas d’une vision sur des millions d’années mais d’une prédiction pour le siècle en cours !

Pour Frank Fenner et d’autres scientifiques reconnus comme Paul Crutzen, prix Nobel de chimie, la Terre est entrée dans une nouvelle époque géologique, l’Anthropocène, depuis 1800 avec la révolution industrielle et l’exploitation massive des combustibles fossiles. Cette nouvelle époque géologique succéderait à l’Holocène débuté il y a dix mille ans. Bien que non officielle sur l’échelle des temps géologiques, l’Anthropocène a été admis dans la terminologie scientifique et correspond au moment où les Hommes ont pu rivaliser avec les forces de la nature dans la capacité à modifier l’écosystème de la Terre.

En effet, nos activités réchauffent le climat planétaire d’une ampleur aussi importante que les grands cycles naturels et nous entamons la sixième extinction massive de la biodiversité, avec une vitesse sans doute plus rapide encore que celle qui a conduit, il y a 65 millions d’années, à l’extinction des dinosaures suite à la chute d’un astéroïde, comme le souligne Eric Lambin, membre de l’Académie des sciences des Etats-Unis[1]…

L’explosion démographique en cause : « il y a déjà trop de monde« 

A l’origine de ces déséquilibres planétaires qui menacent la survie même de l’Humanité, Frank Fenner incrimine l’explosion démographique et la « consommation effrénée ».

Selon l’ONU, le nombre d’humains a dépassé les 7 milliards en 2011. Vu l’inertie de nos sociétés et décideurs politiques sur l’urgence et l’importance des mesures à prendre pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, Fenner demeure pessimiste : « Nous allons subir le même sort que les personnes sur l’île de Pâques. Le changement climatique ne fait que commencer. Mais nous pouvons déjà voir des changements remarquables dans la météo. »

« Les Aborigènes nous ont montré qu’en l’absence de science et d’émissions de dioxyde de carbone responsables du réchauffement climatique, ils pouvaient survivre pendant 40 000 à 50 000 ans. Mais notre monde ne le peut pas. L’espèce humaine est susceptible de prendre le même chemin que beaucoup d’espèces que nous avons déjà vu disparaître. » déclare t-il dans son interview.

« Homo sapiens devrait disparaître, peut-être dans 100 ans« , dit-il. « Un grand nombre d’autres animaux également. C’est une situation irréversible. Je pense qu’il est trop tard. J’essaie de ne pas trop le dire car il y a des gens qui essaient de faire changer les choses. Les efforts de réduction ralentissent un peu les choses, mais il y a déjà trop de monde [sur Terre] » ajoute-t-il.

L’explosion démographique et ses corollaires : la boulimie énergétique, productiviste et consumériste mènent l’humanité à sa perte. Ce constat, tabou, est pourtant de plus en plus partagé par certains scientifiques et de plus en plus évoqué, mais étouffé par les sceptiques sur le changement climatique et une partie des personnes croyantes pour qui la reproduction est une recommandation divine, souligne Frank Fenner.

Un peu d’optimisme avant le naufrage de l’Humanité ?

Stephen Boyden, collègue et ami de Fenner, pense qu’il y a un profond pessimisme chez certains écologistes, mais que d’autres sont plus optimistes : « Frank a peut-être raison, mais certains d’entre nous nourrissent encore l’espoir que la situation entraînera une prise de conscience et, par conséquent, les changements révolutionnaires nécessaires pour atteindre la durabilité écologique« . Malheureusement, cette prise de conscience radicale, tant attendue depuis des années, ne se manifeste pas ou de manière marginale.

Stephen Boyden ajoute : « C’est là que Frank et moi sommes différents. Nous sommes tous deux conscients de la gravité de la situation, mais je n’accepte pas qu’il soit forcément trop tard. Bien qu’il y n’ait qu’une lueur d’espoir, cela vaut la peine de résoudre le problème. Nous avons la connaissance scientifique pour le faire, mais nous n’avons pas la volonté politique. »

A ce titre, Frank Fenner a ouvert le 23 juin 2010 le symposium « Healthy Climate, Planet and People » à l’Académie australienne des sciences. Cette conférence vise justement à combler le fossé entre la science et les politiques environnementales.

En conclusion de son interview, Frank Fenner, qui a pourtant eu l’honneur d’annoncer l’éradication mondiale de la variole à l’ONU en 1980, contemple avec dépit le chaos de l’espèce humaine au bord de l’extinction de masse : « Les petits enfants des générations actuelles vont être confrontés à un monde beaucoup plus difficile… »

Notes

  1. La Terre sur un fil, Eric Lambin – Le Pommier, 2010

Source

Frank Fenner sees no hope for humans -The Australian, 26/06/2010

Auteur

Christophe Magdelaine / notre-planete.info– Tous droits réservés

Sur le même sujet

22 COMMENTS

  1. La bio-masse des insectes est largement superieur à celle des humains et on decouvre de nouvelles especes toutes les semaines.

  2. Si on pesait tous les vers de terre de la planète, ils seraient plus lourds que tous les autres animaux et humains de la planète réunis. En effet, on estime qu’ils représentent à eux seuls près de 80 % de la biomasse animale de la planète. Dans une prairie normande, ils sont de 1 à 4 millions par hectare.

    http://fourmis.lenoir.pagesperso-orange.fr/Doc_fourmis/Especes/Succes_ecologique_des_fourmis.htm

    Cette bio-masse animale degage des énormes quantités de CO2. Les écolos ont peut-être une solution pour reduire ces émissions pour sauver la planete?

  3. Pas besoin de solution, puisque ces emissions bien que non negligeables, c’est vrai (voir betail de Nouvelle-Zelande…), ne compromettent pas a elles seules le devenir de la planete.
    La reaction du methane et de l’ozone = CO2 + vapeur d’eau
    (3)CH4 + (4)O3 = (3)CO2 + (6)H2O

  4. Le probleme reside dans la fonte irreversible de la glace (‘permafrost’) aux poles (Nord principalement, Arctique) qui emet du methane et du CO2 mais fonte qui est aussi stimulee par les emissions de CO2 sur la planete, un cercle vicieux, quoi. Le montant de matieres organiques dans le ‘permafrost’ est estime a 1700 gigatonnes de carbone, 2 fois ce qu’il y a dans l’atmopsphere en ce moment. Il ne sera possible de reduire le rechauffement de l’Arctique qu’en reduisant les emissions de CO2 et donc en reduisant les emissions dues a la combustion de fuels fossiles de facon spectaculaire et le plus rapidement possible, en commencant par implementer l’accord de Bali (2007) qui prevoit une baisse de ces emissions de 25 a 40 % d’ici 2020 (par rapport au niveau des emissions de 1990), l’Europe est d’ailleurs en passe d’atteindre cette reduction, le reste du monde refuse categoriquement de se fixer ces niveaux de reduction (le gouvernement travailliste l’Australie etant l’autre exception, mais attention si changement de gouvernement, la droite Auustralienne ne veut pas en entendre parler, les elections en decideront le 14 septembre 2013). Mais il faudra surtout que les pays en voie de developpement adaptent leur technologies, adaptation facilitee par un transfert de technologies par nos pays developpes. Les pays industrialises doivent aussi tenir leur promesse de mettre de l’argent dans un ‘Green Fund’ pour permettre la mise en place de mesures, de solutions liees a la reduction de ces emissions.

    • Vu sur arte ce jour, un documentaire très interessant sur le carbon trading (crédit carbone).

      En résumé, le carbon tax / trading est une énorme fumisterie qui n’a aucun effet sur une réduction du CO2 atmospherique.

      Il faut le courage de l’admettre ma chère grenouille, c’est histoire de taxe carbone est un énorme SCAM.

  5. L’Arctique, est en premiere ligne du dereglement climatique mais est aussi, pour arranger les choses, tres convoite, par contre, nous pouvons, tous et chacun, faire quelque chose grace a un tres serieux projet Greenpeace, il suffit de donner son adresse mail, pas tres complique, non?:

    http://savethearctic.org/fr/

  6. Renowned Climatologist: ‘You can go outside and spit and have the same effect as doubling carbon dioxide’

    ‘Scientists note that geologically speaking, the Earth is currently in a ‘CO2 famine’ and that the geologic record reveals that ice ages have occurred when CO2 was at 2000 ppm to as high as 8000 ppm. In addition, peer-reviewed studies have documented that there have been temperatures similar to the present day on Earth when carbon dioxide was up to twenty times higher than today’s levels’

  7. Il est scientifiquement prouvé que le CO2 n’est pas responsable de l’élevation de la temperature globale.

    De part le passé, la concentration de CO2 dans l’atmostphère a été de 8000 ppm SANS ELEVATION de la temperature globale.

    Dont acte.

    Faut chercher ailleurs les amis. Peut-être que c’est le pet des vaches et des moutons qui fait fondre les calottes polaires?

    • Le grand climatologue Floyd, grand chercheur au PFCLRDMAQJNSJDPJVPLDQAD (‘pour faire chier le reste du monde avec qui je ne serai jamais d’accord puisque je vote pour l’extreme droite qui a dis’…) a parle (ecris…)… Un peu comme dire que la terre est plate en 2013… Un TROLL le Floyd, ca c’est sur… Le FN ne veut pas entendre parler de rechauffement climatique puisque la gauche s’est emparee du sujet, des horreurs ces politiciens aux extremites…

  8. Pour répondre tu me traite de facho, mais t’as mal où toi?

    C’est toi le green faschist qui n’avance uncun argument crédible.

  9. Une chose est sure, si nous devenions autonomes, independants ou je ne sais quoi, c’est a dire nous lacherions la France, (les laches ne seront heureusement qu’une minorite), la Chine sera aussitot a notre porte, comme elle le fait tout autour de la planete la ou les enjeux economiques sont important, le Groenland etant le plus recent exemple (voir articles des journaux Le Monde et Les Echos ci-après), sans bien sur, et plus pres de nous, parler de l’influence excercee par cette meme Chine en pleine montee hegemonique sur les Fidji, le Vanuatu et j’en passe et des meilleurs (meme un grand pays comme l’Australie a succombe aux charmes de la Chine lors de la recente visite du 1er ministre Julia Gillard, en signant des accords plutot a l’avantage des Chinois, mais matieres premieres a vendre obligeant …). Il va donc falloir se reveiller et prendre ses responsabilites, amis du Caillou, avoir enfin le courage de reconnaitre le travail enorme qu’a fait et fait toujours la France pour que nous en soyons arrives a ce que nous sommes, et c’est loin d’etre parfait, bien sur encore a cause de ? Nos divisions , notre manque de reconnaissance de ce que la France a fait pour tous, toutes ici-meme, en Nouvelle-Caledonie. La Chine (et l’Australie) ou la France, le choix deviendrait tres clair, seuls, ce serait la misere, alors, faites le bon choix !
    Le moment est venu de creer la synergie qui nous redonnera la paix dans nos consciences, une certaine fierte, la fierte de dire a nos puissants voisins que nous n’avons pas besoin d’eux, que le modele Francais fonctionne tres bien. Le reste du monde envie la France pour son flair et sa culture, alors faire partie integral de la France, du pays des droits de l’homme, ou est le probleme? Toute autre option nous menera tout droit dans le mur (des problemes, enormes en fait, le caillou ne fait pas le poids, seul…)… Nos amis independantistes sauront trouver leur place et si ils veulent bien changer leur fusil d’epaule, veulent bien comprendre que passer d’une collectivite sui generis a un departement (102eme) ou collectivite d’outre-mer (Mayotte était une COM jusqu’au 31 mars 2011, date à laquelle l’île est devenu un département d’outre-mer), ils auront toute leur place sous ce nouveau statut, tout comme les Basques, les Bretons, les Corses ont trouves leur place (pour la majorite des moins extremistes d’entre-eux, parlez-leurs en…)…
    Le moment est venu de rendre a Cesar ce qui appartient a Cesar , ou le prix a payer sera une enorme somme, en Yuan Chinois ou Dollars Australiens, personnellement, je prefere l’Euro, meme avec ses problemes de ‘naissance’, je prefere la fourchette aux baguettes, je prefere le cabicou du Poitou au caoutchouc de Kraft…

    http://www.lemonde.fr/international/article/2013/03/01/ruee-sur-les-mines-du-groenland_1841507_3210.html

    http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/international/europe/221162617/larctique-region-davenir-lunion-europeenne

  10. la croissance de la population contribue au probleme, oui, c’est sur, mais la courbe (croissance de la population seulement, sans le CO2 ds l’equation) va se stabiliser je te mettrai la courbe avec previsions des que j’ai une minute…

  11. Pour Floyd et les autres, de l’ecolo Michel Tarrier (La courbe, après):

    La population humaine continue de croître mais à un rythme plus tempéré. Cette modération est le fait des pays riches industrialisés où le renouvellement générationnel n’est plus assuré, exception faite des États-Unis où les populations immigrées se chargent d’entretenir une incidence démographique en hausse.

    L’ONU prévoit une telle baisse démographique appréciable en Allemagne, en Italie, au Japon, en Russie et dans la plupart des états issus de l’éclatement de l’ancienne Union soviétique. Mortalité basse et fécondité extrêmement basse, dans ces conditions, la population de ce groupe de pays, d’actuellement 1,2 milliard de personnes, ne devrait pas augmenter d’ici à 2050. Une démotivation aux valeurs de la fécondité, une famille éclatée de plus en plus réduite au couple quand ce n’est pas à un seul parent, une infertilité masculine croissante et une planification des naissances majoritairement adoptée sont quelques uns des facteurs limitants. Une autre cause de cette stabilisation mondiale est la propagation du sida, pandémie qui réduit le taux de longévité dans des proportions considérables, comme en Afrique australe où l’espérance de vie a chuté de 62 ans dans les années 1995 à seulement 48 ans pour la période 2000-2005. Ironie du sort ou instinct de survie contreproductif, la densité humaine sera beaucoup plus élevée dans les pays pauvres qui éprouvent déjà les pires difficultés à assurer la sécurité alimentaire de leurs ressortissants. Dans ces contrées, le contrôle de la natalité est pratiquement inexistant et les familles de cinq à six enfants sont la norme. Au Burkina Faso, au Congo Brazzaville, au Burundi et en République démocratique du Congo, en Guinée-Bissau, au Timor Oriental, au Liberia, en Ouganda, au Mali, au Niger et au Tchad, tout comme en Afghanistan, les populations vont tripler avant le terme de ce demi siècle. La courbe générale est donc à un ralentissement de la croissance démographique et à une lente stabilisation de la population globale, en comparaison aux vives progressions des cinquante dernières années. En dépit de cette accalmie, 2050 verra tout de même un effectif minimum de 9 milliards de Terriens, notamment fourni par la Chine et l’Inde. À la même période, cette dernière nation surpassera la Chine et sera en tête de liste des pays les plus peuplés. La moitié des humains habiteront alors l’Inde et la Chine.

    Les écologistes, désespérés par l’épuisement des ressources et le déclin des écosystèmes, font remarquer qu’il nous faudra deux planètes pour survivre. Dans un autre domaine, ces deux planètes existent déjà, tout le monde sait bien qu’il y a une planète des riches et une autre des pauvres. La première, usurpée, n’est pas pour nous déplaire… Un milliard de riches occupe l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Australie, le Japon et un club très privé de privilégiés qui règnent tyranniquement sur les pays du Tiers-monde. Ce milliard de riches cache aussi sa misère (qu’on ne saurait voir) : Quart-monde dormant sur les trottoirs des quartiers boursiers, Enfants de Don Quichotte s’adonnant aux joies du camping urbain, gastronomes des restos du cœur, etc. Le solde de la communauté terrienne, soit un peu plus de 5 milliards et demi de gens dont le pauvre destin est joué d’avance, croupit dans le reste (et les restes) du Monde. Le premier Monde s’approprie (en tout bien tout honneur !) les 7/10 de l’énergie, les 4/5 du bois et autant des produits de la pêche, les 3/4 des métaux, les 5/6 des crédits d’éducation, les 9/10 des budgets de recherche et de développement, possède les 3/4 des automobiles, neuf avions sur 10, etc. Voilà des chiffres bien peu consensuels et équitables qui prouvent l’excessive mainmise du milliard de privilégiés dont la liberté de puiser et d’épuiser ne s’arrête pas où commence celle des autres 5 milliards soumis au diktat. Nous garantissons ainsi aux plus pauvres de continuer à stagner, voire à s’enfoncer, dans leur état de pauvreté. En terme d’empreinte écologique insoutenable, un Nord-américain ou un Français valent combien d’Africains ? L’état américain le moins densément peuplé qu’est le Wyoming (510 000 habitants) émet plus de CO2 que 69 pays en développement réunis et totalisant 357 millions de personnes.

    Les hectares excessifs que s’octroie chaque habitant chanceux du monde occidental et qu’illustre le calcul éloquent de l’empreinte écologique sont usurpés sans la moindre contrepartie au reste du Monde, à celui auquel nous attribuons des dettes extérieures. Un États-unien ou un Européen ne paie pas le service que leur rendent les forêts brésiliennes ou africaines en recyclant leurs émissions de CO2. C’est ainsi qu’il convient de s’interroger sur un certain nombre d’activités autorisées par le progrès, vocable abusif car à double sens. Progrès pour les uns, déficit pour les autres. Savez-vous, par exemple, que l’on importe quotidiennement, par avions gros porteurs, des chargements de perches du Nil en provenance d’Ouganda et de fleurs coupées cultivées en Chine et en Afrique orientale vers l’aéroport de Vatry, dans la Marne (120 000 tonnes de fret par an) ? De tels comportements ne font jamais la une dans les fourberies des Grenelle de l’écologie, portes de secours du capitalisme masqué. Inutile de rappeler les dégâts collatéraux d’activités comme celle de l’exploitation du poisson cité ou de l’horticulture aux impacts environnementaux et humains néfastes. La contradiction est flagrante et gênante entre le désir de lutter contre l’effet de serre et les nécessités du développement économique dans le concept unilatéral où nos sociétés l’entendent.

    La reproduction est un phénomène naturel à toutes les espèces, et notamment chez celles opportunistes qui s’imposent majoritairement, s’accaparant le moindre atout pour dominer l’habitat. Cela existe chez les rats, les cafards, les mouches ou les papillons. L’homme, dont l’instinct est fondu à la conscience, primate calculateur par excellence, a conceptualisé cette tendance naturelle afin d’en tirer une stratégie d’avenir tribal, familial, nombriliste et longévive : celle d’assurer sa descendance, et par là même la sécurité de ses vieux jours. Avant les progrès du XXe siècle en matière d’hygiène et de prophylaxie des maladies infectieuses, la mortalité infantile justifiait une surfécondation, par ailleurs toujours soutenue par les pouvoirs séculiers inspirés des religions dogmatiques. Les Livres assurent que le destin des progénitures sera placé sous les auspices de Dieu. Niaiserie. Jusqu’à preuve du contraire, les progénitures existent mais les preuves d’un dieu protecteur font défaut. Pandémies, famines ou massacres belliqueux étaient là pour écrémer le surplus, en appeler chaque fois à de nouvelles velléités procréatrices et à faire des petits à la louche.

    Imaginons un autre monde… Le même mais inversé, où nous ne serions plus dominants mais dominés par une autre espèce de grande taille, où nous devrions fuir, nous cacher, ne plus respirer quand l’autre se manifeste, où l’éviction au mieux, l’extinction au pire seraient nos seules issues. Un enfer. Le bonobo, l’orang-outang ou le gorille, l’un d’eux comme espèce invasive et de fourvoiement au sein d’une société humaine d’un effectif modeste, ça vous irait ? Il s’agirait finalement du même monde, toujours avec Homo sapiens surdoué, mais sans pétrole, non plus dopé par les énergies fossiles, la pétrochimie qui fit la révolution verte et la multiplication des pains (ce type d’âge d’or, ou plutôt de toc, les bricoleurs du monothéisme l’avaient prévu…), mais cette fois à hauteur de seulement un ou deux petits milliards. Avec quasiment les mêmes inventions, les mêmes avancées inventives, le même progrès, à quelques techniques près. Mais sur une Planète envahie, pour telle ou telle raison, par le fléau d’une autre grande espèce, disons les bonobos par sympathie et proximité spécifique. Imaginons nos plages et nos cités encombrées de bonobos, imaginons les bonobos envahissant la cité, s’infiltrant, se fourvoyant pacifiquement partout. 7 milliards de bonobos intrus … Ce n’est pas la Planète des singes, c’est notre Planète subissant l’inquisition insupportable du surnombre d’une autre espèce. Imaginons 7 milliards de rhinocéros, des rhinocéros envahissant nos hypermarchés, nos pitoyables animaleries. Notre impact sur les fragiles écosystèmes planétaires est celui d’éléphants dans un magasin de porcelaine. Voilà ce que nous imposons à la biosphère, sans nous en rendre compte un seul instant, convaincu que cela est dans la raison écologique. Eh bien non, ce n’est qu’une erreur, c’est même l’erreur par excellence.

    « Plutôt crever que partager ! » La survie de l’humanité dépend du possible, et non de l’impossible. L’impossible, c’est une meilleure gestion et répartition des ressources. On a tout essayé depuis des lustres et même la morale égalitaire professée par les grands Livres n’a pas donné les résultats escomptés. Notre espèce génétiquement égoïste ne voit pas très loin. Et selon les exégètes, c’est tout au contraire la qualité de vie pour un petit nombre de privilégiés qui va faire l’objet de toutes les prochaines convoitises, tandis que la croissance démographique et tout le drame économique qu’elle va enclencher se concentrera sur une fraction restreinte de la population mondiale : les pauvres. Il y aura une césure nette et croissante entre un Monde développé sans enfants et un mode sous-développé absolument démuni pour nourrir et même rafraîchir toutes ses bouches. Le possible pour cultiver les futurs, c’est d’encourager une mondialisation de la dénatalité. Certains individus devront abandonner une partie de leurs libertés, dont celle de procréer à tout va, au bénéfice de la société universelle. L’éternité de la drôle d’espèce humaine passe par sa décroissance démographique. On passe ou on casse…

  12. Pas de changement climatique, non…. Tu parles ! Regardez le nombre de tornades aux USA, pas plus tard que ce matin mardi 21/05 (hier après-midi aux USA) en Alabama, celle -le avait des vents de 400 km/h !
    Et plus pres de chez nous, la cote est d’Australie n’a jamais subi autant de tornades , jusque dans le sud de l’etat de NSW, du jamais vu ells se cantonnaient au Queensland dans le temps, 3000 a 4000 km plus au nord …
    Mais pas de changement climatique, nooooon…

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here