C’est une petite révolution qui a eu lieu ces derniers jours dans le monde indépendantiste. Mais pas sûr que tout le monde en ait mesuré la portée.

C’est l’une de ces évolutions qui, insensiblement, fait bouger les lignes et permet des avancées.

Mais qui oblige aussi, les uns et les autres à revoir leur positionnement, à modifier leur logiciel, à corriger leurs argumentaires bien huilés.

Ça prend du temps et personne n’aime être bousculé dans ses certitudes. Alors tout le monde, ou presque, fait comme s’il ne s’était rien passé. Ou comme s’il ne s’agissait que de déclarations banales, de celles dont les responsables politiques nous abreuvent à longueur de discours ou de conférences de presse.

On a vu, aussi, certains commentateurs regarder le doigt quand on leur montrait la lune ou s’intéresser surtout aux réactions que suscitaient ces déclarations plutôt qu’à leur contenu même. Et pourtant !

C’est une petite révolution culturelle qu’ont faite les indépendantistes en disant enfin, tout haut, des choses qu’ils pensaient sans doute tout bas depuis un certain temps, mais qu’ils n’avaient pas encore osé exprimer aussi clairement.

Parce qu’au-delà de l’assemblée constituante que propose le président de l’UC, au-delà de sa présentation d’un supposé calendrier vers l’indépendance, on retient surtout, des propos de Daniel Goa, sa proposition d’un nouvel accord sur 20 ans, l’évocation d’une solution consensuelle ou encore son refus d’un référendum couperet auquel les indépendantistes restaient pourtant farouchement accrochés depuis l’origine.

Les propositions du président de l’UC doivent encore – on l’a bien compris – suivre toutes les étapes internes à son parti, pour être validées et avoir force d’engagement, mais Roch Wamytan témoigne, lui aussi, de l’évolution de la réflexion indépendantiste. On a ainsi entendu le président du Congrès souligner que les partis qui ne souhaitent pas que la Nouvelle-Calédonie devienne indépendante, constituent une large partie du corps électoral.

Certes, c’est une vérité d’évidence !

Chacun sait que la grande majorité des calédoniens ne veut pas de l’indépendance mais c’est la première fois que les indépendantistes font preuve d’un tel réalisme et reconnaissent ouvertement ce poids électoral qui rend impossible l’accession, par les urnes, à la pleine souveraineté.

Et comme personne n’imagine un autre schéma que la voie démocratique, c’est un aveu ou une reconnaissance qui a son poids et qui dépasse de loin les slogans tapageurs et provocateurs auxquels nous ont trop souvent habitués les responsables des partis indépendantistes.

Mais du même coup, cela prive d’arguments un certain nombre de ceux qui veulent le maintien dans la France mais qui – en réponse peut-être, aux outrances indépendantistes – avaient fini par céder aux slogans simplistes et réducteurs.

Aujourd’hui, le débat change de niveau. Ce qui s’impose à croire le président de l’UC, c’est « une discussion entre responsables qui ont le souci de conduire leur pays vers la paix ».

On est loin des querelles électoralistes qui déchirent chacun des deux camps. Il faudra prendre un peu de hauteur et éviter – de part et d’autres – les slogans éculés et mille fois rabâchés qui ne convainquent plus que leurs auteurs.

Mais quand on entend un leader politique recycler ses vieux mensonges de la campagne législative et même poursuivre, outre-tombe, l’ancien président de l’UC, de ses diatribes… on se dit que ce n’est pas gagné.

1 COMMENT

  1. heu???????? reste à persuader les autres indépendantistes d’abandonner le calendrier
    comme a dit Christnacht……… ce coup ci la France veut une solution DE FI NI TI VE…
    Repousser de 2O ans? he Manu…. mais pourquoi faire?
    être sûr d’être majoritaire dans 20ans ? si la proposition c’est abandonner l’indépendance maintenant ç’est une révolution mieux un miracle …alors Wait and See

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