Après plus d’un an de silence, Dominique Strauss-Kahn est revenu sur les atteintes à sa vie privée et le comportement des médias. L’ex-directeur du FMI le dit haut et fort : « Je ne suis pas un people ».

Il s’explique enfin. Quelques jours après que le parquet de Lille a classé sans suite la procédure pour viol visant l’ex- président du Fonds monétaire international dans le cadre de « l’affaire du Carlton de Lille », Dominique Strauss-Kahn a décidé de se confier. Dans le magazine du Point du 11 octobre, il explique s’interdire « tout commentaire sur la situation politique française et le gouvernement actuel », mais en dévoile beaucoup sur lui et son ressentiment actuel.

« Qu’on me laisse tranquille ! »

En préambule, il n’hésite pas à dénoncer les attaques contre sa vie privée et l’omniprésence des médias dans sa vie : « Je n’ai plus de responsabilités publiques, je ne suis plus candidat à rien. Je n’ai jamais été condamné, ni dans ce pays ni dans aucun autre. Par conséquent, rien ne justifie que je sois devenu l’objet d’une traque médiatique qui, certains jours, ressemble à une chasse à l’homme. (…) Je ne supporte plus qu’on s’arroge le droit d’abuser de ma situation et des enquêtes judiciaires qui me visent – à tort – pour bafouer ma vie privée et en livrer aux quatre vents des lambeaux, réels ou inventés, sous prétexte de je ne sais quelle transparence moralisatrice. Qu’on me laisse tranquille ! ».

Revenant sur l’affaire du Sofitel de New York, Dominique Strauss-Kahn s’appuie sur le fait que le procureur américain a classé la plainte de Nafissatou Diallo pour garder secret ce qui a pu se passer dans sa suite : « Ce qui est essentiel, c’est que ce qui s’est passé dans cette chambre ne tombe pas sous le coup de la loi. Dès lors, le reste ne regarde personne ». Et s’il ne dit pas sa vérité, c’est aussi parce qu’il est toujours visé par une procédure civile devant un tribunal du Bronx pour la même affaire. Dans tous les cas, il ne veut plus être suivi comme il l’est actuellement : « Je ne suis plus un politique, mais pas non plus un people. Je veux disposer de ma liberté d’aller et venir sans être traqué ».

« J’étais trop en décalage avec la société française »

Lors de son interview au Point, DSK en profite également pour régler ses comptes avec Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, journalistes au Monde et auteures du livre « Les Strauss-Kahn ». Et il n’hésite pas à parler d’invention : « Les auteurs ont ramassé tous les ragots sur mon compte depuis des années – faux pour la plupart. Elles ont inventé des scènes, additionné des pseudo-confidences, repris la chronique des vieilles affaires dans lesquelles j’ai été soupçonné ou poursuivi mais sans insister sur le fait que j’ai toujours été innocenté. »

Pour la première fois, il dévoile également les conséquences que sa vie privée a entraînées sur sa carrière politique :  « J’ai longtemps pensé que je pouvais mener ma vie personnelle comme je l’entendais, sans incidence sur l’exercice de mes responsabilités. Y compris des comportements libres entre adultes consentants – il existe de nombreuses soirées à Paris pour cela, vous seriez surpris d’y rencontrer certaines personnes… J’ai été naïf, pour ne pas dire plus. Ce qui est peut-être valable pour un chef d’entreprise, un sportif ou un artiste ne l’est pas pour un politique. J’étais trop en décalage avec la société française sur ce point pour un responsable politique. Je me suis trompé. »

« Je n’ai pas été en situation de faire mon devoir »

Revenant sur l’élection présidentielle de 2012, pour laquelle il était le grand favori avant l’affaire du Sofitel, Dominique Strauss-Kahn assure ne pas avoir de regrets, mais sait qu’il a « causé une double déception aux Français – à ceux qui ont été choqués d’apprendre des choses qu’ils ne soupçonnaient pas sur ma vie privée et à ceux qui ont été déçus qu’à cause de mon comportement, je n’ai pas été en situation de faire mon devoir ».

Aujourd’hui, s’il attend toujours que les instructions en cours se terminent, DSK sait déjà de quoi son avenir sera fait : « Je sens la possibilité de m’investir dans de grands projets internationaux de participer à la réalisation de choses importantes qui pourraient vraiment contribuer à changer la vie des gens, dans des endroits du monde qui ont besoin d’aide. Pour l’instant, je suis encore entravé par ma situation »

 sources le point et gentside

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