Nouveau_cynthia-ligeard-ZLa non-indépendantiste Cynthia Ligeard a été élue jeudi présidente du nouveau gouvernement collégial de Nouvelle-Calédonie, à la suite des élections provinciales du 11 mai qui ont renouvelé les institutions de cet archipel très autonome.

Jeudi matin, les 54 membres du Congrès ont élu, selon un scrutin de liste proportionnel, les onze membres du gouvernement collégial.

Les trois partis de la droite non-indépendantiste, qui ont signé un pacte de gouvernance solidaire pour s’assurer la majorité, obtiennent six « ministres »: trois pour Calédonie ensemble (centre droit), deux pour le Front pour l’unité (FPU proche de l’UMP tendance Fillon) et un pour l’Union pour la Calédonie dans la France (proche UMP, tendance Copé).

Les indépendantistes, qui ont 25 élus sur 54, récupèrent cinq « ministres »: trois pour l’Union Calédonienne (UC) et deux pour l’Union nationale pour l’indépendance (UNI).

Mme Ligeard, qui siège dans l’exécutif sous l’étiquette du FPU, a ensuite été désignée présidente du treizième gouvernement de l’accord de Nouméa, statut de l’archipel en place depuis 1998 qui a instauré un processus de décolonisation progressif.

Le poste de vice-président n’a en revanche pas été pourvu, en raison de divergences au sein des indépendantistes.

« Nous avons à mener les grandes réformes courageuses dont notre société a tant besoin dans les domaines économique, social et fiscal pour améliorer la vie quotidienne de nos concitoyens », a déclaré Cynthia Ligeard, dans un discours devant les élus.

L’économie calédonienne est en net repli et le déficit de ses comptes sociaux ne cesse de creuser. Bien qu’au centre de nombreuses expertises, la réforme de la fiscalité est en panne depuis plusieurs années.

Proche du sénateur Pierre Frogier (UMP), Cynthia Ligeard lui avait succédé en 2012 à la tête de la province sud, dont il avait démissionné après l’échec de son parti aux législatives pour prendre du recul.

Agée de 52 ans, Cynthia Ligeard appartient à une famille présente en Nouvelle-Calédonie depuis plusieurs générations, issue du bagne et de la colonisation libre.

Elue depuis 2004, cette diplômée en langues étrangères appliquées prône la recherche d’une solution statutaire consensuelle avec les indépendantistes, dans la perspective du terme de l’accord de Nouméa. Elle succède à Harold Martin (droite).

Cette mandature est la dernière de l’accord de Nouméa, au cours de laquelle d’ici 2018 un référendum d’autodétermination doit être organisé.

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