Debat sur les salles de shoot en France

Le débat n’est pas nouveau, mais revient en force en cette fin d’année.

Illégales en France, ces salles existent déjà en Europe, dans des pays comme l’Allemagne ou la Suisse. On en compte des dizaines, et elles divisent l’opinion. Certains estiment qu’elles permettent aux toxicomanes de se droguer en toute “sécurité”. D’autres, au contraire, pensent qu’elle ne feraient que banaliser un peu plus l’usage des stupéfiants.

Nous avons souhaité nous faire notre propre opinion, et avons infiltré l’une des plus anciennes salles de shoot en Europe, à savoir le Quai 9, située à Genève, en Suisse. Pendant une semaine, nous nous sommes fait passer pour des consommateurs de drogue et avons côtoyé le Quai 9 et ses alentours.

Conclusion : il existe beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients.

La salle de shoot est située juste à côté de la gare, dans un lieu très fréquenté. De jour comme de nuit, les junkies se réunissent en nombre dans le quartier. Les riverains, excédés, déplorent un sentiment d’insécurité croissant. Les mères de famille, qui promènent leur bébé en poussette, n’en peuvent plus de croiser des drogués qui ne sont plus maîtres de leurs actes. Sur les trottoirs, dans les parkings et dans le parc avoisinant, les seringues usagées jonchent le sol. Sans parler du trafic de drogue : lorsque nous sommes allés dans la salle de shoot, l’un des employés de Quai 9 nous a conseillé d’acheter notre dose pas trop près du Quai 9, discrètement, dans les rues situées un peu plus loin, afin qu’on n’accuse pas la salle de shoot de générer du trafic. Résultat, c’est tout le contraire qui se produit !

Le trafic de drogue s’étend dans un large périmètre entourant la gare.

Pire, lorsque nous nous sommes fait passés pour des drogués, nous avons posé des questions sur les effets nocifs de la cocaïne. Le membre de l’association a alors tenté de nous rassurer, en minimisant dangereusement le effets désastreux de la coke ! Alors certes, grâce à ce dispositif, les drogués peuvent utiliser des seringues propres et éviter de contracter certaines maladies. Mais ce n’est que reculer pour mieux sauter !

D’ailleurs, les salles étant fermées la nuit, on croise des junkies n’ayant pas la patience d’attendre l’ouverture de la salle. Du coup, ils utilisent des seringues usagées trouvées dans les poubelles, annulant ainsi tous les effets sois-disant protecteurs des lieux de consommation.

Pour nous, aider les toxicomanes, ce n’est pas les encourager à se shooter et leur faire ignorer les conséquences ! Les salles de shoot, ce n’est qu’un moyen de plus de fermer les yeux sur les effets dévastateurs de la drogue.

Pour finir, je suggère à tous les politiques qui veulent légaliser les salles de shoot d’en faire installer juste en bas de chez eux. Mais en auront-ils le courage ? Je prends les paris…

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