L’usine du Koniambo est en phase d’achèvement et entrera en production à la fin de cette année, avec l’objectif de mettre sur le marché 60’000 tonnes de nickel par an d’ici fin 2014, a indiqué mardi à Nouméa la direction du groupe Xstrata Nickel.

« Notre objectif est d’effectuer la première coulée de nickel fin 2012 et de monter en puissance jusqu’à notre capacité nominale de 60’000 tonnes en deux ans », a déclaré Ian Pierce, directeur général de Xstrata Nickel.

Malgré le repli de la croissance de la Chine, qui représente près de la moitié de la consommation mondiale de nickel, M. Pierce s’est dit confiant dans le marché à long terme alors que l’augmentation de la demande est estimée à 5% par an.

Situé dans le nord de la Nouvelle-Calédonie, ce gigantesque chantier de 5 milliards de dollars US comprend un port en eau profonde, une centrale électrique et une unité pyrométallurgique.

Les réserves du richissime massif du Koniambo sont évaluées à 62,5 millions de tonnes de minerai à une teneur moyenne en nickel de 2,46%.

Actuellement, plus de 5500 personnes travaillent à la construction de l’usine, implantée sur une presqu’île, qu’entourent deux petites tribus kanakes de quelques centaines d’âmes.

La région, jusqu’alors agricole et tribale, s’est métamorphosée sous l’impulsion de ce chantier, destiné à rééquilibrer la Nouvelle-Calédonie où la capitale Nouméa concentre la population et les richesses.

Projet très politique, l’usine de Koniambo est le fruit d’une co-entreprise entre le géant suisse Xstrata, et la Société Minière du Sud Pacifique (SMSP), propriété des indépendantistes kanaks de la province nord.

La SMSP détient 51% du capital de cette unité, qui concrétise la volonté des Kanaks, population autochtone de Nouvelle-Calédonie, de maitriser la richesse de leur sous-sol.

En 1997, les indépendantistes de cet archipel français du Pacifique sud s’étaient fortement mobilisés sur le terrain pour obtenir l’accès à la ressource. Un an plus tard, poussé par l’Etat, le groupe français Eramet, opérateur historique du nickel calédonien, avait été contraint d’échanger son massif du Koniambo, contre un gisement plus pauvre de la SMSP et une soulte.

« Cette usine, c’est le rêve des vieux qui se réalise », a déclaré un jeune Kanak, employé sur le chantier.

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