Des célébrités anglaises vont prendre de l’ecstasy en direct à la télévision

Six célébrités britanniques avaleront le 26 septembre prochain des pilules d’ecstasy en direct pour une nouvelle expérience télévisuelle.

Six célébrités reconnues en Grande-Bretagne ont accepté de prendre de l’ecstasy en direct à la télévision à partir du 26 septembre prochain. Parmi les plus téméraires – ou les plus idiots, c’est selon – , on retrouve un ancien député britannique, Evan Harris, l’écrivain Lionel Shriver ou encore l’acteur Keith Allen. Ils seront filmés en direct depuis les laboratoires de l’Imperial College, à Londres, selon les informations du Huffington Post.

Une expérience encadrée

L’expérience à mi-chemin entre la télé-réalité et l’expérience scientifique se déroulera en plusieurs étapes. Après avoir ingéré 83 milligrammes de MDMA, la substance active de l’ecstasy, habituelle drogue des fêtards, ils participeront à l’émission Drugs Live: The Ecstasy Trial, qui sera diffusée sur Channel 4 courant octobre. Les six cobayes seront évidemment sous la surveillance d’un expert, David Nutt, ancien conseiller drogue auprès du gouvernement britannique. L’émission a vocation à « comprendre et expliquer les effets de l’ecstasy sur le cerveau, au cours de deux épisodes de 60 minutes », d’après le Huffington Post.

Des tests cognitifs seront ensuite réalisés, afin de déterminer les effets de la MDMA sur l’empathie, la confiance et la mémoire. Si cette drogue rendrait amoureux et très euphorique, la prise d’une telle substance serait aussi très dangereuse pour le cerveau. Conséquence, les participants seront également soumis à des tests IRM. Un placebo sera aussi administré.

La MDMA, une drogue vertueuse ?

Bien évidemment, beaucoup s’indignent de cette nouvelle expérience idiote et d’autres experts craignent une possible banalisation de cette drogue. « Sans vouloir passer pour un vieux con, ça va totalement à l’encontre de la déontologie et de l’éthique. Ce sont des dingues. Que l’on fasse cette expérience oui, c’est intéressant, mais à huis-clos, pas devant des caméras de télévision », explique au Huffington Post le docteur Laurent Karila. Une contestation compréhensible, lorsqu’on sait qu’en Grande-Bretagne, l’utilisation de cette drogue est impliquée dans près de 200 décès chaque année.

A noter que David Nutt, le scientifique à l’origine de l’expérience n’en est pas à sa première polémique. En 2007, il avait été débarqué du gouvernement après avoir admis que l’ecstasy rendait moins accro que l’alcool. Pourtant, le chercheur maintient ses positions. Il affirme vouloir tester les effets possiblement thérapeutiques de l’ecstasy en cas de dépression, de viols, ou de violences. « La dépression est un problème considérable alors qu’un tiers de la population ne réagit pas aux antidépresseurs », admet-il. Enfin, l’expérience vise aussi à comprendre les effets de cette drogue sur chacun. Un enjeu presque national en Grande-Bretagne, lorsqu’on sait que 500.000 Anglais en consomment chaque année…

A noter que pendant l’expérience, des animations en 3D seront projetés, afin de scruter la réaction de ces nouveaux cobayes de l’extrême.  Alors, sensationnalisme et manque d’éthique ou nouvelle expérience d’utilité publique ?

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