La tuerie de Toulouse a relancé la peur du terrorisme, la peur de l’islam radical… La mort d’un jeune des banlieues ne risque-t-elle pas d’embraser les banlieues comme en 2005 ?

Dans son livre paru en 2010 « Opérations banlieues », Hacène Belmessous, journaliste et chercheur indépendant, assure que « l’Etat prépare la guerre dans les cités françaises ».

 

Une instruction ministérielle, datée du 3 mai 2010, confirmerait cette analyse.

Le magazine Armées, l’une des publications officielles du ministère de la Défense, affirme que cette instruction a été rédigée avec le concours des ministères de l’Intérieur et de la Défense, par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Ce service du Premier ministre a confirmé à l’AFP l’existence de ce texte en précisant qu’il était classifié « confidentiel défense ». Le SGDSN est notamment chargé de la planification des plans de réponses aux crises. Interrogé par Armées, le préfet François Lucas, alors directeur de la protection et de la sécurité de l’Etat au SGDSN, a défini une crise majeure comme « un évènement – pandémie, attaque terroriste, catastrophe, crise d’ordre public – dont la gravité et la portée conduisent les autorités gouvernementales à activer le dispositif interministériel de crise ».

A l’appui de ses affirmations, Hacène Belmessous cite une étude confiée, après les émeutes de 2005, à la société privée Eurocrise par la Délégation aux affaires stratégiques (Das) du ministère de la Défense. Selon lui, cette étude, qui s’appuie sur l’analyse de la crise des banlieues de 2005, souligne que « l’idée du caractère quasi inéluctable d’un engagement des forces terrestres sur le territoire national dans des circonstances exceptionnelles semble gagner du terrain ».

Dans son numéro du 5 novembre 2010, Rivarol a publié des informations recoupant ce que certains pressentent comme scénario de secours pour justifier l’intervention de l’armée en temps de crise … Rivarol écrit : « Une source unique, mais incontestable, nous signale qu’un régiment de la Légion situé dans le Sud de la France vient de percevoir du matériel lourd pour partir en opération. En Afrique, en Afghanistan ? Non : on aurait dit aux légionnaires de se tenir prêts à intervenir… en France ».

Depuis les émeutes de novembre 2005, l’Etat réfléchit sérieusement à faire intervenir l’armée dans les banlieues.

Certains médias ont pointé en 2008 le glissement vers le concept de « sécurité nationale » dans le Livre blanc de la Défense. Ce texte marque une rupture par rapport au passé, avec des dispositions spécifiques :

  • le contrat « 10 000 hommes » qui prévoit la mise à disposition de 10 000 soldats en cas de crise interne
  •  la création du conseil de défense et de sécurité nationale, sous l’autorité du président de la République.

Aujourd’hui, si on envoie la troupe en Afghanistan, il y a un débat parlementaire. Alors que là, il n’y aura pas de débat si on envoie la troupe dans les banlieues.

L’armée se surajoute, en soutien, pour faire non pas du maintien de l’ordre, mais de la pacification.

Le commissaire divisionnaire Christian Hirsoil, directeur départemental adjoint de la Sécurité publique de Seine-et-Marne parle de commandos qui s’engagent « en profondeur » dans le quartier pour faire de l’observation. On peut aussi poser une section d’assaut en haut d’un immeuble pour contrôler l’espace.

Il existe un rapport de la société Eurocrise, réalisé à la demande de la DAS (Délégation pour les affaires stratégiques), qui passe en revue ces possibilités.

Dans les années 90, on était dans du maintien de l’ordre, aujourd’hui c’est de la pacification. A Grenoble, l’été dernier, c’est une opération de pacification. Il y a un basculement. Quand l’armée doit-elle intervenir ? Le passage à l’acte a besoin d’un facteur déclenchant. Quel est-il ? La mort de policiers pendant les émeutes ?

En cas d’embrasement des banlieues, le président enverra-t-il la légion étrangère pour assurer l’ordre? Dans un pays en proie au chaos, Nicolas Sarkozy apparaîtrait alors comme l’homme providentiel, le sauveur de la France, le seul ayant l’envergure d’un chef d’Etat!

9 COMMENTS

  1. Francois Hollande ferait surement mieux vu que la prevention prendrait le dessus sur la repression, avec Eva Joly aussi, il s’agit d’etre fort, maintenant, la force de ‘frappe’ c’est la lachete (acccent), l’admission de l’echec de sa politique…

    • A quand la fin des zones de non-droit?
      Pour la prévention c’est bien trop tard..ca ne marche pas.
      Que faire d’autre contre des gens armés parfois de Kalashnikovs, qui n’hésitent pas a tirer sur des policiers, agresser des pompiers, Samu, et médecins?

  2. Typique FN, on dramatise, on cree sa ‘raison d’etre’, un regal ce genre de problemes pour les sympatisants du FN, je ne vous rappellerai que la lecture de Bourseiller (plus bas) sur le sujet. En fait le probleme n’est pas insurmontable, et un minimum de repression s’imposera la ou les kalshnikov sont sorties, un tout petit nombre en fait utilisent ces moyens extremes, mais, oui, il y a des ‘durs et purs’, dealers de drogue et autres trop souvent. Par contre la politiqe generale ne dois pas etre la repression, sinon, ou s’arrete on? C’est une declarartion de guerre, mieux est de prevenir, de controler les armes illegales (le trafic depuis la Russie , les Balkans), de legaliser la drogue (la, ils auraient un probleme nos dealers…) :
    L’extrémisme. Une grande peur contemporaine
    Christophe Bourseiller
    Pieuvre géante, Golem envahissant, fantasme collectif et nouvelle grande peur des bien-pensants, l’extrémisme sculpte l’actualité. Mais qui sont les extrémistes ? Les mécontents, les ennemis du système, les contestataires, les destructeurs, les nihilistes, les terroristes, les rebelles ? Extrémistes, les militants du Front national, les néo-royalistes, les catholiques intégristes ? Extrémistes, les trotskystes, les maoïstes, les nostalgiques de Staline, les nationaux-communistes ? Toujours invoqué mais rarement défini, l’extrémisme serait-il la nouvelle hydre de Lerne des sciences politiques ?

    En répondant à ces questions, et à beaucoup d’autres, Christophe Bourseiller décrypte un phénomène politique majeur. Il montre que les extrémistes se distinguent par leur incapacité à tolérer l’ambiguïté et l’incertitude. Fascinés par la violence, allergiques au présent, ils militent pour un changement radical de société et perçoivent leurs adversaires comme intrinsèquement maléfiques. Et, par-delà les programmes, les manifestes, les excommunications, en appellent à l’avènement d’authentiques contre-cultures.

    • « en appellent à l’avènement d’authentiques contre-cultures. »
      Et les personnes souhaitant juste préserver la leur (de culture), comment les appele-t-il ?

      Je crois plutot qu’il parle des extremistes islamiques non?

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