Dominique Strauss-Kahn empoisonne la campagne de Martine Aubry

Dominique Strauss-Kahn a confirmé à mi-mot l’existence d’un pacte entre lui et Martine Aubry.

Martine Aubry apparaît désormais comme une candidate « par défaut », suite à la révélation de Dominique Strauss-Kahn. L’ancien ministre de l’Économie socialiste a affirmé qu’il y avait pacte et qu’il voulait se présenter à la présidentielle en 2012 avant les événements du 14 mai 2011. Le problème étant que la maire de Lille avait toujours nié l’existence d’un tel accord de désistement réciproque. Ce pacte, dit « de Marrakech », datant de 2008 dans le Riyad marocain de Dominique Strauss-Kahn, prévoyait que Martine Aubry et l’ancien directeur du FMI ne se présentent pas l’un contre l’autre à la primaire.

Pour Stéphane Rozès, président de Cap (Conseil analyses et perspectives), c’est « cette déclaration est un cadeau empoisonné », rapporte le Point. Jean-Daniel Lévy, directeur du département Opinion de Harris Interactive, renchérit : « Ce n’est pas un vrai service qu’il lui rend. Il y a un soutien implicite, puisque c’est la seule personne qui est nommée. Mais en confirmant le fait qu’il y a pacte, il la place dans une position difficile car le doute des Français sur sa motivation est réactivé », explique-t-il.

Et les adversaires de Martine Aubry n’ont pas perdu une miette de ce tournant. Les pro-Hollande en tête, avec Pierre Moscovici sur iTélé : « J’ai noté qu’il a mentionné un pacte, pacte que Martine Aubry elle-même niait il y a encore peu de temps. J’ai noté qu’il avait dit lui-même qu’il allait être candidat alors qu’elle nous disait il y a quelque temps qu’il n’y avait rien de fait. Quand on entre dans une élection comme la primaire, on doit être déterminé par soi-même et par ses convictions », a ajouté le directeur de campagne de François Hollande.

Martine Aubry ne se sent pas en danger après la révélation de l’existence d’un pacte entre elle et Dominique Strauss-Kahn.

Dimanche soir, intentionnellement ou non, Dominique Strauss-Kahn a lâché une petite bombe sur la tête de Martine Aubry. En révélant qu’effectivement, il y avait un pacte entre les deux socialistes, l’ex ministre de l’Économie contredit sa collègue socialiste qui l’avait toujours nié. La maire de Lille avait préféré utiliser les termes d' »entente » ou de « réflexion collective », rappelle Le Monde.

Interrogée sur les déclarations de DSK, Martine Aubry a répondu : « Est-ce que j’ai l’air d’une candidate de substitution? ». Et quand la presse parle de « baiser de la mort » dans les propos de DSK? « Mais ça veut dire quoi, je ne comprends pas ce que vous voulez dire », relaie Libération. « Aujourd’hui, la seule chose qui compte, c’est que je suis la candidate vraiment qu’il faut pour la France, je le crois, et qu’il faut pour battre Nicolas Sarkozy ».

Aussi, Martine Aubry a exprimé une nouvelle fois son amitié pour l’ancien directeur du FMI : « Dominique a dit que j’étais une amie et que j’étais là. Parfois ceux qui étaient censés être ses amis n’étaient pas là. Pour moi, c’est essentiel la fidélité, la fidélité à mes valeurs, à ce que je crois profondément, la fidélité à dire la vérité et la dire toujours ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *