capture-decran(les Dragon bleu?)

Internet partout et tout le temps, pour tout le monde, tel est le vœu formulé par Google et Facebook, mais aussi SpaceX. La firme d’Elon Musk entreprend de déployer une flotte inédite de 4.425 satellites pour diffuser Internet en haut débit sur la Terre entière. Cela commencerait par un premier essaim de 800 satellites pour couvrir les États-Unis.

Internet en haut débit pour tous et cela partout dans le monde serait-il en passe de devenir une réalité ? Il semble bien que oui. En 2013 déjà, le géant Google a émis l’idée de connecter la planète entière grâce à un système de ballons avec son projet Loon (comme balloon, en anglais, et loon qui veut dire dingue). Selon la firme de Mountain View, les deux tiers de la population mondiale n’auraient pas de connexion haut débit (cela concerne aussi certaines zones en France) et un milliard d’habitants n’auraient pas de connexions du tout.
Autant d’opportunités économiques perdues… Mais bien sûr, il n’y a pas que cela. D’une durée de vie dans l’atmosphère (jusqu’à 20 km d’altitude) de 187 jours, ils sont voués à terme à se multiplier de façon à couvrir toute la surface du Globe. Plusieurs essais ont d’ores et déjà été menés avec succès, notamment en Nouvelle-Zélande, au Sri Lanka et en Indonésie.
Connecter toute la planète, cela intéresse aussi le milliardaire Elon Musk, patron de SpaceX, qui, comme on le sait, se donne souvent les moyens de réaliser ses ambitions (Mars… et au-delà, pour ne citer que l’une des plus connues). Son projet ? Déployer une flotte immense de 4.425 satellites pour arroser la Terre entière avec une connexion Internet haut débit (sur des bandes de fréquences Ku et Ka, entre 12 et 18 GHz pour les premières et entre 26,5 et 40 GHz, pour les secondes), partout, où que vous soyez. La start-up Outernet avait démontré que c’est possible.

Les satellites de SpaceX s’installeraient sur plusieurs orbites

Dix mois après l’annonce de son plan, la société SpaceX vient de déposer, le 16 novembre, une demande au FCC (Federal Communication Commission). Le document nous en dit plus sur le déploiement de cette flottille de plus de 4.400 satellites. Un nombre très impressionnant quand on sait qu’il n’y a, actuellement, qu’environ 1.500 satellites artificiels en activité. Leur population se verrait ainsi littéralement quadruplée en l’espace de quelques années.
Dans un premier temps, il est prévu d’en envoyer 800 pour couvrir les États-Unis, Porto Rico et les îles Vierges. Mais comment toutes ces milliers d’unités de quelque 385 kg et mesurant 4 x 1,8 x 1,2 m seront-elles déployées ? Sur plusieurs niveaux d’orbites, qui plus est. Par lots de 50 pour les orbites à 1.110, 1.130 et 1.150 km de la surface et par lots de 75 à 1.275 et 1.325 km d’altitude. Avec les lanceurs Falcon 9 et Falcon Heavy, 16 lancements suffiraient pour le premier essaim de 800.
Coût total estimé de cette entreprise : 10 milliards de dollars (9,4 milliards d’euros). Alors, Elon Musk remportera-t-il ce pari de « fournir un service Internet global omniprésent » face à la concurrence de Google, et aussi de Facebook, dans ce domaine ? Nul doute que le projet le plus solide et abordable tirera son épingle du jeu.

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