En Afrique du Sud, environ 5 000 lions sont élevés en cage pour être soit vendus à des zoos, soit abattus par des chasseurs de trophées pour récolter des os servant de philtre d’amour.

Alors que la liste des espèces menacées ne cesse de s’allonger, les défenseurs de l’environnement tire la sonnette d’alarme pour les lions vivant en Afrique du Sud. En effet, le lion est devenu un animal de ferme comme les autres. Pour Pieter Potgieter, président de l’association sud-africaine des éleveurs de prédateurs, « le principe d’élever des animaux sauvages à des fins d’exploitation économique est une pratique internationalement admise. Le problème, c’est qu’on a fait du lion le roi des animaux. Walt Disney, avec son ‘Roi Lion’, a créé cette image ! Un lion a une personnalité comme un être humain, il parle à ses enfants… Mais un lion n’est ni supérieur, ni inférieur aux autres espèces », a-t-il estimé au micro d’un journaliste de l’AFP.

Selon le site Sciences et Avenir, la proportion entre les lions vivant en captivité et en liberté serait inégale. Environ 3 000 lions sauvages sont comptabilisés alors que 5 000 spécimens vivraient en cage, élevés dans plusieurs dizaines d’exploitations. Une situation tellement embarrassante que « les fermiers sont peu enclins à donner les chiffres exacts », reconnaît M. Potgieter. Même s’ils accueillent volontiers les touristes, les éleveurs se refusent à tous commentaires auprès des journalistes. Dans la ferme de Bona Bona, près de Wolmaransstad, au centre du pays, de vastes enclos y abritent neuf lions placides et trois tigres du Bengale, qui étaient encore trois fois plus nombreux jusqu’à la vente aux enchères annuelle de l’exploitation en juin. Le dimanche, les animaux sont nourris en public moyennant un droit d’entrée de 80 rands, soit environ 7 euros.

Ils servent de mascottes qu’on peut caresser

A l’occasion, les lionceaux servent aussi de mascottes aux visiteurs comme par exemple à l’équipe d’Espagne de football, qui était basée à proximité du Lodge, lors de la Coupe du monde de football de 2010. Pour 300 rands, environ 27 euros, il est également possible de donner le biberon aux lionceaux. « Les lionceaux sont loués par les éleveurs à des complexes éco-touristiques pour être caressés par des touristes », accuse Chris Mercer, qui dirige une campagne contre la chasse en Afrique du Sud. « Ce qui est intrinsèquement cruel, c’est que les petits sont spécifiquement retirés de leur mère à la naissance afin qu’ils puissent être utilisés comme des jouets et pour augmenter le rythme de reproduction, sans parler des méthodes employées pour s’assurer qu’ils sont dociles avec les touristes », ajoute Paul Hart qui gère lui aussi un refuge dans la région du Cap.

Contrairement à ce qui est dit aux visiteurs, les lions ne sont pas relâchés dans la nature une fois à l’âge adulte. « Ces lionceaux sont des animaux d’élevage qui resteront en cage jusqu’à ce qu’ils soient assez vieux pour être chassés », soupire Chris Mercer. Selon les défenseurs des animaux, certains lions seraient spécialement élevés pour leurs os, qui sont envoyés en Asie pour finir dans des philtres d’amour. Chose qui est bien évidement démentie par les éleveurs, qui assurent que seuls les fauves morts naturellement ou victimes des chasseurs sont concernés par ce commerce en plein essor.

Un lion mort coûte plus de 16 000 euros

Si l’on ne chasse pas à Bona Bona, près de 10% des lions d’élevage sud-africains sont quand même abattus tous les ans par des amateurs de trophées. D’ailleurs, les pratiques font débat. Dans le nord-ouest de l’Afrique du Sud, la plus riche ferme en fauves relâche des lions affamés quatre jours avant le jour de la chasse dans un espace inconnu. Ainsi, ils n’auront que peu de chance d’échapper à leurs poursuivants. Certains personnes sont prêts à payer près de 22 000 dollars, soit plus de 16 000 euros pour un lion mâle. Et presque autant en frais annexes, c’est-à-dire l’organisation, le logement, et la taxidermie. En revanche, une lionne revient moins cher, 4000 dollars, soit environ 3 000 euros.

« En France, ils élèvent des millions de faisans, et ils les relâchent le samedi matin quand la chasse commence. Le principe est le même », justifie le représentant des éleveurs Pieter Potgieter, lui-même grand chasseur. « Que vous tuiez un bœuf, un mouton ou un cochon, ou que vous tuiez un lion, c’est exactement la même chose, c’est un animal! ».

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