20150105_1_6_1_1_0_obj7939228_1La page Facebook de la prison (aujourd’hui supprimée) a vu abondé nombre de photos pour les fêtes de Noël, et une chose paraît clair, ils semblent être mieux à l’intérieur que ne le sont nombre de sans domiciles fixes dans la rue… Alors, image d’une réalité dans nos prison ou pas?

C’est durant la semaine des fêtes de Noël que les publications, photos et vidéos, ont soudainement abondé sur cette page qui a rapidement bénéficié de près de 4 800 « j’aime »

Avec des billets, au téléphone, avec du shit, dans la cour pour une pose genre « boy’s band », les détenus exhibent des sourires radieux.

« Ils ont tous des téléphones portables, le sport, l’école, des activités, la télévision avec en prime Canal+ (pour 9 euros par cellule et par mois, Ndlr), alors que la majorité des gens à l’extérieur n’ont pas les moyens de se payer l’abonnement : cela n’est plus une prison, c’est un centre de vacances », peste d’emblée Catherine Forzi, du syndicat Force Ouvrière. Il faut bien admettre que cette page Facebook — créée il y a quelques semaines et que la direction a fait supprimer le 31 décembre après en avoir eu connaissance — avait davantage les allures d’une publicité pour un Club Med d’un nouveau genre que celles de la mythique prison de la deuxième ville de France…

Si en 2008, des détenus de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne) avaient publié sur Youtube — 945 822 vues à ce jour — des images vidéo tournées pendant des mois à l’intérieur de leur établissement pour en dénoncer les conditions de détention, ceux des Baumettes affichent des sourires radieux. « Très franchement, seule une infime partie a l’air de souffrir d’être en prison », percute de nouveau la syndicaliste FO.

C’est durant la semaine des fêtes de Noël que les publications, photos et vidéos, ont soudainement abondé sur cette page qui a rapidement bénéficié de près de 4 800 « j’aime », et autant de fans des provocations affichées à visages découverts. Au fil de la page, on découvrait une bonne dizaine de détenus se mettant en scène dans leurs cellules, fumant la chicha, faisant la popote, exhibant du shit et des liasses de billets — interdits en détention puisque chaque détenu possède un compte pour « cantiner » –, des selfies au beau milieu des coursives étaient également proposés ainsi que des clichés genre boy’s band énervé dans la cour de promenade.

« Quand la direction a découvert cette page, elle nous a tout de suite demandé ce que faisaient les agents pour ne pas avoir vu ce cinéma ! Mais le problème c’est que nous ne sommes plus assez nombreux, nous le répétons depuis des années. Ils n’ont plus peur de rien, et nous, nous n’avons pas les moyens de lutter. Cette page n’a rien de valorisant pour nous, pour le travail fait chaque jour par les surveillants, mais c’est un fait, les détenus sont livrés à eux-mêmes », dénonce David Cucchietti, le secrétaire local de la CGT, majoritaire aux Baumettes.

Article dans son intégralité sur La Provence

Ils n’ont pas l’air si mal que cela nos détenus en fait… Et une question s’impose donc, combien cela nous coute-t-il exactement? Je préviens néanmoins que l’article qui suit est à prendre avec des pincettes même s’il est issu d’un quotidien reconnu comme le Figaro puisqu’il fait la promotion des prisons privées au détriment des prisons publiques, ce qui au final pourrait aider à l’adoption en France « des centres de détentions privés à l’américaine« …

Les chiffres apparaissent dans un rapport parlementaire publié en novembre dernier et rédigé par le sénateur UMP Jean-René Lecerf. Ces données permettent de connaître précisément le coût journalier d’un prisonnier* en France en 2013: environ 100 euros par jour (alimentation, entretien, personnel), soit 36.500 euros par an. Mais, derrière cette moyenne, se cachent d’importantes disparités.

De fortes disparités d’un établissement à l’autre

La journée en centre de détention (pour les courtes peines) s’établit en moyenne à 106 euros, 103 euros pour les centres pénitentiaires (différents types de condamnés), quand le coût en maison d’arrêt (pour les prévenus en attente d’une condamnation) est de 89 euros. D’un établissement à l’autre, le coût d’une journée peut même passer du simple au double. Ainsi, celui d’une journée en maison centrale (191 euros/jour/détenu) est deux fois plus élevé que celui des autres établissements pénitenciers réunis (100 euros environ).

Cette différence est due au fait que les maisons centrales, qui accueillent les longues peines, disposent d’un personnel de surveillance plus nombreux que les autres établissements et nécessitent des investissements lourds en termes de matériels. L’écart est encore plus grand s’agissant des mineurs: la journée dans ces établissements spécialisés et gérés en gestion déléguée coûte 500 euros par détenu. Une somme rondelette qui s’explique par un fort taux d’encadrement qui était, en 2011, de 1,2 encadrant pour un mineur.
Plus cher dans le privé que dans le public?

Mais les écarts ne s’arrêtent pas là. Il en existe aussi entre les établissements gérés par le public et ceux gérés par le privé. D’après le ministère de la Justice, 64 prisons, sur les 191 établissements que compte la France, sont aujourd’hui gérées par le privé, sous trois formes de contrat: en gestion déléguée classique (54), en autorisation d’occupation temporaire-location avec option d’achat (AOT-LOA) (7) et en partenariat public privé (PPP) (3). Dans tous ces établissements, les fonctions régaliennes restent à la charge des fonctionnaires (direction, surveillance, greffe) mais le reste est géré par une entreprise (maintenance, entretien, cantine, transport, accueil des familles, etc).

Source+infographie sur Le Figaro

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