En voila une conference de presse ….

Deux heures et demi ! C’est beaucoup trop long !!! Surtout c’est trop long pour la capacité d’attention de l’électeur moyen. Même en pleine après-midi de semaine…Si le message des priorités d’un chef d’État ou de gouvernement ne peut pas être résumé en moins d’une demi heure, il y a un problème dans le message et les priorités…

On ne commence pas une conférence de presse par un long discours de justification.
Cinq à dix minutes maximum, suffisent pour cadrer le message. Et surtout pour maîtriser le message par la suite. Un communiquant doit avant tout se préoccupper de la manière dont ce qu’il dit sera retransmis à ceux qui ne regardent pas directement son intervention.

Plus la communication est longue, plus la matière à des interprétations diverses est riche. Le communiquant qui perd la maîtrise de la matière première de sa communication perd son temps. Il passe à côté d’une occasion de recadrer le débat public selon ses propres termes. En gros,  plus on veut en dire, moins on en dit et plus on risque de se voir faire dire ce que l’on n’a pas dit.

2) Un Président choisit et tranche

Si un Président ne sait pas choisir dans une foule de journalistes celui qui va lui poser une question…ça fait désordre. Rien de pire qu’un chef, qu’un patron, qu’un leader, qu’un capitaine d’équipe sportive, qui se montre en direct hésitant et dépassé par la tâche basique de donner la parole à quelqun. Tous les spécialistes de « com » vous le dirons.

Accepter plusieurs questions d’un coup, y compris des très longues, sur des sujets totalement différents, pour y répondre ensuite à la queue leu leu, est anti-pédagogique.

Il y a toujours un risque que le style de communication brouillon fasse passer le Président pour un homme peu clair dans sa stratégie et dans sa tête.

3) Les responsables de la communication de l’Élysée servent à quoi ?

Je ne sais rien de la manière dont l’Élysée travaille. Mais in fine, tout ce qui relève de la communication du Président est validé par définition par le Président. Une telle improvisation n’etait aboslument pas strategique . La fin de la « conférence de presse » aujourd’hui partait carrément en eau de boudin.

François Hollande est mal servi par cette situation. Ses alliés et amis, je l’espère pour lui, vont lui conseiller de faire mieux la prochaine fois. Il faudrait des règles.

Pas de timing, pas de discipline, pas de recadrage des journalistes qui se laissent aller à poser des questions précédées d’éditoriaux…Tolérance ridicule pour des relances.

La première question du journaliste de l’AFP: un vrai gag !

Autant il est essentiel que le Président ne sache pas à l’avance ce qu’on va lui demander. Autant il est tout aussi important que les journalistes, qui ne sont pas triés sur le volet, respectent leur collègues, respectent le Président, et fassent preuve eux-mêmes de discipline dans leurs questions. Des questions dures, oui. Mais des questions courtes. Ce sont les meilleures.

Je ne resiste pas à la tentation de vous suggérer d’aller revoir les conférences de presse de
Barack Obama, vous y verrez un homme qui connait tous les noms des journalistes, qui répond avec précision aux questions, qui plaisante et improvise en réaction aux questions, avec un professionalisme à mille lieux de ce que j’ai vu cet après-midi.

Brefff nous retiendrons donc :
– Sur l’avenir de la France : « Je suis reponsable de l’avenir de la France. Le déclin n’est pas notre destin. (…) Ensemble nous devons faire nation, c’est-à-dire faire bloc dans un moment particulier».

-Sur le nucléaire : « Je ne suis dans aucune addiction. Vous avez remarqué : président normal, président responsable, pas d’addiction à aucune substance ! »

-Sur les sondages sévères : « Est-ce que je regarde les sondages ? […] Oui, je regarde les sondages. Est-ce que je commande des sondages ? Non, il n’est pas besoin de le faire, il y en a suffisamment pour que je sois informé. Je remercie les organes de presse de les multiplier ».

France
Conférence de presse. Les bons mots de François Hollande
Politique mardi 13 novembre 2012

François Hollande s’est exprimé pendant presque 2 h 30 ce mardi.

François Hollande s’est exprimé pendant presque 2 h 30 ce mardi.

Sipa

+ Conférence de presse de Hollande. Les principales réactions+ Revivez la conférence de presse de François Hollande

Le président de la République française François Hollande s’est exprimé pendant presque 2 h 30 mardi pour la première conférence de presse de son quinquennat. Voici les perles de son discours et de ses réponses aux questions des journalistes.

Sous les ors de la grande salle des fêtes de l’Elysée, le chef de l’Etat, costume noir et cravate bleue, s’est d’abord exprimé avec solennité dans une intervention de 40 minutes, avant de répondre aux journalistes sur un ton beaucoup plus détendu.

« Pas d’addiction à aucune substance ! »

– Sur l’avenir de la France : « Je suis reponsable de l’avenir de la France. Le déclin n’est pas notre destin. (…) Ensemble nous devons faire nation, c’est-à-dire faire bloc dans un moment particulier».

-Sur le nucléaire : « Je ne suis dans aucune addiction. Vous avez remarqué : président normal, président responsable, pas d’addiction à aucune substance ! »

-Sur les sondages sévères : « Est-ce que je regarde les sondages ? […] Oui, je regarde les sondages. Est-ce que je commande des sondages ? Non, il n’est pas besoin de le faire, il y en a suffisamment pour que je sois informé. Je remercie les organes de presse de les multiplier ».

« Il faut faire un choc ça fait chic »

-Sur la compétitivité : « On me dit, mais il faut faire un choc, ça fait chic, paraît-il. Mais l’économie n’aime pas les chocs, ce que demandent les acteurs de notre économie c’est au contraire de la visibilité ».

– Sur les couvertures chocs des magazines à son encontre, qualifiées de « Hollande bashing » (dénigrement), le chef de l’Etat s’est amusé à traduire l’expression par « espèce de punching-ball ».

« Mon trait de caractère, c’est ensuite de penser que cela se retourne. Je ne suis pas à l’âge où on écrit ses mémoires mais j’ai connu des situations tellement plus difficiles. Être président de la République me paraît être la réponse à tous mes détracteurs».

– Sur les couacs au sein du gouvernement : « quand on a une responsabilité, il faut faire attention à tout. Ca me permet de dire à chacune et à chacun qu’il doit être consacré uniquement à sa tâche. Il y a suffisamment à faire pour ne pas aller sur le domaine du voisin », a-t-il prévenu, taclant probablement Vincent Peillon.

– Sur sa relation avec Angela Merkel : «Nous nous parlons franchement avec la chancelière».

– Conclusion de 2 h 30 de déclaration : « Si en plus il faut que je fasse ici mon autocritique, ce serait accablant… Je demande ici grâce et pardon ».

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