Forte augmentation des ventes d’armes en Nouvelle-Calédonie

Les ventes d’armes ont bondi en Nouvelle-Calédonie depuis l’assouplissement de la réglementation en 2011 en faveur d’un régime déclaratif semblable à celui de la métropole, a indiqué vendredi le haut-commissariat de la République.

En 2011, 4.521 armes de 5e et 7e catégorie (armes de chasse et tir de loisirs) ont été vendues dans l’archipel, soit plus du triple comparé à 2010, où 1.381 armes avaient été vendues. En 2009, ce chiffre s’élevait à 1.585 armes et 1.851 en 2008.

« Le pic constaté aujourd’hui contient un effet rattrapage », a indiqué à la presse Thierry Suquet, secrétaire général du haut-commissariat.

Jusqu’à mars 2011, l’achat de ce type d’arme était soumis à une demande d’autorisation et à des quotas. Depuis, à l’instar de la réglementation métropolitaine, la présentation au commerçant d’une carte d’identité, d’un permis de chasse ou d’une licence de tir suffit, avant une déclaration administrative.

Selon les données du haut-commissariat, environ 48.000 armes sont en circulation en Nouvelle-Calédonie (260.000 habitants), où la chasse est largement pratiquée.

« On est vigilant. Cette simplification s’est accompagnée d’un renforcement des contrôles a posteriori, à la suite desquels 41 armes ont été retirées à leur propriétaire », a déclaré M. Suquet.

Il a précisé que cette explosion des ventes d’armes n’avait pas eu d’impact sur le nombre de morts par balles.

L’annonce de ces chiffres a cependant suscité l’émotion en Nouvelle-Calédonie où un SDF a été froidement tué mi-juillet de deux balles dans la tête. Une dizaine d’armes ont été découvertes au domicile de l’assassin présumé.

Dimanche, un chasseur de 38 ans a lui été retrouvé mort, après un accident avec sa propre carabine.

« Notre pays est en train de devenir un Far-West », s’inquiétait vendredi un internaute sur le site du quotidien local alors que l’archipel a jadis connu des violences meurtrières entre indépendantistes kanak et loyalistes européens.

( sources AFP )

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1 commentaire

  1. 2 meurtres par armes à feu en juin-juillet:
    – un jeune abattu par un voisin à Koutio, (suite à des insultes)
    – l’assassinat odieux d’un SDF pendant son sommeil à Orphelinat

    2 morts accidentelles par armes à feu en juin-juillet:
    – un jeune de 21 ans à Dumbéa
    – un homme de 38 ans à Pouembout le week-end dernier

    Rien que ça pour 2012…(les 2 morts par accident nous confirment, nous rappellent une évidence: une arme à feu ne peut être mise dans les mains de n’importe qui. Le maniement d’une arme à feu, les précautions à suivre sont des choses qui doivent être enseignées).

    Sans oublier l’autre taré qui a braqué la station du péage du koutio en mai.
    Sans oublier le vigile qui à Kenu-In, a essuyé des tirs de calibre .38 par une racaille en possession d’une arme volée.

    4 observations s’imposent:
    – les morts (accidents, meurtres) par armes à feu sont en hausse en Nouvelle-Calédonie.
    – les actes criminels commis sous la menace d’une arme à feu sont en hausse en Nouvelle-Calédonie.
    – vu le rythme, la tendance ( la délinquance qui se fait de plus en plus violente, l’insécurité grandissante) et le contexte local (où les esprits s’échauffent vite et on passe facilement à la violence) sans oublier un autre facteur, celui les armes volées lors de home-jackings et qui sont dans les mains d’on ne sait qui, je ne serai pas étonné que de nouveau faits divers encore plus violents ne se produisent au cours de cette année.
    – vu le contexte récent, si la « tension politique » devait fortement remonter en Nouvelle-Calédonie, avec l’abondance des armes, on risque les tueries gratuites, un bain de sang. Ceux qui agitent de temps l’épouvantail de la violence s’ils n’ont pas gain de cause, et si la Nouvelle-Calédonie devait à nouveau connaitre des événements violents, je doute que ces pyromanes au chantage de violence assumeraient le moins du monde les victimes innocentes résultant de leurs incitations.

    La question des armes en Nouvelle-Calédonie est indissociable de celle du contexte politique. D’autre part, le « contexte politique » et le « contexte social » semblent se confondre parfois, sur le terrain de la délinquance, de l’insécurité par exemple. Les faits divers abondent d’éléments probants sur ce fait. On peut donc s’interroger sur les motivations profondes, réelles, calculées (ou pas) de cette libéralisation des armes, un nouvel ingrédient dont on se serait bien passé, et qui vient irréfutablement constituer un élément de plus à la poudrière calédonienne.

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