Hollande ne fait plus illusion

Dans le baromètre CSA-«Les Echos», le chef de l’Etat perd à nouveau 4 points, à 35%. Sa cote de confiance s’effondre surtout au sein des professions. intermédiaires.

Il a intensifié le rythme de ses déplacements, a renforcé la communication gouvernementale et multiplié, à l’occasion des voeux, les adresses aux Français. Sans effet, pour l’heure, dans les sondages d’opinion. Au contraire, François Hollande s’enfonce un peu plus dans l’impopularité, selon le baromètre CSA pour « Les Echos » .

Alors qu’il s’était stabilisé en décembre, le chef de l’Etat perd 4 points en janvier. A peine 35% des personnes interrogées disent lui faire « confiance » pour « affronter efficacement les principaux problèmes qui se posent au pays ». Soit guère plus d’un Français sur trois. Dans le même temps, la proportion d’opinions négatives augmente de 6 points à 62%. Lorsqu’il est arrivé à l’Elysée, sa cote de confiance était positive de 22 points ; elle est aujourd’hui négative de 27 points.

Jean-Marc Ayrault connaît le même sort : il perd moins de terrain que le président (2 points) mais atteint un niveau plus bas (33%).

Ce recul aurait pu trouver sa source dans la censure par le Conseil constitutionnel de la taxe à 75 % sur les hauts revenus, qui a relancé le procès en amateurisme de l’exécutif. Mais pour Jérôme Sainte-Marie, le directeur du département politique-opinion de CSA, cette raison est « secondaire ». L’exécutif est surtout plombé par la conjoncture et la progression du chômage. « Il cumule les handicaps, explique-t-il. Chacun se sent menacé et anticipe le pire sans forcément l’éprouver ». Ainsi, les négociations sur la réforme du marché du travail « inquiètent », analyse Jérôme Sainte-Marie.

François Hollande recule de 6 points chez les ouvriers à 33 %, son niveau le plus bas. Il chute surtout de 13 points chez les professions intermédiaires, qui rassemblent 15 % de la population totale (techniciens, contremaîtres, instituteurs, infirmières, etc…). Il y a un mois, c’était dans cette catégorie que le chef de l’Etat était le plus haut. A 30 %, il est aujourd’hui l’une de celle où il est le plus bas. Or ces « classes moyennes modestes » étaient au coeur de son électorat à la présidentielle. Politiquement, 76 % des sympathisants PS lui font confiance mais ils ne sont plus que 51 % au Front de gauche et 36 % chez les écologistes. « Il est ramené sur son socle politique au sens le plus étroit du terme », résume Jérôme Sainte-Marie.

Le chef de l’Etat a fait le deuil de sa popularité pour au moins l’année 2013. Son pari, c’est celui du redressement et de l’inflexion de la courbe du chômage. « Installer les conditions de la confiance et les outils qui permettront la ré-embauche », traduit un proche. « Il ne faut pas se tromper d’indicateur. Celui qui compte, c’est le chômage », insiste un autre, qui poursuit : « Il est là pour cinq ans. Ce qui compte, c’est la fin de l’histoire, les résultats tangibles. Pas la trajectoire et les péripéties ».

Mais François Hollande n’ignore pas le risque d’un délitement de la relation avec les Français. Pour preuve, il vient de décider de dormir de temps en temps en province lors de ses déplacements. La date de la première nuitée n’est pas connue mais le principe est désormais « acté ».

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