La proposition de renégociation du pacte de stabilité européen par François Hollande fait jaser du côté de l’Allemagne, l’ancien ministre des Finances allemand a même qualifié le candidat de gauche de « naïf ».

Après l’incompréhension d’Angela Merkel concernant la volonté par François Hollande de renégocier le pacte de stabilité européen, c’est au tour de Peer Steinbrück, un ancien ministre des Finances, de monter au créneau. Le successeur potentiel de la chancelière a qualifié le député de Corrèze de « naïf ». « J’ai rencontré M. Hollande début décembre et je le reverrai à la mi-mars. L’une de mes questions sera la suivante: pensez-vous qu’il soit possible de revoir ou de renégocier tous ces accords encore une fois? Et je lui dirai: si c’est ce que vous croyez, vous êtes naïf », rapporte Le Figaro.

Mais l’ex-ministre allemand tempère et rappelle que François Hollande est en campagne électorale et qu’il faut en tenir compte : « Pour parler franchement, il est en pleine campagne électorale. S’il est élu, sa politique pourrait concrètement différer de ce qu’il a dit pendant la campagne ». Le candidat socialiste a en effet exprimé le souhait de renégocier le pacte de stabilité européen, dans le but d’éviter « l’objectif constitutionnel d’équilibrage des finances publiques », rappelle le quotidien.

Cette intervention est une manière de prouver une fois de plus que l’Allemagne soutient Nicolas Sarkozy, après la préférence affichée il y a quelques jours par Angela Merkel de voir l’actuel chef de l’État briguer un second mandat.

De son cote François Hollande doit avoir en tête le célèbre slogan de François Mitterrand, « La force tranquille » à quelques semaines maintenant du premier tour de l’élection présidentielle.
Le candidat PS semble vraiment serein malgré  ces declarations pour le moins « negative » et malgre l’annonce ce mercredi soir de la candidature de son adversaire Nicolas Sarkozy. « Ça ne change rien par rapport à la situation politique.  Chacun savait qu’il serait candidat. Et ça ne change rien par rapport à ma propre campagne. J’ai mon rythme, je le garde » affirme t-il au Monde.

Ajoutant avec une pointe de sarcasme: « Sans doute a t-il considéré qu’il était urgent de se déclarer… (…) qu’il fasse campagne comme il l’entend. Depuis le début, il pense qu’il est au centre de tout. Qu’il continue, et il va finir en dehors de tout. Il va s’épuiser lui-même ». Le candidat PS ne compte donc pas changer de ligne de conduite, puisque les sondages le place toujours en tête. Interrogé sur les possibles ralliements de Christine Boutin et de Hervé Morin, François Hollande ironise: « Je tremble. Après la tempête Boutin, vous croyez qu’il y aura la tornade Morin ? »

Du côté des alliés du leader de la gauche, même son de cloche, on prône l’indifférence et les petites piques: « C’est pas une information, juste une confirmation. Il est candidat à sa réelection depuis son élection. C’est un peu comme un épisode de Columbo: dès le début, on sait comment ça va se terminer » se confie Guillaume Bachelay au Monde. Si les prochains jours s’annoncent très chargés pour Nicolas Sarkozy, il en est de même pour François Hollande, le député de Corrèze se rendra dans son fief vendredi, puis à Guéret samedi, à Paris dimanche, le 22 février il tiendra un meeting à Évry, le lendemain il se déplacera en Mayenne avant de donner un meeting au Mans.

La force est peut-être tranquille en apparence, mais en coulisse la course fait rage.

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