– Obsèques de Dick UKEIWE –

 

Déclaration du sénateur  Pierre FROGIER

 Président du Rassemblement-UMP

06 septembre 2013

 

 

Avec le départ du vieux Dick, c’est un ami, c’est un grand frère, c’est un père, que nous pleurons aujourd’hui.

Pour tous ceux de ma génération, Dick UKEIWE a été un exemple, un modèle, une référence, et un guide.

 

Et alors que nous sommes réunis une dernière fois autour de lui, mes pensées vont, d’abord, à sa famille.

A ses enfants, à son clan.

A tous ceux qui l’ont entouré ces dernières années.

Ceux qui lui ont apporté leur soutien, leur consolation et leur réconfort quand il a été chassé de sa terre de Lifou.

Ceux qui sont restés auprès de lui, quand il été affaibli par l’âge et par la maladie.

 

Mais l’image que nous voulons garder de vous, Président, c’est celle du défenseur inlassable et infatigable de la Calédonie française.

 

Et, plus que tout, vous resterez pour nous le symbole et l’âme de la « résistance ».

Celui qui, aux côtés de Jacques LAFLEUR, dans une période sombre de notre histoire, a incarné le refus de ce que – contre notre gré – on voulait nous imposer.

 

Vous avez été ce président du Gouvernement, qui refusait la violence et l’injustice.

Ce sénateur, qui ferraillait, à Paris contre les volontés séparatistes du pouvoir socialiste.

Et qui séduisait et sensibilisait l’opinion publique métropolitaine qui était tenu éloignée des réalités.

 

Ce député européen, qui à l’autre bout du monde, représentait si bien notre Calédonie.

 

Dick, vous resterez pour nous, celui qui a su dire « non ».

Non, à ceux qui bafouaient les institutions de la République.

Non, à ceux qui voulaient que les kanak soient forcément indépendantistes.

Non, à ceux qui dénonçaient la force injuste de la loi.

 

Vous leur avez appris, à Paris, que l’on pouvait être mélanésien et fier d’être français.

Que l’on pouvait être mélanésien et aimer la France, profondément et charnellement.

Que l’on pouvait être mélanésien et gaulliste.

 

Et quand les familles et les clans étaient déchirés et ensanglantés par la violence des événements, vous avez appris aux calédoniens, qu’il fallait espérer, au-delà de toute espérance.

Pour avoir longuement cheminé avec vous, j’ai souvent été marqué par l’un des traits de votre personnalité.

Vous êtes aussi à l’aise à Lifou, qu’à Nouméa, à Paris ou à Bruxelles.

Vous assumez, à la fois vos origines, votre culture, votre identité mélanésiennes et françaises.

Fidèle à vos anciens, vous revendiquez ce double héritage.

Vous avez compris que la République française est la vraie garante du respect de l’identité et des valeurs mélanésiennes et c’est – je crois – l’un des messages essentiels que vous nous laissez aujourd’hui.

 

Dans ce beau discours, que vous avez prononcé le 24 janvier 1985, à la tribune du Sénat – et que chacun cite aujourd’hui – vous avez eu des mots très forts qui résonnent encore, par-delà, les années.

Vous avez dit notamment que

« La France et les Français, sentent instinctivement ce que les Calédoniens éprouvent profondément : il n’y a pas d’avenir, il n’y a pas d’unité, il n’y a pas de paix possible pour notre territoire sans la France. »

Ces mots, nous devons les garder précieusement et les transmettre à nos enfants, à nos petits-enfants, aux générations qui viennent après la nôtre.

 

Dick, nous garderons de vous, le souvenir de votre simple courage et de votre sincérité à fleur de larmes.

Celui aussi de votre élégance, d’aristocrate de l’éthique et de la parole.

Celui enfin de votre charisme et de votre panache blanc.

 

J’ai eu la chance la fierté de vous connaître, de vous suivre, de vous aider, de vous accompagner, de vous fréquenter dans vous dernières années.

Il faut avoir eu ce bonheur pour, aujourd’hui, vous pleurer.

 

Et je veux encore citer ce discours, dans lequel vous disiez aussi –« Nous ne méritons pas l’estime de nos fils si chacun d’eux ne peut trouver sa place en Calédonie, si chacun d’eux ne peut y cultiver son champ, si chacun d’eux ne peut, en paix, en savourer les fruits et en contempler le ciel. »

 

Dick, je veux l’affirmer ici.

 

Par votre action inlassable pour garder votre Calédonie dans la France, par le combat que vous avez mené, par les valeurs que vous avez défendues, vous méritez amplement l’estime de vos fils.

Et, au-delà, celle de tous les Calédoniens.

 

Au revoir Dick.

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3 commentaires

  1. j’ai connu l’homme ,c’était un brave type,affable souriant ,un gentil quoi.cependant je ne peux m’empêcher de penser que le discours de Frogier est une vaste comédie électorale .;N’ayant jamais appartenu au RCPR je ne sais pas exactement pourquoi i la été viré dur RCPR et est devenu un farouche opposant à Lafleur.Des rumeurs ont circulé mais c’est tellement facile à distiller et tellement impossible à s’en débarrasser
    j’emprunte à WIKI le passage suivant qui reflète bien la réalité
    La mise à l’écart puis la dissidence du RPCR (1989-1999)[modifier | modifier le code]
    Dick Ukeiwé – après avoir tenté sans succès de ravir la mairie de Dumbéa à Bernard Marant (élu en 1983 comme RPCR, il a quitté ce parti après la signature des accords de Matignon auquel il s’est opposé et a créé avec quelques dissidents du FN le petit mouvement Calédonie demain, il est réélu avec 51,1 % des voix) aux élections municipales de mars 198928 – pour la première fois depuis la création du parti en 1977, n’est présent sur aucune liste du RPCR aux élections provinciales du 11 juin 1989 qui font suite à la mise en place des nouvelles institutions prévues par les accords de Matignon. Il n’occupe donc plus à partir de cette date de mandats locaux. En revanche, il est candidat sur la liste d’union UDF-RPR de Valéry Giscard d’Estaing aux élections européennes du 15 juin 1989, en 10e position. Celle-ci obtenant 28,88 % des suffrages et 26 des 81 sièges à pourvoir, Dick Ukeiwé fait ainsi son entrée au Parlement européen à partir du 25 juillet suivant. Il le reste pendant toute la durée de cette législature, jusqu’au 18 juillet 1994. Comme l’ensemble des élus du RPR, il siège au sein du groupe du Rassemblement des démocrates européens (RDE)29. Il est le premier néo-calédonien à devenir député européen, et n’est suivi que vingt ans plus tard par Maurice Ponga, lui aussi Kanak anti-indépendantiste du Rassemblement, élu en 2009 sous l’étiquette UMP.

    Malgré ces deux mandats parlementaires, Dick Ukeiwé semble de plus en plus mis à l’écart des instances dirigeants du RPCR et s’éloigne de Jacques Lafleur. Ce dernier lui préfère le jeune kanak Simon Loueckhote comme candidat pour lui succéder au Sénat pour les élections du 27 septembre 1992. Ukeiwé se maintient toutefois, avec l’investiture du petit parti Calédonie demain (CD) créé en 1989 par des ex-RPCR emmenés par le maire de Dumbéa Bernard Marant, et risque ainsi de faire le jeu du candidat indépendantiste Rock Wamytan. Au premier tour de scrutin, Dick Ukeiwé réunit 44 votes de grands électeurs contre 172 chacun pour Loueckhote et Wamytan. Un second tour est alors organisé, et Ukeiwé demande à ses partisans de se reporter sur le candidat officiel du RPCR, qui est élu avec 192 votes contre 188 à l’indépendantiste, 5 qui maintiennent leur scrutin en faveur d’Ukeiwé et 3 blancs30. En janvier 1993, Dick Ukeiwé démissionne du RPCR, fonde son propre parti baptisé « Mouvement des Calédoniens et Loyaltiens libres » (MCLL) et appelle à un « toilettage des accords Matignon » en refusant de participer aux comités du suivi avec l’État, le FLNKS et le RPCR31. Il s’agit de la première dissidence d’importance au sein du principal parti anti-indépendantiste. Il se présente aux élections législatives du 21 mars 1993 contre son « ancien ami » Jacques Lafleur dans la 1re circonscription (à savoir Nouméa, l’île des Pins et les Îles Loyauté) : si le député sortant est une nouvelle fois réélu au premier tour, il obtient alors son plus mauvais résultat depuis sa première élection en 1978 (53,27 % des suffrages exprimés) contre 16,04 % à l’ancien sénateur qui arrive en deuxième position, devant le candidat du FLNKS Rock Wamytan (14,3 %)9.

    Par la suite, il soutient sans en faire partie « Une Nouvelle-Calédonie pour tous » (UNCT, créée par des dissidents récents partisans de la candidature de Jacques Chirac à l’élection présidentielle d’avril-mai 1995 alors que Jacques Lafleur avait pris parti pour Édouard Balladur) qui menacent sérieusement la domination du RPCR sur le camp anti-indépendantiste aux élections provinciales du 9 juillet 1995. Son fils Bernard est ainsi présent en 2e position sur la liste de ce nouveau mouvement dans les Îles Loyauté (elle ne va toutefois y obtenir aucun élu). Dick Ukeiwé se présente à nouveau aux élections législatives du 25 mai 1997 contre Lafleur dans la 1re circonscription, mais ne réunit cette fois-ci que 1 162 votes, soit 4,22 % des suffrages, tandis que la participation, en l’absence de candidat indépendantiste, est tombée à 55,22 % des inscrits32. Il s’oppose ensuite à l’accord de Nouméa et monte une liste de droite anti-accordiste aux provinciales du 9 mai 1999 dans le Sud avec un autre dissident du RPCR et de l’UNCT, l’avocat Denis Milliard (qui fut son « ministre » au sein de l’exécutif local dans les années 1980) et le MPF local créé en 1995 sur la base de l’ancien Front calédonien (FC) anti-autonomiste de Claude Sarran. Baptisée « Calédonie autrement », et avec Ukeiwé en troisième position derrière Milliard et Sarran, elle ne totalise toutefois que 1 912 votes et 3,86 % des suffrages exprimés33.

    Il se retire ensuite de la vie politique et le MCLL disparaît.

    il avait raison de ne pas vouloir signer les ADN que Frogier a signé lui…

    il représentait aux yeux de la haute administration Française et des élus notamment socialistes mais pas seulement un traitre à son ethnie.Rocard vient de le confirmer

    il n’avait pas compris le lavage de cerveaux en métropole
    mes condoléances à la famille un homme bien nous a quitté

  2. Arrete Pierrot tu va encore prendre une claque et celle la elle va faire mal….
    En fait Frogier c’est un peu le bayrou calédonien…lol

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