Les promoteurs immobiliers français ont prédit jeudi que l’année 2012 serait la plus mauvaise depuis 17 ans en termes de ventes et que 2013 ne serait pas meilleure.

« La Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) a dû revoir à la baisse le chiffre des ventes prévisionnelles en 2012 qui devrait être compris entre 68.000 et 72.000 unités, contre 80.000 envisagées au début de l’année », a déclaré son président François Payelle lors d’une conférence de presse.

En effet, la situation s’aggrave. Les ventes de logements neufs par les promoteurs ont ainsi chuté de 31% au troisième trimestre par rapport à la période correspondante de 2011, après -23% au premier trimestre et -27% au 2e trimestre, selon la FPI.

Aussi, l’année 2012 devrait atteindre le niveau le plus bas depuis 17 ans (62.900 en 1995), très loin du record de l’année 2007 (127.300).

Plusieurs raisons expliquent, selon les promoteurs, cet effondrement: forte réduction de l’avantage fiscal pour l’investissement locatif (dispositif « Scellier »), attentisme des ménages, prix élevés (+4% au 3ème trimestre) et durcissement des critères d’octroi des crédits aux acquéreurs par les banques.

La baisse est surtout sensible dans le segment des ventes aux investisseurs achetant pour louer qui devrait diminuer de moitié entre 2011 et 2012 (31.000 contre 58.900).

Une petite éclaircie est toutefois apparue avec le vote de l’Assemblée Nationale permettant aux bénéficiaires du dispositif « Scellier » de pouvoir signer l’acte final de vente chez le notaire jusqu’au 31 mars 2013 au lieu de la date butoir du 31 décembre 2012 prévue à l’origine.

Le dispositif « Duflot » voté

Ce qui permettra de faire la soudure avec le dispositif « Duflot », du nom de la ministre du Logement, voté jeudi à l’Assemblée Nationale et qui se mettra en place à partir du 1er janvier 2013.

Ce dispositif se veut plus incitatif et plus social avec une réduction d’impôt de 18% étalé sur neuf ans (contre 13% en 2012 pour le « Scellier ») sur le prix de vente (plafonné à 300.00O euros), un plafonnement des loyers inférieurs de 20% aux loyers de marché et réservé aux zones où les besoins se font le plus sentir.

Les promoteurs demandent toutefois que des agglomérations supplémentaires soient éligibles à ce nouveau dispositif comme Manosque (Alpes-de-Haute-Provence), une petite ville de 23.000 habitants, près de laquelle est édifié Iter, le réacteur expérimental international à fusion nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône), qui va nécessiter la construction de plusieurs centaines de logements.

L’effondrement des ventes est d’autant plus surprenant que les taux d’intérêt des crédits immobiliers accordés par les banques sont près de leur plus bas historique (3,25%) avec une moyenne de 3,37% en octobre.

« Le recul des taux crée ainsi un effet d’aubaine et permet à certains d’emprunter de nouveau. Même si dans les faits – et c’est là tout le paradoxe – l’attentisme demeure », a souligné, lors d’une autre conférence de presse, Hervé Hatt, directeur général de Meilleurtaux.com, filiale du groupe bancaire BPCE.

L’année 2013 ne devrait pas, selon la FPI, être meilleure, avec une prévision d’environ 70.000 logements, partagée à moitié entre les ventes aux investisseurs et celles aux accédants à la propriété.

Surtout que, dans son projet de budget pour 2013, le gouvernement a abaissé à 10.000 euros le plafond au-delà duquel il n’est plus possible de bénéficier d’avantages fiscaux pour une vingtaine de « niches », dont le « Duflot », ce qui risque de freiner la volonté d’achat des ménages fortunés.

( Sources : AFP Copyright © 2012 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.)

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