L’accès à Google sans filtrage ne devrait pas durer », prévient le quotidien hongkongais.

Le 13 janvier, Google a annoncé qu’il ne se soumettrait plus aux diktats de la censure chinoise.
Ont aussitôt été rendues accessibles, sur la version chinoise de son moteur de recherche, des informations sur la répression de Tien’anmen ou à propos du dalaï-lama.
« Les dirigeants chinois n’ont pas officiellement réagi.
Mais les experts ne doutent pas que Google doive pour finir quitter le marché chinois, laissant Pékin garder Internet sous bonne coupe. »

WASHINGTON, 14 janvier (Reuters) – La Maison blanche soutient la décision de Google (GOOG.O: Cotation) de ne plus soutenir la censure chinoise concernant les recherches sur internet effectuées à partir de son moteur, a annoncé mardi son porte-parole Robert Gibbs.
Après la menace de Google de quitter la Chine, Pékin a défendu jeudi sa politique de contrôle de l’internet.
Prié de dire si ce problème allait assombrir les relations américano-chinoises, Robert Gibbs a répondu que le président Obama croyait fermement en l’universalité des droits des hommes et des femmes du monde entier et que certains pays ne pouvaient y déroger.
(Jeff Mason, version française Danielle Rouquié)

 
Google en Chine: les concurrents ne suivent pas la menace d’un retrait (AFP) – Il y a 12 heures

 WASHINGTON — Les concurrents de Google, notamment Microsoft ou Hewlett-Packard (HP), n’ont pas l’intention de le suivre dans sa menace de se retirer de Chine, après les attaques informatiques massives dont il a été victime, constate jeudi le Financial Times sur son site internet.
Le PDG de Microsoft, Steve Ballmer, cité par le quotidien, décrit l’affaire comme « le problème de Google ». « Toutes les grandes organisations sont attaquées. Je ne pense pas que ce soit un changement fondamental de la sécurité sur Internet », a-t-il indiqué.
Interrogé pour savoir si Microsoft allait arrêter de filtrer les résultats de son moteur de recherche Bing en Chine, il a refusé de répondre.
Mark Hurd, le PDG de Hewlett-Packard, également repris par le Financial Times, a décrit la Chine comme « un marché incroyable avec un croissance énorme ».
Les deux PDG ont aussi minimisé l’ampleur de l’attaque, décrite par Google comme « très sophistiquée et ciblée », indique le quotidien. « Je n’aimerais pas me précipiter sur cet exemple pour affirmer que c’est une menace pour les nouvelles technologies », a expliqué M. Hurd.
Mercredi, Yahoo avait en revanche soutenu Google, sans préciser si son groupe avait également été victime d’attaques.
« Nous condamnons toute tentative d’infiltration dans les réseaux d’entreprises destinée à obtenir des informations sur les utilisateurs », avait indiqué un porte-parole.
« Nous soutenons que ces genres d’attaques sont profondément dérangeantes et croyons fortement que nous, les pionniers d’Internet, devons tous nous opposer à la violation de la vie privée des utilisateurs », avait-il ajouté.
Google a également reçu mercredi des soutiens du Congrès américain et de la Maison Blanche, qui a indiqué qu’elle soutenait un « internet libre » et confirmé avoir discuté avec Google des attaques informatiques « venant de Chine » dont le géant américain de la Toile s’est dit victime.

 

Mian Mian déclenche un second conflit entre la Chine et Google

Cette fois-ci, ce n’est pas parce qu’elle continue d’écrire sur le sexe, la drogue et la décadence dans le Shanghaï postmoderne du début du XXIe siècle que l’enfant terrible d’une certaine littérature chinoise contemporaine est de nouveau celle par qui le scandale arrive : Mian Mian, que son livre Les Bonbons chinois (L’Olivier, 2001) avait fait connaître du grand public, traîne en justice Google, accusant le moteur de recherche américain d’avoir scanné son dernier ouvrage, Acid Lovers, et de l’avoir mis en ligne sans la prévenir ni lui verser des droits d’auteur. Elle demande l’équivalent de 6 000 euros de dommages et intérêts et exige de solennelles excuses. Cette fois-ci, Mian Mian, 40 ans, qui fut il y a une décennie l’une des figures centrales d’une « nouvelle vague » chinoise de jeunes femmes écrivains, est du côté de la loi et se pose en défenseur de la littérature à l’heure d’Internet.

Fin décembre, lors d’une audition qui a eu lieu dans un tribunal de Pékin – sans la présence de l’intéressée -, le juge a conseillé aux deux parties de négocier un compromis. Une porte-parole de Google Chine, Marsha Wang, avait fait savoir au préalable que sitôt la plainte déposée, la compagnie s’était empressée de retirer ce troisième roman de Mian Mian de son site. L’avocat de l’écrivain, Sun Jingwei, a répliqué que le livre pouvait encore en partie être consulté au moyen de mots-clés. Google doit supprimer « l’intégralité de tous les passages du livre », a précisé Maître Sun, qui estime qu’« un tel comportement (de la part du géant américain) est une claire violation des droits de l’auteur : nous exigeons des excuses publiques ! » En ce début 2010, il reste donc à attendre les résultats des négociations en cours entre l’écrivain et Google.

Mais l’affaire dépasse le simple et justifié courroux d’une romancière dont les trois livres, tous jugés trop pernicieux par la censure, restent interdits en Chine : elle pose plus généralement le problème de la façon dont Google se permet librement de mettre en ligne des ouvrages, une attitude qui a provoqué de virulentes réactions dans les milieux littéraires des Etats-Unis et d’Europe. Cette fois-ci, c’est en Chine, par ailleurs empire de la contrefaçon, royaume des droits de propriété intellectuels bafoués, que les milieux du livre ont réagi : la China Written Works Copyright Society, une association dépendant du gouvernement, a demandé à Google de négocier des compensations pour les auteurs chinois victimes de ces mises en ligne « sauvages ».

Même si Mian Mian est le seul écrivain à avoir pour l’instant traîné Google en justice, la compagnie américaine avait pris dans un premier temps les mesures qui s’imposent : le 9 janvier, cédant aux pressions de Pékin, elle avait envoyé à l’Association des écrivains chinois une lettre dans laquelle des excuses étaient adressées aux auteurs victimes de son indélicatesse et où elle proposait à son tour de négocier avec ces derniers des montants de copyright…

Censure et copyright

Mercredi 13 janvier, tout est brutalement remis en question : Google, qui aurait dû dresser la liste des 18 000 ouvrages qu’elle a scannés, annonce que les négociations sont repoussées sine die. La raison de ce retournement est vraisemblablement liée à une décision beaucoup plus spectaculaire annoncée le même jour : le plus grand moteur de recherche mondial a décidé de ne plus se plier à la censure chinoise, comme il l’avait accepté en 2006 pour faciliter sa percée sur le marché (lire page 12).

La polémique sur les droits de copyright en littérature aura suscité les sarcasmes d’un jeune écrivain connu, l’ineffable Han Han qui, de livres en blogs provocateurs, ne cesse de dénoncer les travers de ses concitoyens, et notamment leur penchant pour le nationalisme. « Moi, j’aimerais bien que Google scanne mes livres, grince-t-il sur son blog. Rien que pour une table des matières, on peut leur demander 60 dollars ! Mais quand l’un de mes romans, un livre de 220 000 caractères, a été repris en entier par des sites chinois, personne ne m’a rien payé, et jusqu’à aujourd’hui, ils font la sourde oreille. Non seulement je n’ai rien touché, mais mon livre reste consultable sur leurs sites ! »

Han Han souligne aussi que le comportement de Google a déclenché des réactions à la fois prévisibles et extrêmes, certains internautes comparant l’attitude du moteur de recherche américain à celle des « impérialistes » au temps des guerres de l’opium… Le bloggeur 88yuhs se félicite ainsi que la Chine, « humiliée dans le passé, soit aujourd’hui une puissance qui peut désormais dire non à haute voix au lieu de rester silencieuse comme elle le faisait auparavant ». Mais, pour l’heure, c’est Google qui dit non, et la polémique provoquée par Mian Mian est supplantée par l’attitude soudainement rebelle de la compagnie qu’elle avait attaquée…

Bruno Philip
 

La Chine à Google: La loi, c’est la loi

CENSURE – Pékin ne semble pas vouloir faire une exception pour le géant américain. Qui pourrait donc bien faire ses valises…

De notre correspondant à Los Angeles
 
Dans le bras de fer qui s’est engagé entre Google et le gouvernement chinois autour de la censure, Pékin ne semble pas disposé à bouger d’un pouce. «Le gouvernement administre Internet en accord avec la loi, et nous avons des règles explicites sur ce qui peut s’y propager», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Jiang Yu. Il a expliqué que les entreprises étrangères respectant ces principes étaient les bienvenues.
 
Wang Chen, le directeur de l’information du gouvernement, est allé plus loin. Il a fait l’apologie de la censure, expliquant qu’il était nécessaire de «guider» l’opinion pour «assurer la stabilité nationale». Et pas question de faire une exception pour Google. Cela créerait «un dangereux précédent» pour le gouvernement, explique l’expert Huang Jing à Bloomberg.
 
Rester ou partir
 
Ces déclarations semblent enterrer les espoirs de Google. L’entrprise avait annoncé mardi qu’il discuterait avec le gouvernement afin de voir si une solution pouvait être trouvée pour proposer une version non censurée de son Google.cn. Suite à des «cyber-attaques très sophistiquées» visant des militants des droits de l’homme dont Google, Yahoo ou encore Adobe disent avoir été victimes, le leader de la recherche a annoncé qu’il ne comptait plus se plier aux exigences de Pékin.
 
Menaces dans le vide? Pas vraiment. Google se dit prêt à se retirer du marcher chinois et à fermer ses bureaux, en cas de refus de Pékin. Tout ça sur le refrain «les droits de l’homme avant le business». Ce dernier n’ a pas complètement été chanté à l’unisson: selon le Wall Street Journal, le cofondateur Sergey Brin est pour, le CEO Erich Schmidt, contre.
 
Les salariés chinois de Google en congés forcés?
 
Google seul n’a clairement pas le poids suffisant. Mais Yahoo s’est dit «solidaire», et surtout, le département d’Etat américain a indiqué qu’il «se penchait sur le problème». De là à voir un Obama faire pression sur Pékin pour ouvrir davantage Internet, il y a un grand pas. Pas sûr que le président américain soit trop vocal, alors que les Etats-Unis ont besoin de la Chine pour acheteur de bons du Trésor et financer les plans de relance.
 
Dans l’immédiat, TechCrunch et Bloomberg rapportent que les salariés chinois de Google auraient été en congés forcés mercredi. Officiellement, «afin de procéder à une opération de maintenance» et de s’assurer que les serveurs étaient sécurisés après l’attaque.
 
Google doit-il partir de Chine? Ou laisser un peu plus le monopole au local Baidu –plus enclin à pratiquer la censure– revient-il à abandonner les internautes chinois? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.

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