Voila un temoignage aupres d’un riverain sur leur nouvelle cohabitation pour le moins contre nature mais qui semble finallement convenir a tout le monde :

Ca fait mal de voir cette usine qui surplombe la mangrove, pourtant elle a amélioré ma vie, confie Paulette Poeni, pêcheuse de crabes de la tribu d’Oundjo dans le nord de la Nouvelle-Calédonie où une gigantesque usine de traitement de nickel est en chantier.

Comme toutes les femmes d’Oundjo sur la commune de Voh, à 300 km au nord de Nouméa, Paulette, dynamique quinqua, est une pêcheuse. Crabes, holothuries, picots, coquillages… le lagon est un garde-manger généreux.

Mais désormais, sa zone de pêche a changé de visage. Dans la baie de Vavouto, derrière les flots bleutés et les touffes de mangrove surgit une cathédrale de tuyaux. C’est l’usine que construisent le géant minier anglo-suisse Xstrata et son partenaire calédonien, SMSP (Société minière du sud pacifique), dirigée par les indépendantistes kanaks.

Symbole du rééquilibrage économique en faveur des populations kanaks, cette unité de 5 milliards de dollars US, d’une capacité de 60.000 tonnes annuelles de nickel, exploitera à compter de fin 2012 le richissime massif du Koniambo.

Projetée dans la mondialisation, la vie des villages et des tribus kanaks est chamboulée par ce développement accéléré et les milliards investis.

La plupart des jeunes des tribus ont été embauchés à l’usine. Maintenant on ne les voit plus sur le bord des routes aller aux champs avec un sabre d’abattis, explique Paulette Poeni, regrettant que le dialecte local, le boato, soit aussi de moins en moins usité.

Avec le salariat, elle observe que des valeurs fondatrices de la société kanak comme la solidarité entre les générations, le partage communautaire ou le respect des anciens se perdent.

Aujourd’hui, c’est l’argent d’abord. On devient plus individualiste, souligne-t-elle.

Pourtant, Paulette Poeni, veuve, se réjouit de la construction de cette usine, voulue par sa communauté, car elle lui a permis de multiplier ses activités et d’améliorer sa vie quotidienne.

Avant, les colporteurs nous achetaient le kilo de crabes à 500 ou 700 francs (4 à 6 euros). Maintenant comme il y a plus de clients, les femmes se sont associées et ont fixé le prix à 1.000 francs.

Sur le bord de la route, Koniambo Nickel, la coentreprise industrielle, a construit un petit marché, fraîchement peint, où les femmes vendent leur pêche deux fois par semaine.

Lors de l’étude d’impact du port de l’usine, Paulette Poeni, qui connaît la zone comme sa poche, avait été embauchée pour faire des relevés d’algues en mer.

Elle continue sa mission aujourd’hui en collectant des graines et en replantant de la mangrove sur certains sites autour de l’usine. Le programme financé par l’industriel doit compenser les 4,5 hectares de palétuviers détruits avec le dragage du port.

Grâce à ces revenus, la pêcheuse a pu faire un microcrédit et s’acheter un bateau à moteur de 5 mètres.

Avant, je pêchais avec un sac dans le dos, et je faisais des kilomètres à pied pour aller jusqu’aux palétuviers. Avec un bateau, c’est le paradis!, confie Paulette Poeni dans un éclat de rire.

Pour entretenir le vaste terrain autour de sa petite maison, elle s’est aussi offert une tondeuse et une débroussailleuse. Et bientôt, si l’argent continue de rentrer, elle construira une cuisine kanak dehors pour cuire au feu de bois.

Ce n’est plus la vie d’avant!, lance l’habitante de la tribu d’Oundjo.

 ( sources Romandie)

2 COMMENTS

  1. mais bien sûr que l’usine a ses avantages au niveau économique mais cela reste à le démontrer au niveau du futur avec les risques qui pésent sur l’environnement. sinon fin content pour les gens comme Paulette à qui je souhaite une bonne fin d’année de même que les gens d’Oundjo qui nous ont bien accueillis.

  2. mais bien sûr que l’usine a ses avantages au niveau économique maintenant cela reste à le démontrer au niveau du futur avec les risques qui pésent sur l’environnement. sinon fin content pour les gens comme Paulette à qui je souhaite une bonne fin d’année de même que les gens d’Oundjo qui nous ont bien accueillis.

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