Il y a de plus en plus de risques à détenir du cash ou de l’or dans une banque. Plus bas, j’évoquerai les difficultés rencontrées par certains clients pour retirer de l’argent liquide ou de l’or de leur banque.

“Risque” provient du mot grec ancien “rhiza”, signifiant “falaise” ou “racine” (par extension “base d’une montagne”, “écueil”). Les écueils et falaises étaient donc les “risques” rencontrés par les marins, et notamment par Ulysse lorsqu’il navigua entre Scylla et Charybde. Une définition plus moderne du risque est “Identification et évaluation des dangers qui pourraient nous empêcher d’atteindre nos objectifs”.

Très peu de personnes ont la capacité d’identifier les risques énormes auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés. Et parmi ceux qui parviennent à les identifier, peu ont la capacité de les évaluer ou de prendre les mesures de protection nécessaires.

 Le monde n’est pas préparé à ce qui se profile

Un risque maximal exige une protection maximale. Mais le monde n’est pas du tout préparé aux catastrophes à venir. Même au plus haut niveau, les gouvernements se concentrent sur les problèmes politiques habituels plutôt que de traiter la question urgente de l’économie mondiale.

Par exemple, les problèmes internes aux États-Unis, au Royaume-Uni, en France et en Allemagne, sont insignifiants comparés à l’effondrement potentiel du système financier et de l’économie mondiale. Mais ces problèmes occupent clairement l’esprit des dirigeants, probablement parce qu’ils ne voient pas le nuage noir qui plane sur l’économie mondiale.

 Brexit – Un échec

Au Royaume-Uni, Theresa May a gâché le Brexit. Le peuple britannique a voté pour quitter l’UE, mais tout ce que Mme May a obtenu après deux ans est un accord qui laisse le Royaume-Uni avec la quasi-totalité des obligations et des lois de l’UE, mais sans aucun pouvoir ni influence. En plus de cela, le Royaume-Uni va payer une facture de 39 milliards de livres sterling à Bruxelles. May restera-t-elle en place, le Brexit n’aura-t-il pas lieu ? Personne ne sait à ce stade. Mais nous savons que Bruxelles, de même que la France et l’Allemagne, cherchent désespérément à maintenir cet édifice artificiel. Avec des problèmes partout et une opposition croissante au sein de l’UE, ce ne sera qu’une question de temps avant que l’Europe ne s’effondre. La prochaine récession économique s’en chargera.

 Les dirigeants occidentaux ne sont pas en odeur de sainteté

Merkel et Macron sont maintenant très impopulaires dans les sondages. Seuls 17% des Allemands sont satisfaits de Merkel, tandis que Macron est approuvé par 29% des Français.

Aux États-Unis, le taux de popularité de Trump est d’environ 40 %. Mais il est maintenant un président affaibli et aucune décision majeure ne sera adoptée par les deux chambres. Lorsque l’économie et le marché boursier s’effondreront, au cours des deux prochaines années, la popularité de Trump chutera rapidement, comme tous les présidents dans ce genre de période.

 Les turbulences politiques et financières qui se profilent à l’horizon

La situation est donc similaire dans toutes les grandes nations occidentales. La popularité des dirigeants baisse, mais ce n’est qu’un début. La chute des marchés boursiers et de l’économie déclenchera des problèmes politiques dans la plupart des pays, de nouvelles élections, des votes de défiance ou des tentatives de destitution. Tout cela fera partie de la tourmente politique et économique dans laquelle nous serons plongés au cours des prochaines années.

Y a-t-il une solution ?

À mon avis, non. Avec une dette de 250 000 milliards $ et 2 quadrillions $ de dérivés et passifs non capitalisés, le monde ne pourra éviter les difficultés. Vous ne pouvez pas résoudre un problème en utilisant les mêmes moyens qui l’ont créé. Mais comme les banquiers centraux n’ont pas d’autres armes dans leur arsenal, ils continueront à imprimer des quantités illimitées de monnaie. Je ne serais pas surpris de voir le dollar transformé en crypto-monnaie afin de faire croire aux gens tous les problèmes d’endettement sont résolus.

 Le patron du FMI demande aux banques centrales d’émettre des monnaies numériques

Le patron du FMI, Christine Lagarde, a exhorté les banques centrales à se pencher rapidement sur la création de monnaies numériques ou crypto-monnaies afin de remplacer celles émises par le secteur privé qui “sont intrinsèquement instables” et aussi “des refuges pour les fraudeurs et les blanchisseurs d’argent”.

Il est clair pour moi que les gouvernements et le FMI ne laisseront jamais les crypto-monnaies privées devenir un moyen de paiement majeur. Au lieu de cela, comme le propose Lagarde, les cryptos émises par les gouvernements deviendront un système réglementé par les banques centrales. Le crypto-dollar sera la nouvelle monnaie fiduciaire parfaite à émettre lors d’une réinitialisation monétaire.

Mais plus de création et de manipulation monétaire ne résoudra pas le problème de la dette mondiale, même si c’est ce que les gouvernements essaieront de faire croire.

 La dette ne peut pas être gonflée

Plus le système financier sera sous pression, plus les gouvernements prendront des mesures de panique. Quoi qu’ils fassent, ils ne pourront jamais se débarrasser de la dette. Ils ne peuvent l’alléger en ayant recours à l’inflation. Étant donné que la dette a augmenté de façon exponentielle en période de prospérité, il ne faut pas s’attendre à ce qu’elle puisse être remboursée en période de crise. D’autant plus que, au cours du prochain ralentissement économique, les banques centrales perdront le contrôle des taux d’intérêt qui monteront rapidement avec la panique et la défaillance des marchés obligataires.

Depuis 1971, le monde est en perpétuelle expansion de la dette. Cela a commencé au début des années 1960 et, depuis, les États-Unis ont augmenté la dette fédérale chaque année. Puis, lorsque Nixon a mis fin à la convertibilité du dollar en or en 1971, l’impression monétaire est devenue une aubaine pour la plupart des gouvernements. Il est tellement plus facile d’imprimer de l’argent quand on en a besoin que d’essayer de joindre les deux bouts. Cela a été la norme non seulement pour les gouvernements, mais aussi pour les particuliers.

 L’or reprendra son rôle de seule monnaie réelle

À mesure que la crise financière s’intensifiera, le rôle de l’or en tant que seule monnaie sûre suscitera de plus en plus d’intérêt. Cela coïncidera avec la poursuite de la phase haussière du marché de l’or qui a débuté en 1999 et a corrigé à partir de 2011-2012. En dollars américains, la correction s’est terminée en décembre 2015, mais dans de nombreuses autres devises comme le dollar canadien ou l’euro, le plus bas niveau a été atteint en 2013. La prochaine hausse de l’or devrait avoir lieu avant la fin de l’année.

Dans un monde où le risque est à son maximum, détenir de l’or est une assurance et un moyen de protéger son patrimoine. Mais il est essentiel non seulement de détenir de l’or, mais aussi de savoir comment le détenir. De plus en plus d’Américains veulent stocker leur or en Suisse en raison des risques qu’ils encourent en le conservant aux États-Unis, qu’il s’agisse de confiscation ou de renflouement interne. Les Allemands s’inquiètent également des lois que le gouvernement allemand ou l’UE imposeront et, par conséquent, sortent leur or d’Allemagne.

 Ne stockez pas votre Or dans une banque

J’ai souvent recommandé de ne pas détenir son or dans une banque. Il peut faire l’objet d’un renflouement ou d’un gel d’actifsmême s’il est détenu dans un coffre privé. S’il est conservé dans le coffre-fort général de la banque, les risques sont beaucoup plus élevés. Nous avons eu de nombreux exemples de lingots d’or que le client pensait avoir achetés mais qui n’étaient pas là. Lorsque le client a voulu récupérer son or, la banque a dû trouver de nouveaux lingots. Même les barres allouées, en banque, sont risquées.

Nous constatons aussi, de plus en plus fréquemment, que même les banques suisses résistent aux tentatives des clients de retirer leur or ou leur cash. Ils inventent toutes sortes d’excuses de manière à ce que les clients ne puissent retirer que 100 000 CHF (ou dollars) par an en espèces ou en or.

Une banque suisse a récemment indiqué qu’un retrait de plus de 500 000 CHF nécessitait l’approbation du conseil d’administration. Il est bien sûr totalement ridicule qu’un client soit dans l’impossibilité de retirer son propre argent ou ses propres actifs. Mais c’est la réalité. Non seulement les banques ne sont plus des institutions sûres pour garder votre argent ou vos actifs, mais une fois que la banque détient tout, vous ne pouvez plus retirer.

Selon moi, aucun actif important ne devrait être conservé dans le système bancaire, à l’exception de suffisamment de liquidités pour les dépenses quotidiennes. L’or (et l’argent) est totalement liquide et facile à convertir en monnaie fiduciaire en cas de besoin de liquidités. Mieux vaut détenir des actifs sous la forme de métaux physiques, sous votre propre contrôle. L’ensemble des actifs détenus dans une banque sont exposés aux risques de renflouement, de dégradation, de restrictions de liquidité (par exemple en Argentine), de fraude ou de faillite.

Egon von Greyerz

Business Bourse / Gold Broker via Aphadolie

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