Suite  aux propos du ministre des Outre-mer Victorin Lurel, qui a utilisé le terme « Nouvelle-Calédonie Kanaky » pour désigner cet archipel en cours de décolonisation  http://www.cagou.com/blog/100-nouvelle-caledonie/lump-condamne-les-propos-du-ministre-victorin-lurel-sur-la-kanaky/ , les reactions ne se sont pas fait attendre  !

Le nouveau député de la droite centrale, Philippe Gomes, qui a lui qualifié de « maladresse » les déclarations de Victorin Lurel, estimant que  le ministre « avait empiété sur la souveraineté calédonienne » a reagit aussi par ecrit.

Voila le courrier  qu’il a adresse au ministre de l’outre mer , co-ecrit avec Sonia Lagarde, qu’un internaute a eu l’amabilite de nous faire suivre 🙂

Sonia LAGARDE
Philippe GOMÈS
Députés de la Nouvelle-Calédonie

Nouméa, le 1er août 2012

Monsieur le ministre,

La presse de ce jour relate que, lors de votre entretien avec M. le président de la province Nord, vous auriez, au motif qu’il faut « respecter toutes les parties » et que le nom « Nouvelle-Calédonie » serait « connoté », parlé successivement de la « Kanaky » et de la
« Nouvelle-Calédonie-Kanaky ».

Nous souhaitons donc vous rappeler que la Constitution de la République, ainsi que l’accord de Nouméa et la loi organique « relative à la Nouvelle-Calédonie », ne retiennent pour notre pays qu’un seul nom, celui de Nouvelle-Calédonie. Le vocabulaire officiel de la
République n’a rien de « connoté », au contraire du mot « Kanaky ». Ce vocabulaire officiel s’impose à l’évidence aux ministres de la République, comme cela a été le cas pour tous les gouvernements, de droite comme de gauche, depuis la signature des Accords de
Matignon en 1988.

Ce dérapage – car c’en est un – est d’autant plus regrettable que le nom du pays fait partie du champ d’exercice de la souveraineté calédonienne. En effet, selon le paragraphe 1.5 de l’accord de Nouméa, changer le nom « Nouvelle-Calédonie » en un nouveau nom exprimant « l’identité kanak et le futur partagé entre tous » suppose le vote d’une loi du pays par trois cinquièmes des membres du congrès. Il s’agit donc d’un choix qui appartient aux Calédoniens et à eux seuls. Ce choix est devant nous, et il n’est pas question que l’Etat nous impose ses vues, quelles qu’elles soient.

D’ailleurs, lors de sa déclaration à l’attention des députés et sénateurs de l’outre-mer,
le 25 juillet dernier, M. le premier ministre avait annoncé, en votre présence, qu’il serait « personnellement très attentif à ce que l’État tienne pleinement son rôle de partenaire mais aussi de point d’équilibre » dans la mise en oeuvre de l’Accord de Nouméa, ainsi
que sa « détermination à ce que l’accord soit respecté et appliqué dans toutes ses dimensions mais en totale transparence, dans la fidélité à une approche fondée sur la recherche du consensus ».

Force est de constater que, lorsqu’un ministre utilise un vocabulaire qui n’appartient qu’à une seule partie, l’Etat n’est plus un « point d’équilibre ». Et que, lorsque de telles initiatives sont prises unilatéralement, on n’est plus dans la « recherche du consensus ».

Nous formulons l’espoir que vos paroles ne se voulaient qu’un rappel aux dispositions de l’Accord de Nouméa, qui nous obligent à traiter avec sérieux et responsabilité la question des signes identitaires, dans toutes ses dimensions. Vous connaissez à ce
sujet la position de notre mouvement politique : seul un dialogue de qualité entre les élus, associant la société civile, pourra conduire à l’adoption de signes identitaires qui rassemblent les Calédoniens et qui symbolisent le « destin commun ».

C’est d’ailleurs d’abord cela que les Calédoniens ont tenu à rappeler lors des dernières élections, après qu’un drapeau divisant le pays leur ait été imposé sans concertation. Pour cette raison, nous rendrons publique la présente lettre.

Enfin, Les Nouvelles Calédoniennes de ce jour précisent que vous avez tenu un langage identique « devant les autres » ; sous-entendu : devant les représentants de la sensibilité non-indépendantiste. Nous constatons, en ce qui nous concerne, que, lors de nos entretiens, vous n’avez jamais utilisé le terme « Kanaky » pour parler de notre pays.
Nous vous prions de croire, Monsieur le ministre, à l’assurance de notre haute considération.

Monsieur Victorin LUREL
Ministre des outre-mer
27, rue Oudinot
75007 PARIS

3 COMMENTS

  1. Ce Ministre a merdé un point c’est tout…
    C’est le PF du PS ???? hihihihihihi !!!

    Il n’a en effet pas à nous faire le coup de la double légitimité… C’est pas son job…!!!

    Utiliser le terme Kanaky est en effet connoté, alors que l’usage de NC est le mot le plus approprié à l’heure actuelle…

    Kanaky n’est pas un gros mot, c’est une sottise…!!!

    Maintenant, c’est peut-être l’occasion pour le camp loyaliste de « s’accorder » un moment de répit et même une période d’action commune, histoire de renouer un temps soit peu les liens fort distendus de ces deux dernières années…

    Avec un peu de chance on finira par remercier M. Lurel….!!!

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