La citoyenneté est la manifestation d’une identité commune car chaque citoyen :
– possède la même nationalité, lien juridique qui lit chaque individu au pays, commun à tous les citoyens, quelle que soit la façon dont ils ont acquis la nationalité (droit du sang, droit du sol, naturalisation, mariage). Il est le signe que l’on fait partie d’un groupe particulier, non seulement sur le plan strictement juridique, mais également de manière très pratique. Ainsi, à l’occasion de voyages à l’étranger, on peut être plus sensible à ce caractère d’appartenance.
– est détenteur de ses droits politiques lui permettant de voter et d’être élu;
– est détenteurs de ses droits et obligations civiques, en participant à la vie de la cité, que ce soit au travers d’associations ou tout simplement, par sa contribution financière par le biais des impôts;
– partage une identité culturelle et une histoire commune.

Malheureusement, la NC en créant ou adoptant temporairement certains signes identitaires sans définir la citoyenneté calédonienne au préalable, n’a fait que renforcer les oppositions au lieu de tendre vers un rapprochements des communautés qui ont construit et construisent aujourd’hui la NC : il aurait été judicieux d’initier ses contours au lendemain des évènements au lieu de botter en touche, et qui amène au triste constat que la tache sera très difficile et demandera quelques générations pour arriver à identité commune sous laquelle chacun pourra se reconnaitre.
D’ailleurs, l’hymne « hybride » des jeux du Pacifique en est la parfaite illustration puisqu’il est rejeté par la majorité des calédoniens, pour diverses raisons, quelle que soit la sensibilité, politique ou non, des calédoniens.

Un second facteur aggravant est directement issu des ADN : c’est la juxtaposition de 3 statuts régissant la qualité de chaque citoyen calédonien :
– le statut coutumier;
– le statut de droit civil garantissant à tous calédoniens la jouissance de l’ensemble de ses droits politiques;
– les exclus du corps électoral, ayant investit et contribuant à l’essor de la NC, y compris les enfants nés sur le territoire de parents métropolitains.
Sur ce point, les indépendantistes militent et ne cachent pas leur objectif d’imposer une identité commune qui repose sur la coutume : de facto, la citoyenneté ne pourrait être que liée à l’appartenance tribale, condamnant de nombreux calédoniens à se considérer comme apatride chez eux, déchus de leurs droits politiques et de certains droits civiques.
Comment tendre vers un destin commun, basé sur l’égalité en droits et devoirs de tous citoyens, lorsque dés le départ, les dés étaient pipés en catégorisant ses citoyens?

Mais la principale erreur des ADN a été de donner la préférence au partis politiques indépendantistes pour représenter une communauté canaque en lieu et place du sénat coutumier, dont la légitimité naturelle est évidente et se passe de toute argumentation.
Il appartenait alors de « dépolitiser » la question de la citoyenneté afin de trouver des passerelles permettant de définir l’identité commune des communautés qui ont contribué au développement du territoire : force est de constater qu’au jour d’aujourd’hui, la question de la citoyenneté n’est jamais abordé car l’idéologie ethnique prévaut chez les indépendantistes dans la bataille économico-politique qui l’oppose aux élus qui trustent depuis 30 ans les commandes institutionnelles du territoire et une certaine main-mise sur la redistribution des richesses de l’économie.

Sans identité commune, basée sur des valeurs communes il est illusoire de pouvoir définir les contours de la citoyenneté puisque :
– les indépendantistes souhaitent une citoyenneté basée sur la primauté ethnique avec un système de castes;
– les loyalistes voulant que les valeurs républicaines et démocratiques permettent à chacun d’être égaux en droits et en devoirs, quels que soient ses origines, conformément au droits de l’Homme et aux textes en vigueur en Métropole et en Europe.

En guise de conclusion, l’identité commune qui donnera naissance à la citoyenneté, est une notion qui se nourrit et évolue constamment en fonction de l’évolution des sociétés et des individus qui la composent, ainsi que du monde extérieur que ce soit les enjeux mondiaux, la technologie, la mondialisation, les apports extérieurs, etc. afin que le territoire et ses administrés continuent à enrichir les liens entre les communautés pour maintenir l’égalité pour tous.
La question de la citoyenneté n’est donc surtout pas réservée à une certaine nomenclatura locale, mais nécessite que chaque citoyen se saisisse de cette question afin d’en définir au mieux ses contours, avec un esprit d’ouverture afin de limiter autant que possible, l’exclusion de tout ou partie des communautés pour des raisons bassement économico-idéologiques pour tendre vers un destin commun, qui sera le socle d’un communauté calédonienne unique.

18 COMMENTS

  1. Cagou masqué, bla,bla, bla,bla et bla, bla, bla ! Tout ce que tu écris part par d’un non sens : l’identité commune !! Elle ne pourra jamais exister !! Qu’est ce que tu veux de commun comme identité entre un métis réunionais-kanak et un métis javanais caldoche, entre un mec qui va vivre au fin fond de la chaîne à Haut-Coulna haut et une personne de Nouméa sud qui n’a jamais été plus loin que Bourail ?? Par contre,une citoyenneté commune avec des identités composites peut exister !! C’est bien le pari du DESTIN COMMUN !!!

  2. Sue touuis assez d’accord, notamment sur les valeurs communes. Que les politiques kanaks nous disent e qu’ils veulent partager comme valeurs.

    Ils nous disent rien d’autre que la citoyeneté doit etre assise sur la primauté du kanak… si ca c’est pas une vision ethnocentrée de la citoyeneté… c’est impossible, les politiques kanaks doivent mener leur communauté vers les droits de l’homme vers la fraternité, vers l’egalité, vers la liberté. Embrassez ces valeurs, vivez ces valeurs et nous serons tous heureux. Ne pensez pas etre completement différent des autres hommes de cette terre. Un travail de l’argent pour nourrir sa famille profiter de la plage vivre sereinement en paix, eduquer ses enfants, voila ce que tout le monde veut que ce soit en afghanistan, en inde, en lybieen egypte …

  3. La particularité d’une société cosmopolite est d’être ouverte sur le monde : or actuellement, c’est le communautarisme, anti-thése de la société cosmopolite, qui prédomine (contrôle les flux migratoires, l’accession au travail etc.).
    Or, « Une société, ne s’organise en nation que s’il existe quelque intention commune chez ses membres » (Grant) : en ce sens, nul besoin d’uniformiser mais de créer des passerelles , des liens entre les communautés, pour endiguer les dérives etniques et/ou communautaires. C’est le pari du Destin commun, celui de l’intelligence sur le long terme telle que l’on fait les nations cosmopolites comme le Canada, ou les villes cosmopolites (NY, Dubai,etc.).

  4. CAC, va te cacher avec tes arguments segrégationistes à 2 balles qui sent bon le FN.
    En RSA, les zulu, africaners, hindous et les autres ont su forgé une identité commune.
    Plus proche de nous, Fiji aussi.
    Ici, ceux qui nous gouvernent sont trop cons pour en faire autant et dieu sait que les communautés calédoniens sont beaucoup plus proches que celles au pays de Mandela.

    Explication:
    Le Rump veut pereniser les 2 blocs antagonistes afin de mieux reigner, leur mot d’ordre c’est pourvu que ça dure, voila tout.

  5. Un bon exemple sera plus parlant, un breton et un réunionnais partagent pourtant les mêmes valeurs, possédent les mêmes droits et devoirs politiques et civiques, et ont en commun une partie de l’identité culturelle, notamment historique , les valeurs républicaines, démocratiques, etc. : l’identité commune.
    Mais, cette identité commune se complète et caractérise chaque individu par une identité régionale qui lui est propre (culinaire, historique, moeurs et coutumes locales, etc.).
    Il en est de même pour la citoyenneté européenne qui se concrétise petit à petit, alors que cette notion était impensable au lendemain de la seconde guerre mondiale lorsque R Shuman crée la CECA en 1950, qui allait devenir la CEE aujourd’hui.
    Dans les 2 cas, ce sont des liens, des passerelles qui ont permis l’émergence d’une histoire commune, fondant l’identité commune, socle de la citoyenneté commune reconnu aujourd’hui.
    Il est utopique de croire créer une citoyenneté non appuyée sur une identité non reconnue et partagée par tous : cela nourrira toujours toujours un certain nationalisme ou la prépondérance d’une ethnie, d’un groupe social sur un autre, l’Histoire est remplie de guerres et de conflits à ce propos (Rwanda, Tchéchénie, etc.).
    L’apposition des identités ne conduit qu’à accentuer les clivages et nourrir les discours xénophobes.
    Peut être que ta définition de la citoyenneté est contraire à la définition occidentale définie dans le para 1 de l’article publié et s’appuie sur d’autres concepts, qui développés, argumentés, permettrait à chaque internaute de se faire sa propre opinion sur une question essentielle et d’actualité.

  6. Floyd, j’ai du mal m’ exprimer, je dis exactement le contraire ( cf arguments ségrégationnistes qui sent bon le FN ) . Qu’est ce que l’identité à l’échelle d’un individu ? C’est la somme des cultures dont il est issu. Pourquoi parler d’identité commune immédiate dans un pays avec une telle richesse de métissage. Elle viendra naturellement après quelques générations. Il faut parler de citoyenneté commune, de destin commun des communautés. Le mot identité parle de l’individu. Le mot citoyenneté parle d’un pays. Dans l’article du Cagou masqué, il y a confusion des termes. Pour toi, aussi, je crois. Et quand on emploie le mot « identité commune » il sous entend identité nationale ( thème préféré de Sarko et Marine Le Pen ). Je te remercie de ne plus m’assimiler au FN et surtout mille excuses si mes propos manquent de clarté.

  7. Cagou masque, c’est la définition d’identité commune comme préalable à la citoyenneté qui me pose problème. Qu’est ce qu’on a pu assimiler de la culture Kanak ? Les passerelles doivent fonctionner dans les 2 sens. Penses-tu que beaucoup d’européens parlent quelques mots de Lifou, de Canala, de Hienghène ? Penses tu que beaucoup savent ce que c’est que la pensée océanienne ? A quoi correspondent les chambranles, les flêches faîtières, les monnaies Kanak, le cycle des ignames etc , etc …

    • faudrait pas exagerer et prendre les caledoniens et les metros pour des sous cultivés .Qui visite les tribus le, centre Djibaou, achete les disques de kanéka ,achete des livres sur l’histoire de la calédonie ?

  8. Effectivement, cela doit fonctionner à double sens : pour assimiler, encore faut-il vouloir partager, ouvrir sa culture et trouver un compromis qui satisfasse toutes les parties.
    Mais cela ne signifie par pour autant révolutionner les cultures existantes, mais créer du lien que les générations à venir étofferont avec le temps.
    Attention également à ne pas tomber dans le piége de la bipolarisation identitaire occidentale-canaque, car la NC a également été façonnée par d’autres apports (javanais, chinois, etc.) : c’est tout l’enjeu de l’émergence de la citoyenneté pour garantir l’équité entre chaque individu.

    • bon j’entends deja les gens me traiter de racistes … mais qu’importe.

      Vous parlez de culture Kanak. Je veux pas etre vexant, mais si l’on entend la culture comme socle commun de references (philosophique, literaire scientifique …) et de valeurs partagées par une population alors c’est délicat de parler de culture kanak a partager.

      Je m’explique, je ne dis pas que les kanaks n’ont pas de grands hommes de grands poetes ou des valeurs communes. Je dis simplement que ces valeurs et reference ne sont partagées que par certains groupes au sein de la communauté kanak.

      Mais c’est normal d’ailleurs, quand on y reflechit rien que le mot kanak a été une construction pour soutenir qu’il y a un peuple kanak alors que les melanesiens s’identifiaient plus a leur zone geographique dstrict, tribu … bref

      Ceci pour dire non pas qu’il n’y a pas de culture kanak, mais bien qu’elle n’est pas encore assez connu assez codifié qu’elle n’a pas encore été assez assimilée par les kanaks eux meme pour pouvoir constituer un socle commun aux gens d’Ouvéa à Yaté.

      La culture etant une construction en elle meme une construction historique, il faut laisser le temps a cette culture pour qu’elle s’epanouisse et puisse s’ouvrir.

      Du temps.

  9. le cagou masqué a bien résumé la situation que l’on peut exprimer autrement en posant la simple question
    Demain comment sera constitué , administré le pays? faut il garder la gestion occidentale ou revenir au bon vieux temps d’avant les blancs?
    si vous optez pour la première option ,en gros ç a ne serait pas très différent d’aujourd’hui;simplement il faudrait délimiter les sphères d’influence , permettre dans les 2 sens la possibilité pour chaque individu de choisir son statut et surtout permettre si les autorités coutumières le veulent remettre le foncier coutumier dans l’économie occidentale
    c’est la solution possible
    si vous optez pour la seconde option ;là le destin commun est un mot creux,c’est la vision les blancs à la mer Avec une gomme à effacer le temps on reviendra à l’intégralité des terres coutumières (ce qui suppose 2 guerres d’abord contre les non canaques et ensuite inter canaques comme à Yaté ou Maré);Au mieux les blancs restant seraient tolérés à défaut de pouvoir devenir sujets coutumiers
    quand vous saupoudrez le tout de la peur de perdre beaucoup financièrement (ce qui ‘est pas contestable pour les premières années) vous obtenez une situation bloquée
    seuls les canaques ont la possibilité de la réponse et de faire leur malheur ou pas
    si les réponses effrayantes qui tournent en boucles depuis toujours dans les têtes des non canaques trouvaient une réponse satisfaisante les histoires de drapeau et de citoyenneté trouveraient facilement réponse

  10. CAC tu ne veux pas comprendre.

    Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie a approuvé mercredi 18 août trois des cinq signes identitaires prévus par l’accord de Nouméa qui doit déboucher sur un référendum d’autodétermination entre 2014 et 2018. Il s’agit de l’hymne, intitulé Soyons unis, devenons frères, de la devise « Terre de parole, terre de partage », et du graphisme des billets de banque.

    Pour moi, la devise du Pays est le socle de l’identité calédonienne. On parle de terre, de parole et de partage. L’Histoire a fait que nous appartenons à cette terre et non le contraire. Après les années cendres, la parole fut donnée et nous formons une seule entité. Et l’ADN a été le texte fondateur de l’identité Calédonienne.

    On était sur la bonne voie. Les Calédoniens avaient déja en commun 3 des 5 signes identitaires. Il a fallu qu’un beau jour, pour de basses besognes politiciennes, un imbécile nous dicte qu’il faut deux drapeaux (signes identitaires differents) alors que les independantistes n’étaient même pas demandeurs. Dans cette logique débile, pourquoi pas une devise pour les kanaks et une pour les non-kanaks. Idem pour le hyme. C’est un sabotage pur et simple de l’ADN et par consequence de l’identité calédonienne naissante. On comprend mieux les motivations de ces saboteurs quand on relis les déclarations de certains.
    « Il faut sortir de l’ADN » de Frogier ou « l’ADN est une couillonade » de LKU.

  11. La citoyenneté telle qu’elle est instrumentalisée aujourd’hui par les indépendantistes et leurs marionnettes de la coalition est un instrument d’oppression et d’exclusion.
    elle repose principalement sur des valeurs négatives et non sur des valeurs positives de développement de la société calédonienne.

  12. Salut cagou masqué! C’est un réel plaisir que d’échanger avec toi ! Et si nous parlions du problème d’identité autrement ? Ne trouves-tu pas que l’on pourrait replacer le débat sur le thème tradition-modernité? L’identité Kanak ne peut elle être que traditionnelle ? Bien sur que non, et je ne vois pas beaucoup de différence entre un jeune kanak de famille classe moyenne vivant à Nouméa avec un jeune javanais, antillais, réunionais, zoreille, caldoche de la même classe sociale. Ils ont les mêmes centres d’intérêt et se battent tous, comme nous l’avons fait,individuellement, contre les vieilles traditions familiales.

    Quelle est la différence entre tradition et culture ? A mon sens, la tradition est figée dans une répétition des valeurs de génération en génération alors que la culture est progressiste et intègre les concepts nouveaux ou modernes dans la vie de tous les jours ! Ne confondons pas tradition et culture.

    Et ce qui fait l’identité d’un individu est son expérience personnelle dans la gestion du conflit tradition et modernité.

    Et ce qui fait l’identité d’un pays ne peut passer que par la culture ( en opposition à la tradition). Encore plus lorsque les traditions sont aussi éloignées les unes des autres. Voilà pourquoi l’identité d’un pays naissant est aussi difficile à symboliser. Voilà, pourquoi les deux drapeaux réunis est une vision que je perçois ( comme une grande majorité, il me semble ) apaisante même si le risque belliciste existe comme nous l’a parfaitement expliqué Floyd( et comme lui, je regrette les manoeuvres politiques qui ont amené cette solution d’attente) mais le temps nous apportera le drapeau commun qui apaisera tout le monde. Alors, l’identité commune sera.

  13. Je crois que c’est le titre du billet qui ne va pas avec son contenu. En fait, l’incapacité à définir une citoyenneté calédonienne a pour cause principale le défaut d’identité commune car celle-ci est surtout à construire…

    Normalement, l’identité commune doit préexister à la mise en place de la citoyenneté au point que la citoyenneté s’impose d’elle-même. Or, en Nouvelle-Calédonie, les communautés ont surtout vécu les unes à côté des autres et non les unes avec les autres.

  14. A « coté » des autres ou « avec » les autres cela n’a pas d’importance, En RSA, USA ou en France les gens se reconnaissent dans leur pays ou ils vivent et ou ils se sentent chez eux qu’il soit de naissance ou d’acceuille. Un Zulu est aussi fiere d’être un Sud Africain qu’un afrikaner et Dieu sait qu’ils ne se mélangent pas, alors? On ne parle pas de double légitimité comme ici avec les noirs d’un côté et les blancs de l’autre. C’est une forme de ségregation ethnique et pour moi c’est insuportable et pas acceptable. Un jour ou un autre, pour une affaire de gros sous ou de politique politicienne, cette double légitimité va de nouveau s’entre déchirer. On n’en finira jamais avec les 2 blocs antagonistes.
    Diviser pour mieux reigner, c’est certain, on a compris.

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