L’utilisation du malathion en Nouvelle-Calédonie

Fin février les écologistes disait qu’il n’y a pas pire que le malathion et maintenant ils sont favorables à l’utilisation du malathion pour lutter contre le chikungunya ! C’est à ne plus rien y comprendre!

Comment les calédoniens moyens que nous sommes peuvent-ils se faire une opinion sur ce sujet qui concerne leur santé et leur qualité de vie?

D’abord, qu’est-ce que le malathion ? C’est un insecticide neurotoxique.

Les principaux usages du malathion
Le malathion est principalement utilisé dans l’agriculture comme produit antiparasitaire (insecticide et acaricide).
Le malathion est également employé dans la lutte antivectorielle (lutte contre la dengue…) contre les moustiques.

Le malathion est toxique pour l’homme et son environnement
Le malathion se décompose en malaoxon, qui est 60 fois plus toxique dans le foie des mammifères comme l’homme. Pour cette raison, si le malathion est employé en intérieur, il peut sérieusement empoisonner les personnes vivant ou travaillant dans cet environnement. Le malathion présent dans l’eau non traitée est converti en malaoxon pendant la phase de chloration du traitement de l’eau, il ne devrait donc pas être employé dans les eaux servant de source d’eau potable.
Le malathion est également très toxique pour les insectes utiles, comme les abeilles et les coccinelles. L’épandage de malathion sur les zones aquatiques contribue également au déclin des populations d’amphibiens.

La réglementation du malathion en métropole et dans les DOM Le sujet étant technique et complexe, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver dans la réglementation d’autant plus que les spécialistes se prévalent de textes qui semblent se contredire.

Le principe serait que la substance active est interdite depuis 2008 en Europe donc en France. Toutefois, le malathion peut être autorisé à titre exceptionnel dans des produits réservés à un usage professionnel (respect de procédures strictes …).
Le malathion a aussi été autorisé provisoirement et sous contrôle pour lutter contre la dengue en Guyane.

Les lacunes de la réglementation du malathion en Nouvelle-Calédonie

Il n’y aurait aucune réglementation de la substance active et du biocide en Nouvelle-Calédonie.
La seule réglementation qui existait, c’était une réglementation des produits phytosanitaires à usage agricole contenant du malathion.
Cette seule réglementation existante a été annulée par le tribunal administratif de Nouméa en décembre 2010 sur le recours de l’association Ensemble Pout La Planète (EPLP) parce que les procédures n’étaient pas suffisamment protectrices.

Cela signifie-t-il qu’en Nouvelle-Calédonie, le malathion n’est dangereux que s’il est à usage agricole ?
En Nouvelle-Calédonie, un produit dangereux destiné à tuer des insectes ne serait-il pas dangereux lorsqu’il est pulvérisé dans les rues où des gens passent ?
De même, en Nouvelle-Calédonie, le malathion, dangereux pour les ouvriers agricoles, ne serait-il pas dangereux pour les employés municipaux du service d’hygiène ?
ABERRANT !!!

Quelques pistes de réflexion

Le remède (emploi du malathion contre le chikungunya) ne risque-t-il pas d’être pire que le mal ? De nombreux réunionnais n’ont-ils pas guéri par eux-mêmes du chicungunya au point d’être immunisés aujourd’hui?

En l’absence de réglementation, ne faut-il pas encadrer l’usage antivectoriel du malathion par les communes (contrôle par des spécialistes, des écologistes …)?

A terme, ne faudrait-il pas mettre en place une coordination des moyens et des actions des collectivités concernées par la lutte contre les moustiques (communes et Territoire au titre de la santé, provinces au titre de l’environnement…) en privilégiant la lutte contre les larves de moustiques, plus écologique?

A terme, ne faudrait-il pas interdire la substance active du malathion et réserver les biocides contenant du malathion aux seuls professionnels en les réglementant ?

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5 commentaires

  1. Bonjour
    J’aimerais savoir si la mairie s’est bien engagée à nous prévenir lorsqu’elle fera des épandages?
    Cordialement

    1. Bonjour Gribby,

      A ce jour, AUCUNE autorité en charge de la problématique épandage ne nous a répondu. Nous sommes donc dans l’ignorance de ce qu’elles feront.

      Sachez que lors d’échanges avec la DASS intervenus il y a plusieurs mois, il nous a été dit que l’avertissement préalable des populations était à l’ordre du jour…

      Pour notre part,nous avons arrêté qu’en cas de recours au malathion sans respect de nos demandes, nous déposerions un référé au tribunal administratif.

      Cordialement,
      Pour EPLP,
      Martine Cornaille

  2. vous vous rendez compte que 3 (TROIS) ans plus tard…le MALATHION est TOUJOURS aspergé EN NC alors que neurologique reconnu il est interdit depuis 2008 en Europe……

    Ca signifie quoi finalement une démocratie, on fait juste un chèque en blanc à des politicards qui ne tiennent compte de rien ??? A QUI PROFITE LE CRIME ????

    Wouaaa ça force au respect de constat que ..cause toujours tu m’intéresses et que le France et la Nouvelle-Calédonie ne sont évidemment pas des DEMOCRATIE mais bien des OLIGARCHIES PLOUTOCRATIQUES……

    Surtout ne rendez pas de compte de vos actes….même le garagiste a plus de devoir !!!

  3. Et 3ans plus tard, la DASS semble même soutenir l’action en toute transparence, se justifiant par la peur du risque de l’épidémie, et en affichant sur son site internet les produits utilisés, et en proposant même aux gens de conserver leurs fenêtres ouvertes pendant les épandages pour plus d’efficacité!!! Les pouvoirs publics ne nous font donc pas confiance pour la lutte anti-moustique en domaine privé en nous laissant libre des moyens de lutte : ils préfèrent nous conseiller le produit à utiliser et même l’utiliser pour nous : quelle générosité!! Ne serait-ce pas aller un peu trop loin ???
    http://www.dass.gouv.nc/portal/page/portal/dass/observatoire_sante/veille_sanitaire/Dengue (aller voir le communiqué de presse)
    Et qu’en est-il du respect des zones tampons par rapport aux milieux aquatiques : chaque fois qu’ils passent à Port Moselle, ils aspergent la route juste en bordure du front de mer (produit très toxique pour les milieux aquatiques : une zone de non traitement est à respecter et est normalement inscrite sur la notice)… Mais que fait la DASS ou la DENV..?? Et concernant les conditions d’utilisation, ne devraient-ils pas aussi arrêter l’aspersion au moins quand ils croisent des piétons…

    Avis aux associations pour continuer de faire pression, car il existe forcément d’autres produits moins nocifs et au moins des moyens de parfaire les conditions d’utilisation qui, pour le moment, laissent vraiment perplexe!!

  4. Vous avez écrit :

    « A terme, ne faudrait-il pas mettre en place une coordination des moyens et des actions des collectivités concernées par la lutte contre les moustiques (communes et Territoire au titre de la santé, provinces au titre de l’environnement…) en privilégiant la lutte contre les larves de moustiques, plus écologique? »

    Je dirais même plus, il faut réunir toutes les forces vives publiques et privées concernées afin d’organiser dans les meilleures conditions la lutte la plus large possible…

    Par contre privilégier la lutte contre les larves suppose l’utilisation de produits sans risques en milieu acquatique, ce qui est peu probable et surtout pratiquement impossible vu que nous n’avons pas accès à l’ensemble des zones des sites larvaires…
    Il faut prendre le sujet dans son ensemble et « attaquer » sur tous les fronts et avec tous les moyens disponibles…

    Quand au choix des produits il est particulièrement difficile, vu que de graves erreurs ont été commise dans le passé…
    Et ces erreurs réduisent les options possible de traitement de masse par des produits insecticides « classiques »…

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