Londres, Royaume-Uni – En couverture du numéro du 9 septembre 2010 de l’hebdomadaire britannique, Carla Bruni, radieuse, précède une paire de jambes liliputiennes dont le corps se perd sous un bicorne napoléonien souillé. « L’incroyable président qui rétrécit », titre en grosse lettres The Economist.

« Ses ambitions semblent avoir rétréci au rythme des sondages », attaque l’éditorial consacré au président français. Alors qu’en 2007 le même journal arborait un Sarkozy impérial et conquérant, le désignant comme « la chance de la France », The Economist estime aujourd’hui que « M. Sarkozy n’est plus que l’ombre du réformateur qu’il était sur le plan économique et une caricature du dirigeant coriace qu’il était sur les questions sociales. »

Un revirement brutal

« Quand Nicolas Sarkozy est apparu pour la première fois dans la conscience politique française, se souvient l’éditorialiste, il ne ressemblait à aucun autre dirigeant récent ayant existé dans le pays. » L’actuel Président de la République, qui faisait alors campagne sur le thème de la « rupture », se posait comme un homme de franc-parler et de volonté puissante. « Il osait dire aux Français ce qu’ils ne voulaient pas entendre : qu’ils devaient travailler plus, prendre plus de risques, promouvoir les minorités ethniques, être plus gentils avec les Américains », poursuit The Economist, avant d’ajouter que Nicolas Sarkozy présente désormais « une version diminuée » de lui-même.

La véritable raison de ce désamour violent des anglo-saxons pour le Président français tient dans le fait que celui-ci n’aurait pas assez tenu le cap de ses réformes. Évoquant celle portant sur le régime des retraites, The Economist déclare que « selon les standards des autres pays européens, la réforme française est timide. (…) Un président plus audacieux aurait encore davantage relevé l’âge légal de départ à la retraite », assène le journal. Enfin, l’éditorial se termine sur un verdict cru et sans appel : « au mieux de sa forme, M. Sarkozy est un politicien exaltant ; à ses pires moments, c’est un opportuniste sans complexe qui tourne en fonction du vent. »

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