François Hollande s’est posé en « héritier » et en « garant » de l’accord de Nouméa de 1998 qui trace le devenir politique de la Nouvelle-Calédonie, en recevant mercredi à l’Elysée les responsables de cette collectivité au Pacifique dotée d’une très large autonomie.

« Je suis à la fois l’héritier et en même temps le garant de la parole donnée dans l’accord de Nouméa », a déclaré le président de la République, rappelant son « attachement » à la démarche de « dialogue respectueux » initiée par cet accord.

Parlementaires, présidents du gouvernement, du Congrès, des provinces (Nord, Sud et Loyauté) et du Sénat coutumier de Nouvelle-Calédonie sont à Paris pour participer jeudi à Matignon au 10e comité des signataires de cet accord.

Conclu dix ans après l’accord de Matignon (1988) ayant mis un terme aux tensions sur le Caillou et refermé la page du drame d’Ouvéa — qui avait vu la mort de 19 militants kanak et de deux militaires — , l’accord de Nouméa prévoit le transfert progressif des compétences non régaliennes et surtout l’obligation d’organiser entre 2014 et 2018 un référendum d’autodétermination.

« Je veillerai à ce que l’Etat soit présent pour vous accompagner dans vos réflexions tout en vous laissant la responsabilité de la décision », a souligné François Hollande.

« Ce qui a été possible de faire en 1988 puis en 1998, tout cela doit nous donner confiance : si vous avez été capables de conjurer la défiance et la violence, vous devez être capables de faire le même effort pour la suite », a-t-il déclaré.

La « coutume », échange symbolique de cadeaux dans la tradition kanak, a été respectée. Le Sénat coutumier calédonien a offert au président « les symboles de leur pays » et en retour, M. Hollande a offert des assiettes en porcelaine de Sèvres, remises par le ministre des Outre-mer Victorin Lurel.

« La porcelaine, c’est beau mais c’est fragile, comme un accord. Nous devons regarder ce présent pour ce qu’il est, un cadeau, et pour ce qu’il peut devenir, une capacité à vivre ensemble », a insisté le chef de l’Etat.

Il a rendu hommage aux personnalités politiques qui ont contribué à « renouer » les fils du dialogue dans les 25 dernières années : le leader indépendantiste kanak Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, Michel Rocard, Premier ministre au moment des accords de Matignon, mais aussi Lionel Jospin et Jean-Jack Queyranne —tous deux présents — qui ont oeuvré à la conclusion de l’accord de Nouméa.

Saluant la « famille de la Nouvelle-Calédonie réunie ici », le président Hollande a évoqué les « nouvelles étapes » et notamment le menu de la réunion du lendemain, appelant à la « recherche du consensus, pas toujours si simple ».

Le chef de l’Etat a parlé de « l’urgence » qui représente « la lutte contre la vie chère », dans une collectivité de quelque 250.000 habitants où les prix à la consommation sont en moyenne 34% plus élevés qu’en métropole.

Il a aussi énuméré « les transferts de compétences », la « lutte contre les inégalités », « l’avenir du nickel » et « l’avenir institutionnel ».

Le ministre des Outre-mer, Victorin Lurel, présent à l’Elysée, a préparé le terrain de ce 10e comité lors d’un déplacement fin novembre.

A l’Assemblée nationale mercredi après-midi, il a répété que le cadre serait « l’accord de Nouméa, rien que l’accord de Nouméa mais tout l’accord de Nouméa ».

« Le Premier ministre vous dira quel sera le message de l’Etat et croyez moi, il est réjouissant », a-t-il aussi lancé de manière sibylline.

M. Lurel a rappelé que les « sujets qui font dissensus » avaient été intégrés dans un ordre du jour comme la création d’une autorité de la concurrence ou les signes identitaires « qui peuvent être passionnels » à commencer par le drapeau.

Source : Ministère de l’Outremer

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