Plusieurs dizaines de milliers de personnes qui fuient le pays sont arrivées aux frontières tunisiennes et égyptiennes…

«Depuis mercredi, 15.000 personnes sont arrivées à la frontière entre l’Egypte et la Libye», indique l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). «Du côté de la frontière tunisienne, on serait plus proche des 20.000». Jour après jour, les réfugiés de Libye affluent vers les deux pays frontaliers. Le risque? «Un exode massif de la Libye, de l’ordre de dizaines de milliers de personnes», selon l’organisme international.

Par routes, par voie maritime ou aérienne, ce vendredi, ils seraient désormais 50.000, selon cette organisation, à avoir fui les violences en Libye. En majorité tunisiens, les réfugiés sont aussi égyptiens, chinois, nigériens ou turcs… Pour le moment, il y a encore relativement peu de Libyens.

11 millions de dollars à trouver

L’afflux de population est croissant, comme l’ont constaté des membres du personnel du Croissant-Rouge au passage de Ras Adjir, entre la Libye et la Tunisie. Cette donnée inquiète les organisations d’assistance. «L’accueil de la population est très bon. Notre chef de mission en Tunisie nous a indiqué que la population et organisations tunisiennes donnent de la nourriture, des médicaments, organisent des collectes de sang pour les réfugiés. Ils cherchent également des bâtiments vides pour accueillir les réfugiés», explique-t-on à l’OIM.

Mais la pression sur la population locale est trop importante. L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, le HCR, prévoit d’affréter ce week-end un avion-cargo transportant des tentes et du matériel de secours en Tunisie. Quant à l’OIM, elle appelle à la solidarité ce vendredi, pour recueillir onze millions de dollars. «Cet argent permettrait la prise en charge immédiate, l’évacuation et le rapatriement de 10.000 personnes».

Rapatriement des étrangers

Nourriture, abris, médicaments, les réfugiés ont besoin de tout. D’autant que des témoignages surgissent ça et là, racontant notamment leur racket, la nuit, par des hommes armés. Des besoins matériels qui font également défaut pour permettre l’évacuation de certains réfugiés vers leurs pays d’origine, tels que les Egyptiens. «De nombreux pays sans ressources suffisantes pour évacuer leurs ressortissants nous demandent désormais de l’aide», explique Laurence Hart, chef de mission de l’OIM en Libye. C’est pourquoi l’organisme, conjointement avec le Croissant-Rouge, supervise les rapatriements. Ces derniers jours, des navettes ont emmené plusieurs centaines d’Egyptiens vers l’aéroport de Djerba où ils ont été rapatriés en avion vers Le Caire. Toutes ces opérations ont un coût, qui risque d’exploser dans les prochains jours.

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