Deux gendarmes ont été légèrement blessés par un tireur embusqué à Canala sur la côte est de Nouvelle-Calédonie, a indiqué jeudi la gendarmerie. Les gendarmes s’étaient rendus dans une tribu kanak du village pour interpeller un homme souffrant de troubles psychiatriques, en vue de son internement dans un centre spécialisé à Nouméa. Auparavant, l’homme avait menacé avec un sabre d’abattis des infirmières venues lui prodiguer des soins. En quittant la tribu, le véhicule de gendarmerie a été la cible d’un tireur embusqué. Le coup de feu a touché l’arrière du véhicule provoquant des éclats de verre, qui ont légèrement atteint les deux gendarmes ainsi que la personne interpellée. Le tireur n’a pas été identifié.

Decidemment en ce moment police et gendarmerie ne sont pas a la fete a Noumea et pour corroner le tout je vous fait un copier coller de l’article paru sur AGORAVOX qui laisse perplexe :

La police municipale de Nouméa, la 5ème de France en effectif, défraie la chronique locale depuis des années en raison de ses grèves à répétition, de son indiscipline notoire, de son efficacité très contestable, de certaines de ses bavures… Malgré la désignation de directeurs expérimentés issus de la Police ou de la Gendarmerie, les tentatives de réforme ont toujours échoué. Après des années de laisser-faire et de connivence, le maire décide enfin de sévir et de punir plusieurs policiers municipaux pour un acte de désobéissance collective commis en 2008. La poignée d’agents concernés crient à la « répression syndicale » et veulent organiser la « riposte ». Derrière cette agitation dérisoire se profile un problème beaucoup plus grave qui engage, d’une certaine façon, l’avenir des libertés publiques en Calédonie.

Du 28 Novembre au 4 Décembre 2008 une vingtaine de policiers municipaux appartenant à la « sécurité-ville » (une sorte de BAC locale chargée surtout de nettoyer la ville de ses SDF et alcooliques) a mené une grève sur le tas – sans respecter la réglementation en la matière – qui a duré une semaine. Il s’agissait en fait d’un véritable acte de désobéissance collective suscité par les habituels meneurs : une demi-douzaine de gradés pratiquant le nomadisme syndical et dont le but plus ou moins avoué est le refus de toute hiérarchie d’origine métropolitaine et, au-delà, le rejet de tout changement remettant en cause leurs pouvoirs, leurs avantages (horaires, primes..), leurs méthodes de travail etc….
Par malchance, pendant que ces agents jouaient aux cartes au poste, un jeune homme se faisait battre à mort par des voyous sur la Place des cocotiers, c’est-à-dire devant la Mairie, en plein centre ville, à 300 mètres du siège de la Police Municipale… Cela faisait désordre, même pour le Maire de Nouméa et son adjoint à la sécurité, JP GUILLEMARD, qui « couvraient » depuis des années les comportements de ces « cow-boys » directement issus du vivier RPCR, c’est-à-dire de la clientèle du député LAFLEUR, le parrain politique calédonien, celui dont l’avis préalable « faisait  » l’affectation de tel fonctionnaire ou bien suscitait la disgrâce de tel autre .
Après un long processus disciplinaire 2 meneurs viennent d’être révoqués et quatre autres sanctionnés moins gravement par le Maire.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte particulier : est-il possible de réformer la police municipale de Nouméa ? Un nouveau directeur issu de la Gendarmerie s’y essaie depuis un an ; s’y opposent une vingtaine d’agents issus de la « Sécurité-Ville » et appartenant aux syndicats les plus revendicatifs ( Fédération des Fonctionnaires et SCTNC) .
Jusqu’alors le Maire de Nouméa Jean LEQUES (UMP, âgé de plus de 80 ans, en place depuis deux décennies) a pratiqué un double-jeu fait de déclarations d’intentions musclées sur le respect de la loi et l’ordre et, parallèlement, d’un laxisme frôlant la connivence avec les syndicats les plus revendicatifs (appartenances syndicales changeant au fil-du temps, des jalousies inter-individuelles, des ambitions personnelles, des intérêts particuliers ). A sa décharge son adjoint à la sécurité, Jean-pierre GUILLEMARD, placé là par M. LAFLEUR pour surveiller le Maire, ne lui a pas facilité la tâche en accaparant toutes les affaires de police, en y plaçant ses hommes, en créant des syndicats-maison, et en instrumentalisant d’une façon éhontée les policiers municipaux recrutés par ses soins…
Son adjoint ayant été écarté lors des dernières municipales, le Maire a retrouvé une certaine indépendance d’action, à ne pas confondre avec le courage politique dont sont dénués la plupart des élus locaux, prisonniers de leur affairisme et de leur clientèle.
Quoi qu’il en soit le Maire s’est décidé à sévir enfin et, indirectement, à conforter son directeur de la Police Municipale de Nouméa afin de lui permettre de poursuivre ses projets de réforme.
Ceux-ci sont loin d’être acquis ! Il faut savoir que cette police (les critiques locaux la considèrent toujours comme une « milice ») municipale n’a toujours pas de statut à l’image de ses homologues de Métropole. La Loi sur les Polices Municipales n’a toujours pas été rendue applicable en Calédonie par les politiciens locaux ( pas plus que par l’Etat ). Elle agit donc, dans certains domaines, en dehors de tout cadre légal. Un seul exemple (oh combien significatif) : elle n’applique aucun code de déontologie. Par ailleurs la formation de ses agents est une palinodie ( un mois de formation interne) , ses statuts exorbitants du droit commun de la fonction publique territoriale métropolitaine, son système de primes et d’avantages divers à la limite du scandale !
Pas plus l’Etat, que la Chambre Territoriale des Comptes, ou même la justice quotidienne ne paraissent s’intéresser à une telle structure qui va, de l’avis général, à vau-l’eau depuis des années.
Si l’on prend un peu de champ, l’épreuve du passage d’une structure partisane, fonctionnant au favoritisme, à une structure démocratique n’est-elle pas l’exemple-type d’une certaine problématique calédonienne dans le domaine de l’accès au droit et à l’exercice des libertés ?

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