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         Lettre ouverte

 

Province nord : dialogue social et gestion des ressources humaines en pleine dérive !

 

Le dialogue social dans toute entreprise, fût-elle une collectivité publique, est basé sur des échanges qui permettent aux partenaires, employeur d’une part  et représentants du personnel d’autre part, de donner leur point de vue sur des problèmes concernant l’organisation des services et la gestion des ressources humaines, de faire des propositions, de s’accorder sur des points litigieux. Il suppose de prendre en considération les propositions et les observations de toutes les parties.

Lorsqu’il y a divergence de vue entre les parties, une négociation s’enclenche et aboutit à des accords, des engagements. Un certain nombre de valeurs permettent de garantir la bonne marche du processus : l’honnêteté, le respect, la cohérence avec les objectifs affichés.

 

En Province nord, ce dialogue était souhaité par le Président. Il l’avait affirmé devant les représentants du personnel lors d’une rencontre en décembre 2008 et lors de l’assemblée de Province du 20 octobre 2009.

Il avait rédigé également une lettre de mission à son Directeur des Ressources Humaines en octobre 2008 déclinant une politique de gestion des ressources humaines qui développe les enjeux suivants :

« Favoriser le développement de l’emploi local et l’accès des kanaks aux différents postes ouverts par la collectivité et notamment aux postes de responsabilité dans tous les services de la Province.

Fidéliser le personnel de la province et diminuer le turn-over en développant le sentiment d’appartenance à la collectivité »

 

Si l’affichage paraît séduisant, qu’en est-il de la réalité ?

 

La politique actuellement menée, s’avère bien moins engageante.

 

Les conflits, grèves et débrayages se multiplient. Pourquoi ?

 

Tout simplement parce que le décalage entre les idéaux de façade et la réalité augmente : les valeurs élémentaires comme la reconnaissance du travail accompli, le respect des engagements, l’honnêteté et la franchise nécessaire aux discussions fructueuses n’existent plus.

 

Le conflit actuel qui paralyse en partie l’activité des services provinciaux en est une illustration flagrante.

Il porte sur la Direction des finances et du budget.

A sa tête, une cadre kanake, issue du dispositif 400 cadres, qui a choisi de mettre ses compétences au service de la Province nord dès le début de la provincialisation.

Après 20 années de service et 4 secrétaires généraux différents, elle est remerciée sans ménagement par le Président. 20 années balayées en 10 minutes !!! Aucune proposition concrète de reclassement ne lui est faite. On lui demande « de voir ailleurs ».
Sur cette disgrâce, le président fait valoir son pouvoir discrétionnaire, sans autre explication.

 

Cette direction est pourtant réputée, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’institution, pour assurer une excellente gestion des deniers publics.

Elle est une rare direction si ce n’est la seule, à posséder une cohésion forte de son personnel, témoignage d’un management valorisant les agents.

Alors d’où vient ce limogeage ? Sans doute la forte personnalité d’une directrice qui n’hésite pas à faire entendre de sa voix pour le respect de sa mission, dans un secteur particulièrement sensible.

 

Les difficultés relationnelles entre cette direction et la secrétaire générale (dénigrements répétés, vexations) a débouché sur un premier mouvement en août 2009. Un protocole d’accord, négocié entre le Président et les représentants du personnel en était  issu.

Trois jours avant la première réunion prévue, le Président limoge la Directrice. Quel manque de respect et quel mépris envers elle, envers ses agents et les représentants du personnel !!!

 

D’autre part il est significatif aujourd’hui de constater qu’en Province nord il n’y aura bientôt plus une seule direction ayant à sa tête un cadre local kanak ou autre. Seul le métropolitain semble avoir les faveurs du président.

 

Ce fut le cas l’année dernière pour le recrutement du directeur des ressources humaines : la candidature d’une calédonienne diplômée et expérimentée n’a pas été retenue.

 

Qui demain va donc occuper la place de la directrice des finances et celle du directeur de la DAF ?

Quel bilan navrant après toutes ces années de la Présidence actuelle !

 

Certes cela ne concerne que quelques agents ; mais il faut bien reconnaître que si la province pense que le calédonien est inapte aux responsabilités, comment peut-il s’émanciper ?

 

Beaucoup sont fatigués d’un mode de gestion des ressources humaines tyrannique  et archaïque basé sur l’usage immodéré du pouvoir discrétionnaire, des réseaux pour l’occupation des postes en lieu et place d’un travail construit de gestion prévisionnelle des emplois et compétences, l’absence de reconnaissance du travail des agents de la collectivité, l’absence de coordination et du transfert d’informations vers le bas de la pyramide. Cette gestion fait la part belle aux comportements autoritaires de certains, aux dépens d’une réelle compétence.

 

D’où la forte inquiétude du personnel qui transparaît à la lecture des tracts distribués pendant le conflit : monsieur le Président de la Province nord où nous menez-vous ? Monsieur le Président expliquez-nous !

 

 

 

 

L’intersyndicale Province Nord : Fédération des fonctionnaires, USTKE, UTCFECGC.

 

 

 

 

 

 

 

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