Mardi 29 janvier 2013, l’A13, péage de Buchelay, le tunnel de Saint-Cloud, la Concorde, 126 rue de l’Université, un Quincy bien frais au Bourbon : Normandie, Paris, Calédonie.

Assemblée Nationale, vers 15h, Philippe Gomes pose une question à Lurel sur les cyclones à Wallis et en Calédonie, Sonia Lagarde contemple navrée les agitations simiesques des députés UMP sur sa gauche, surtout les vieux éléphants, les pros du mandat perpétuel, sautant comme des cabris, éructant et insultant les ministres PS à chacune de leurs réponses, y compris et surtout le premier, méprisant le double choix démocratique du peuple de 2012, puis elle m’envoie un coucou amical et complice vers les tribunes du public.

Philippe a l’oreille et la bienveillance de Lurel, même si la réponse n’est pas totalement satisfaisante. Le tweet du ministre quelques minutes plus tard sera plus rassurant. Au moins les UMP se sont calmés, ils ne hurlent plus et ne gesticulent plus : l’Outre-Mer ils s’en tapent. Ils veulent juste se payer Ayrault, Taubira et Montebourg. Copé ricane, Balkany la ramène, Estrosi se la pète, Baroin chuchote, NKM fait la belle, Pécresse fait la sainte,  mais ils se remettent tous à gueuler pour que Lurel se taise au bout des deux minutes imparties et qu’on leur rende leurs têtes de turc.

FR3 dans la soirée le même jour, vers 21h, affaire Robert Boulin, l’ami du gêneur Chaban, la Nouvelle société « ils » n’en voulaient pas, ils n’en veulent jamais… Crime d’État, crime moral sinon physique en tout cas : se noyer dans soixante centimètres d’eau et de vase… l’étrange époque UNR, UDR, RPR, UMP, RUMP, Focart, Pasqua, Chirac, le S.A.C… et Flosse et Lafleur à mettre dans le même « sac »…

Un peu plus tôt dans l’après-midi, déjeuner avec Philippe, faire la bise à Sonia, se faire driver par Anne-Lise de Maré, se la jouer photographe, rencontrer Jean-Louis Borloo dans les bureaux de l’UDI, face à la cour intérieure et à la façade sud du Palais Bourbon, lui dire que c’est bien qu’il soit là, que l’UDI existe, pas UNR, pas UDR, pas RPR, pas UMP, pas RUMP, pas pourrie. De même que c’est bien aussi que Sonia et Philippe soient là, qu’ils existent, que les Calédoniens les aient mis là, pas UNR, pas UDR, pas RPR, pas UMP, pas RUMP, pas pourris.

Le cœur de la République et de la France bat là, parmi toutes ces voix et tous ces accents de tous les départements, de toutes les régions de notre nation, de notre patrie. L’Histoire bat là aussi encore, vivante, palpable, le Directoire, les révolutions, les empires, les restaurations, les républiques.

Le cœur de la Calédonie et de notre démocratie des antipodes bat là également, à travers le cœur, le courage, la dignité et l’énergie de nos deux députés. Et j’aime bien être des leurs, et je suis fier d’être français, calédonien, et normand, et d’être des leurs.

Et le cœur de la république généreuse, de la France progressiste, de la petite nation calédonienne dans la nation française ne sont pas prêts de s’arrêter de pulser, malgré les injures haineuses de cette droite réactionnaire, souvent grotesque, parfois fasciste et mafieuse, malgré les menaces hypocrites et le cœur calcifié du parti des dévots manifestant leur homophobie, leur égoïsme et leur conservatisme devant  l’Assemblée ce jour-là , ces mêmes dévots faux-culs qui voulaient la mort de Molière auteur de Tartuffe, malgré le cœur pur de Boulin, ce ministre de la République qui s’est arrêté de battre, lui, sous les coups et les crachats, une nuit d’octobre 79, dans la forêt de Rambouillet…

(Jeffrey Tardy)

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