INTERVIEW – Le capitaine des Bleus présente ses excuses auprès du public pour les mauvais résultats de son équipe. Et l’image renvoyée pendant cette Coupe du monde…

En costume dans les couloirs du stade de Bloemfontein, Patrice Evra n’a même pas eu à prendre sa douche. Le capitaine des Bleus au début de la compétition a été écarté par  Raymond Domenech. Ce qu’il a beaucoup de mal à encaisser, comme le désastre qui est celui de la France en Afrique du sud…

Quel est votre sentiment après cette élimination?
C’est le moment du grand pardon. Pour des milliers de Français. Je partage leur douleur. Ce qui fait encore plus mal, c’est que ce pardon devait être fait hier (pendant la conférence de presse d’avant match). En tant que capitaine, mon coach me l’a interdit. Et ça fait encore plus mal, même si ça ne changera rien. On n’est pas à l’heure des règlements de comptes, mais de la souffrance. Elle est sincère. La France entière aura besoin d’explications à ce désastre. Ce n’est pas le moment de les donner. Je le ferai. Je dirai la vérité. Je n’ai rien à cacher, l’équipe de France n’appartient à personne, mais à tous les Français. Les gens ont besoin de savoir la vérité. Les causes de ce désastre.

Le grand pardon pour l’élimination, ou tout ce qu’il s’est passé en Afrique du sud?
Pour l’ensemble. Tout ce qu’il s’est passé.

Vous regrettez ce qu’il s’est passé dimanche à l’entraînement?
Je répondrai à toutes ces questions plus tard. On a publié un communiqué pour donner notre raison. Mais ça peut aller au-delà. Je le prends plutôt comme un SOS. La France saura la vérité. Je dirai vraiment ce que j’ai vécu en tant que capitaine. Ce soir, je sors de l’équipe sans raison valable. Ce sont des moments difficiles mais il y a des gens qui souffrent encore plus que moi aujourd’hui. On renoncera aussi à toutes les primes. Je parle au nom du groupe et on n’acceptera pas un seul centime ou quoi que ce soit.

Pour quelle raison les Français pourraient-ils vous pardonner?
C’est difficile de pardonner à une équipe qui ne se qualifie pas comme ça au deuxième tour. Je ne me le pardonne pas moi-même. Mais de tout cet échec il y a une cause. Des choses se sont passées. En sachant la vérité, les gens pourront nous pardonner.

Que pouvez vous faire pour regagner la confiance du public?
C’est simple, il y aura un renouvellement. Et il faudra gagner. L’équipe de France doit gagner.

Prônez vous plus d’ouverture envers le public?
Ce n’est pas à moi de décider. Mais oui, je le souhaite.

Tout peut-il changer avec le nouveau sélectionneur?
(Il hoche la tête sans parler pendant quatre secondes) Non… je ne répondrai pas à ça.

La prochaine équipe de France ne devrait être composée que de joueurs « pratiquant » dans des équipes françaises ; ils se sentiraient peut-être plus concernés !!!Et les salaires revus à la baisse et pourquoi pas « au mérite » !!!!!

Je vous joint un petit florilège des réactions après match … ah oui j’oubliais .. VIVE LA FRANCE

arlos Albert Parreira
«Par éducation je suis allé le saluer (Raymond Domenech) dès la fin du match, mais il n’a pas voulu et m’a dit « Je ne veux pas vous parler car vous avez critiqué la France ». Ce qu’il a fait est absolument lamentable. Je n’ai pas le souvenir d’avoir critiqué l’équipe de France. »

Florent Malouda

«La qualification, on ne la perd pas ce soir mais avant. C’est difficile d’analyser comme ça, c’est dur à vivre de l’intérieur. Bien sûr (on est conscient d’avoir terni l’image de l’équipe de France), on n’est pas fiers. Le boycott de l’entraînement dimanche est plus une réaction que la volonté de blesser les supporters et de salir le maillot. Je ne sais pas comment on va pouvoir se faire pardonner mais en tout cas c’est le sentiment du groupe.»

Jean-Pierre Papin (sur Infosport)
«On est vraiment passé pour des rigolos durant ce Mondial. Raymond Domenech été irrespectueux avec l’entraîneur de l’Afrique du Sud. De plus, avec les journalistes, c’est vraiment un tout petit. Ce soir, j’ai vraiment constaté que l’équipe de France n’avait pas de guide.»

Roselyne Bachelot (Ministre de la Jeunesse et des Sports)
« Même si on s’y attendait la conclusion est inévitable. Je rentre en France attristée, le coeur gros. Malgré le beau but de Malouda, ce match était une catastrophe, on est désesperés. Je rentre en France et nous tirerons les conclusions. Tout le monde rentre à la maison.»

Bixente Lizarazu (sur TF1)
«La responsabilité est globale. C’est la fédération, le sélectionneur et les joueurs. Ce qui m’a profondément choqué, c’est la prise en otage de ce maillot de l’équipe de France qui n’appartient à personne. L’espace d’une journée, ils se le sont appropriés. C’est impardonnable. J’espère que très vite, certains joueurs vont se désolidariser. Il faut qu’ils le fassent très vite.»

Jean-Pierre Escalettes (président de la FFF, TF1)
«Cette page, il faut la tourner. Ce Mondial, il était temps qu’il s’arrête pour nous. Le piètre résultat sportif, un point sur neuf et pas une seule victoire, je retiens cela. Il va fallori faire un bilan sans complaisance de cette Coupe du monde. Mais il n’y a pas le feu. On ne va pas prendre une décision d’ici demain qui serait regrettée, ridicule».

Gérard Houllier (Directeur technique national, RTL)
«La seule chose c’est que je regrette quelque fois le mode de fonctionnement de Raymond, (…) ils ont travaillé à part, quand on travaille à part, on assume. Je peux vous dire que nous, depuis un an et demi, on prépare ce qui allait se passer après, parce qu’on sentait qu’au niveau du jeu comme au niveau de l’état d’esprit, si on ne changeait pas quelque chose, on allait dans le mur. Ca se prépare à partir des Espoirs jusqu’aux autres sélections nationales.»

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here