Voila une affaire bien intrigante …. LePost nous soumettait une enquete via des videos plus que surprenante : La première vidéo, sur les gardes à vue, a été publiée sur YouTube samedi. La seconde, sur les suicides dans la police, est apparue dimanche. Suivie, mardi, par une troisième vidéo (ci-dessous) sur les objectifs :
(source FPCproduction sur YouTube)

Ces trois vidéos, habillées d’une musique dramatique et paraissant avoir été réalisées par des professionnels, sont signées « FPC production. »

Qui est « FPC production », une structure qui semble avoir été créée spécialement pour l’occasion ? C’est un peu trop tôt pour le savoir précisément. Selon Le Point, qui publie un article mercredi, c’est « un collectif de policiers qui réunit officiers et gardiens de la paix. »

Les Inrocks, quant à eux, ont publié un article dès mardi soir. Ceux qui affirment que « le devoir de réserve » des policiers est appliqué de façon de plus en plus stricte, ils se sont entretenus avec un gardien de la paix affirmant être membre de l’équipe de FPCproduction.

Celui qui, sans surprise, préfère garder l’anonymat par peur de représailles hiérarchiques, explique notamment aux Inrocks : « Ça fait 20 ans que tout le monde nous vomit dessus. Aujourd’hui plus personne ne peut parler à la presse. On risque notre carrière, c’est-à-dire notre vie. La hiérarchie marche à la prime, en fonction des objectifs: elle nous fixe les tâches à accomplir en fonction du résultat qu’on lui demande ».

Selon Europe 1, un officier parisien apparaissant dans ces vidéos a été identifié. Questionné à ce sujet par sa hiérarchie, il aurait reconnu sa participation.
Ci-après, les deux premières vidéos publiées dès ce week-end sur Le Post :

1/ Les gardes à vue

Chapitre 1 – Les gardes à vue
Hochgeladen von FPCproduction. – Neueste Nachrichten Videos.


Chapitre 2 -Les suicides dans la police
Hochgeladen von FPCproduction. – Nachrichtenvideos aus der ganzen Welt.

Note de la rédaction

Selon nos informations, ces vidéos mettent en scène de vrais policiers. Elles ont notamment été tournées dans un commissariat parisien du 1er arrondissement, et d’autres devraient être bientôt également publiées.

« Tout le monde parle de la police, mais personne ne sait comment ça se passe réellement » réagit aussi sur Le Post un policier qui aujourd’hui n’est plus en activité. « Les gardiens de la paix ne peuvent pas parler librement de leur métier. Pourquoi ? Parce que ça gêne la communication des syndicats ? Parce qu’on ne veut pas savoir? » s’interroge-t-il sur Le Post. Concernant le devoir de réserve, ce policier nous dit : « Les policiers ont un devoir de neutralité, le devoir de réserve est né de la jurisprudence. Si on les empêche de parler, on va dans le sens du gouvernement actuel. » Selon lui « ces vidéos reflètent le sentiment d’une bonne partie des gardiens de la paix. »

Interrogé par Le Post, le secrétaire général adjoint du syndicat Alliance police, Frédéric Lagache, « reconnaît des faits réels dans ces vidéos », mais « a des doutes », toutefois, sur le fait que « les personnes qui s’expriment sont des vrais policiers ». De manière générale, Frédéric Lagache pense que ces vidéos « n’apportent rien de nouveau » et « donnent l’impression d’un genre de manipulation sous-entendant que les policiers n’ont pas de droit d’expression. » N’est-il tout de même pas compliqué, voire impossible, pour un policier de s’exprimer librement ? « On doit respecter certaines règles » nous répond-il, ajoutant : « En France, les policiers font confiance aux organisations syndicales, qui votent à plus 80% tous les trois ans. Les syndicats sont là pour ça. Aujourd’hui, un policier ne peut pas s’exprimer sans la garantie d’une organisation syndicale. Sinon, sa responsabilité individuelle est engagée. »
Egalement interrogé par Le Post, Mohamed Douhane, de Synergie Officiers, y voit « manifestement une tentative de déstabiliser l’institution policière. » Après avoir rappelé que « les syndicats sont les représentants naturels des policiers », il ajoute que « les policiers, de surcroît en tenue, n’ont pas à exprimer leurs états d’âme sur des blogs ou des sites Internet. » Pour quelles raisons ? Car, nous répond le syndicaliste, « c’est contraire à l’obligation de réserve imposée par le code de déontologie et les notes de services émanant de la DGPN (direction générale de la police nationale) et de la préfecture de police de Paris. »

Une enquête administrative permettant d’identifier les participants à ces vidéos serait sur le point d’être ouverte.

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