« Remplacer les trois référendums couperet de sortie de l’accord de Nouméa par un seul, mais dont les deux alternatives, indépendance ou maintien dans la France, seront négociées avant, et non après le verdict des urnes ». Voici donc le projet proposé par Philippe Gomès, « responsable » de Calédonie Ensemble.

Pour étayer sa proposition, le Député n’hésite pas à lancer une contre-vérité : certains partis non indépendantistes considéreraient qu’après la défaite des indépendantistes aux 3 référendums prévus par l’ADN, il n’y aurait plus rien à discuter…

En faisant ainsi supporter aux partis loyalistes concurrents la dialectique du parti Travailliste, Philippe Gomès tente ainsi une caricature grossière qui consiste à opposer dans leurs extrêmes des partis loyalistes  peu respectables au parti tout aussi peu respectable de LKU. La radicalisation des positions ne pourrait ainsi que conduire à un affrontement sanglant et irresponsable que plus personne ne souhaite.

C’est donc la peur que le « responsable » de Calédonie Ensemble cherche à déclencher, par le choix des mots (couperet, frontale, chaos…) et par la mise en perspective des dangers d’une Nouvelle-Calédonie dite réactionnaire. La peur, levier diabolique et efficace, arme favorite de tant d’ambitieux et d’oppresseurs, cette peur qui transforme les électeurs, le peuple, en moutons dociles et corvéables.

La vérité est toute différente. Comment imaginer en effet que le camp loyaliste puisse envisager l’affront et l’arrogance comme unique réponse à la revendication indépendantiste ? Comment laisser penser que les autres partis en faveur du maintien dans la France  seraient des va-t-en guerre dépourvus d’humanité, incapables d’empathie et de clairvoyance politique ?

Au contraire, la réflexion de l’après ADN  n’est pas nouvelle et  constitue bien entendu une piste de travail essentielle pour le MRC et l’UPF : défendre avec force et détermination une Nouvelle-Calédonie solidement ancrée dans la France, tout en consolidant avec les opposants les compétences maîtrisées et profitables pour un avenir commun assumé.

Philippe Gomès propose ainsi deux projets. Le premier est limpide : l’indépendance. Un seul mot, précis, suffisant puisque chargé de symboles qui ramènent aux angoisses des gens, à la peur. Le second projet est plus alambiqué dans le choix des mots : un pays émancipé au sein de la République.

Certes, le terme République est bien présent, rassurant comme il se doit pour capter l’attention de l’électeur loyaliste.  Mais il y a aussi,  pour compenser, le mot « pays ». Comme pour le renforcer, le Député évoque un pays « émancipé ». Tout devient alors confus : un pays se trouve par définition émancipé ; comment doit-on comprendre l’idée de pays au sein de la république ? Des relents de « petite nation dans la grande » persistent et s’affirment ainsi au travers de ces quelques mots.

Faut-il donc en déduire que Philippe Gomès n’a pas renoncé à son vieux projet, et dans ce cas, quelle en est la dimension juridique ?

Lancer des formules en refusant de les expliciter dénote une pratique affûtée de la langue de bois. Car il y a autant d’interprétations possibles que de sous-entendus dans ce genre de formule, qui permettent de penser tout à la fois que Calédonie Ensemble ambitionne  pour la Nouvelle-Calédonie de devenir un pays à part entière, parallèlement à une promesse de rester dans la République. Il sera ainsi aisé le moment venu de s’orienter vers l’une ou l’autre des solutions sans demander au préalable l’avis des Calédoniens.

Philippe Gomès propose que les deux projets soient clairement définis et qu’ainsi les citoyens se prononcent pour l’un ou l’autre des projets parfaitement ficelés. Mais il n’explique pas qui se met autour de la table pour chacun des projets. Si la solution indépendantiste est élaborée par les indépendantistes, nul doute que son contenu sera strictement indépendantiste ; de la même façon, la solution dans la France sera proposée pour répondre aux attentes loyalistes des électeurs. Il s’agira donc à l’arrivée de projets qui s’opposent, de solutions antagonistes entre lesquelles il faudra bien trancher. Dès lors, l’argument du référendum couperet et du chaos qui en résulterait ne tient plus.

Il est donc tentant d’imaginer les arrières pensées du « responsable » de CE que l’on peut mettre en relief avec sa notion de « petite nation ». Pour éviter le choc d’un référendum, ces consultations auraient plutôt comme objectif  de rapprocher le projet loyaliste des exigences indépendantistes. Le choix  offert aux calédoniens serait alors celui de l’indépendance ou d’une solution intermédiaire proche de l’idée consensuelle du Rump  La population serait ainsi privée d’un véritable choix pour une solution pleine et entière dans la France.

Bien entendu, le Député réclame un chèque en blanc pour la mise en œuvre de ce projet. Plutôt que de fixer comme thème de campagne l’explication précise des termes et enjeux de sa solution, il demande aux Calédoniens de lui accorder leur confiance sur une simple annonce générique. L’exercice de communication est osé pour Philippe Gomès, mais surtout particulièrement risqué pour ceux qui se laisseront embarquer sur ce bateau ivre.

Lorsque des partis loyalistes prônent une forme d’union sacrée pour affronter dans les meilleures dispositions les échéances essentielles pour l’avenir du territoire, Calédonie Ensemble démontre son mépris envers eux. Convaincu de se suffire à lui-même, le parti refuse toute collaboration, toute coopération. Les mots sont particulièrement choisis lorsque CE consent à ouvrir sa porte à ceux qui voudront bien apporter leur contribution. Il s’agit de se soumettre, de faire allégeance au parti auto-proclamé le plus important de Nouvelle-Calédonie.

Comment expliquer ce superbe isolement ? En premier lieu parce que Calédonie Ensemble entretient avec le Palika une liaison dangereuse dont il est convaincu qu’elle l’amènera aux marches du pouvoir dans ce fameux pays émancipé. Mais certaines liaisons se paient au prix fort, et l’on voit aujourd’hui les contradictions intenables du parti dans son discours loyaliste. En second lieu parce que Philippe Gomès est convaincu, tout comme Pierre Frogier, d’incarner la relève, l’élève qui dépasse enfin le maître. Enfermé dans sa tour d’ivoire, le Député n’écoute plus que lui-même, ayant constitué dans son entourage, à l’image de son rival, une cour de flatteurs dépourvus de toute objectivité.

Face à cet effet d’annonce faussement constructif puisqu’encore vide de sens, le Mouvement Républicain Calédonien demeure serein. Il s’agit en effet pour nous de respecter non seulement l’esprit, mais aussi la lettre des accords. Le référendum doit se dérouler tel qu’il a été prévu, car il s’agit bien de la principale promesse faite aux Calédoniens. Pour autant, il conviendra de dresser un bilan objectif de l’évolution de la Nouvelle-Calédonie au travers des ADN, d’encourager et renforcer les compétences maîtrisées et assimilées, mais aussi de pouvoir libérer le territoire des fardeaux qu’elle n’aura jamais les moyens d’assumer. C’est un avenir de bon sens et de raison que nous proposerons à la Nouvelle-Calédonie, pour que nos enfants continuent de grandir sereinement sur leur terre du Pacifique.

21 COMMENTS

  1. Discours bidon écrit par une personne qui ne maitrise pas la problématique.

    Quand on ne sait pas de quoi on parle, vaut mieux éviter de donner des leçons.

    Dans l’ADN, y’a 3 partenaires, les indépendantistes, les non indépendantistes et l’Etat. Le terme loyalistes n’est pas acceptable car cela sous entend qu’il n’y aurait que 2 parties, les indépendantistes contre l’Etat.

    Visiblement, Silvère écrit sur un sujet (ADN) dont il ignore l’esprit et même la lettre,……… nul, sale, 2.

  2. il ne s’agit nullement d’un discours ni de leçon, mais d’une analyse point par point du discours de Philippe Gomès.

    Désolé de te contredire, Floyd, mais je pense maîtriser ce pourquoi tu me condamnes. En l’occurence, il ne s’agit pas de statuer sur les partenaires de l’ADN, mais bien sur les propositions alambiquées de Philippe Gomès.

    « le terme loyaliste n’est pas acceptable » Je laisse aux lecteurs le soin de juger une telle déclaration.

    J’aurais aimé un échange de points de vue sur le fond, je n’ai droit qu’à une condamnation de principe, je suis déçu…

    • Tu as tout faux mon ami, TOUS les calédoniens raisonnent en termes Pays, indépendantistes comme anti indépendantistes.

      C’est un point commun qui peut nous unir sur l’essentiel.

      Parler de « loyalistes » ne fait que sublimer et diminuer la légitimité des non kanaks. Nous cataloguer de loyalistes « victimes de l’Histoire » de la France coloniale est très réducteur et ça va nous mener tous droit dans le mur. La politique de division du Rump avec les 2 drapeaux, 2 peuples, 2 légitimité est dépassée. Y’a qu’une seule légitimité en Calédonie, la notre entant que peuple calédoniens. Plusieurs couleurs, un seul peuple, point barre.

      Si tu n’as pas compris cette notion fondamentale de légitimité calédonienne, il est inutile de faire du bla bla sur des formalités de scrutin de sortie que propose untel ou un autre. Futile et nul.

      • Beaucoup de Calédoniens refusent de raisonner en terme de Pays. La NC n’est pas un pays, mais une entité de la République. Cette notion est fondamentale et ne souffre aucune compromission. Il y a de multiples sujets sur lesquels nous pouvons nous entendre avec les indépendantistes, mais il y en a un sur lequel il n’est pas possible de transiger, et sur lequel tu tentes benoîtement de surfer : celui de l’appartenance plein et entière à la France. Ton commentaire, Floyd, est un aveu qui confirme les intentions de CE : construire un pays qui se détache de la France, rechercher une solution qui satisfait le camp des indépendantistes, mais qui trahit l’attente de la majorité des Calédoniens.
        La politique de division du Rump est dépassée, nous sommes d’accord, celle d’enfumage de CE vise à tromper le peuple. Ce n’est pas mieux.

      • Cette idee qui consiste a oublier, a ne plus utiliser le mot « loyaliste » me plait, je ne l’utiliserai plus, je suis d’accord avec toi, il a des relents ringards, il fait tres ‘revolution francaise’, une bonne date d’ailleurs, aujourdhui, pour changer de mot en ce 14 juillet…

        • Il ne faut pas avoir peur des mots. C’est bien de vouloir les remplacer, à condition de trouver l’expression qui les remplace. Sauf si évidemment l’idée est d’abandonner la notion. Moi, la loyauté envers la patrie, ça me parle encore un petit peu. Vous proposez quoi ?

  3. Gomes est sourd ou il n’a pas écouté le discours de Christnacht c’était limpide,même moi je l’ai compris …
    ADN veut dire 3 référendums sur la pleine souveraineté ( tention il a pas dit indépendance)
    vous perdez à l ‘issue du 3eme c’est l’indépendance..reste aux kanaks à gérer le pays sans les non canaques et sans la France (d’ou très rapidement accord avec la France qui mettra au pied du mur les vainqueurs)
    si vous gagnez ?bravo vous avez obtenu le droit de discuter du futur avec les perdants de quoi? (A mon avis de l’indépendance)
    Y a un problème c’est que le statut actuel ne pourra perdurer nonobstant la clause disant que nul retour en arrière n’est possible car cette affirmation dépend d’une clause de ADN dont le représentant de l’Etat dit aussi que ces ADN ne pourront tenir car le conseil constitutionnel ne les a acceptés que parce que temporaire car ils sont totalement en contradictions avec nos règles et principes juridiques… il y aurait une autre voie c’est que l’ensemble des partis s’entendent sur un texte commun sur l’avenir politique ;ce texte devrait alors être adopté par le conseil constitutionnel… quand on voit la haine entre NON indépendantiste s vrais ou supposés et le fonds de commerce que représente l’indépendance de ceux d’en face ,sincèrement qui peut croire au
    miracle? moi j’y crois pas et vous?
    alors Gomes vous enfument c’est tout et Frogier ne sait plus comment s’en sortir :la preuve ili interroge les habitants pour savoir quoi faire.. vous savez quoi les mecs c’est mal barré.fallait pas signer en1998 un pareil torchon ou alors fallait comprendre que c’était juste le temps de faire du pognon avec le rééquilibrage pour ceux qui sont venu pour cela sans comprendre ce qui était prévu

  4. « torchon » est bien le mot…
    La seule facon de s’en sortir de ce bourbier (tant pour les loyalists que pour les independantistes) c’est de proposer a la France qu’elle regionalise le Caillou, ce serait mutuellement benefique…
    Oublies le reste, trop complique et pas assez clair…
    Les jeux ne sont pas fait !

  5. …/… [Silvere]

    partisan
    supporter
    defenseur
    apotre (faut peut etre le laisser a Jesus, celui-la…)
    disciple ( »  » aux philosophes grecques  » « )

  6. Avoir « l’enjeu », le projet de rapprochement avec la France bien defini t’aidera , nous aidera a trouver le synonyme du mot ‘loyaliste’ le mieux adapte a notre devenir, le probleme est là… Si nous devenons Francais 100% (si j’ose dire) c’est a dire avons l’espoir de faire partie de la France en votant pour que la NC devienne une REGION a part entiere, alors-la, le mot loyaliste peut etre remplace tout modestement par le mot ‘Francais’, sans statut (sui generis), nous ne le sommes pas a 100% francais…

  7. J’ai choisi le mot qui va remplacer ‘loyaliste’ dans mon vocabulaire, Silvere, ce sera ‘partisan’ en hommage aussi aux resistants de la derniere guerre a qui je vais gentiment ‘l’emprunter’, ce tres joli mot, et je le remplacerai par le mot ‘Francais’ quand je me sentirai 100% Franciase sur ce beau caillou…

    • Partisan, ça me plaît aussi. Et j’attends le jour où on n’aura plus en effet à utiliser ce genre de vocabulaire…

    • Je ne comprends pas bien vos sous-entendus. J’ai tenté de faire une analyse construite, vous répondez par des interjections grotesques et un dénigrement bête et méchant. Apportez une contradiction intelligente, si ce n’est trop vous demander.

      • Ha ha ha ha du grand bla bla pour ne rien dire, le MRC propose exactement la même chose que Calédonie ensemble.

        Extrait: « ….Pour autant, il conviendra de dresser un bilan objectif de l’évolution de la Nouvelle-Calédonie au travers des ADN, d’encourager et renforcer les compétences maîtrisées et assimilées, … ». autrement dit c’est le constat d’un pays « émancipé ».
        Le MRC nous parle d’un « pays émancipé » comme Gomès, mais sans vouloir prononcer les mots « pays » ni « émancipé ».

        Hey, les amis, ayez au moins le courage d’appeler un chat…..un chat.

        Et comble de la tartuferie, le MRC coalisé avec le MPC ne dit pas un mot de la levée du drapeau indépendantiste sur la capitale par le « Richard Virenque » de la Mairie. Un Yanno coalisé et coopté qui assume tout et qui ne regrette RIEN, drapeau, squatts et autres concessions unilatérales insensées .
        Alors vos leçons de « loyalisme » envers la mère patrie, gardez-les pour vos amis du MPC, bande de tartufes.

        • Si le MRC disait la même chose que CE, le MRC n’aurait aucune raison d’exister. Mais je note l’idée selon laquelle vous considérez que nous sommes sur la même longueur d’onde, discours qui change de celui selon lequel il nous est prêté des positions radicales. Je saurai vous le rappeler.

          Concernant cet extrait que vous citez, il ne s’agit pas du tout comme vous le concluez du constat d’un pays émancipé, mais de la mesure de ce qui a plutôt bien fonctionné, et aussi de ce qui apparaît comme déjà compromis. Et de savoir en tirer les conclusions qui s’imposent. Vous faites donc des résumés complètement hâtifs, qui vous arrangent.

          De la même façon, vous bottez en touche sur le sujet évoqué, sur la dialectique de Gomès, sur l’ambiguité de sa proposition, par une tirade facile sur Yanno. Mais malgré tout, je ne me déroberai pas. Le MRC condamne évidemment la levée du drapeau FLNKS sur l’ensemble des institutions, y compris la Mairie de Nouméa. Il se trouve que c’est GY qui l’a levé et il s’agit bel et bien d’une erreur de sa part. C’est la raison pour laquelle nous avons milité en son temps pour faire battre les 2 candidats du Rump aux législatives. Et nous ne le regrettons pas.

          Depuis, je pense que la réflexion a fait son chemin, mais c’est à lui que vous poserez la question.

          Enfin, et en dernier lieu, vos insultes ne vous honorent pas. Elles sont surtout révélatrices d’une certaine gêne dans votre défense. pour votre information, j’ai proposé mon texte à Calédosphère qui n’a pas voulu, semble-t-il, le publier. C’est dire le malaise provoqué dans le camp CEiste et sur son support médiatique…

  8. mais caledosphere refuse beaucoup plus de choses que vous pouvez penser et pas seulement si vous n’êtes pas partisan de CE…
    Caledosphere est bien plus trouble qu’il n’ y parait . Poser la question sur le dénommé Franck qui était il en fait en calédonie et que faisait il réellement ? comment un blog qui bouffait du Gomes est devenu pro Gomes?comment un Franck soi disant misérable faisant la quête pour survivre a t il pu du jour au lendemain faire venir une fiancée venue de nulle part puis partir s’installer avec elle en métropole ,tout en prétendant être toujours le propriétaire réel et animateur du blog depuis la métropole…
    réfléchissez… un peu

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