Voici la position officielle de Calédonie Ensemble et de Philippe Gomes sur les projets de télévisions :

« A la suite des observations qui m’ont été adressées, je souhaiterais apporter quelques précisions au sujet des autorisations à émettre que vient d’accorder le CSA.

Il y a plus d’un an, lors de notre conférence de presse du 8 décembre 2011, nous disions déjà ceci: « Les télévisions locales, cela ne marche nulle part »  Car les exemples ne manquent pas : Télé Toulouse, Angers 7, Demain TV, Nantes 7, Télé Lyon, Cap 24,… et plus proche de nous Tahiti Nui TV qui est en permanence à la limite du dépôt de bilan et dont le coût a été estimé, pour la Polynésie Française, à plus de dix milliards de francs depuis 2001. Tout le monde sait bien qu’un pays de 250000 habitants ne peut s’offrir ce luxe. Encore moins aujourd’hui alors que les Calédoniens sont confrontés quotidiennement à la vie chère et qu’il existe d’autres priorités.

En revanche, il est vrai que nous avons besoin d’une télévision tournée davantage vers la proximité que celle qui existe aujourd’hui. Une télé plus proche de la réalité des gens, de la réalité culturelle, sociale et géographique de notre pays. Mais pour atteindre cet objectif il n’y a pas besoin d’aller créer une, deux ou trois télés supplémentaires. Il suffit pour cela de constituer – comme le propose Calédonie Ensemble depuis l’origine – un fond de développement pour la création audiovisuelle et cinématographique afin que NC1ère puisse se fournir en œuvres réalisées localement (fictions, documentaires, courts-métrages, etc.) C’est à cette fin et c’est dans cet esprit que j’avais initié le projet d’aides à la production audiovisuelle et cinématographique créé par l’assemblée de la Province Sud lorsque je la présidais. Un tel fond doit pouvoir travailler en partenariat avec Nouvelle-Calédonie Première pour que les productions y trouvent un espace de diffusion. Un tel fond coutera beaucoup moins aux finances publiques et sera bien plus efficace en termes d’emploi et de création artistique. Nous avons dans notre pays un vivier de talents qui ne demandent qu’à pouvoir s’exprimer.

Deuxièmement, nous avons toujours été opposés par principe à ce qu’une télévision locale – quelle qu’elle soit – puisse être financée par des fonds publics dont ce n’est pas la vocation. Le financement d’un tel média doit reposer majoritairement sur des opérateurs privés. Il n’est pas acceptable que les impôts des Calédoniens servent à cet usage.

Troisièmement, en ce qui concerne la différence entre les deux télés, je combats vivement le projet NC9 parce que sa nature même est totalement scandaleuse. Et ce n’est pas nouveau. Déjà, avec Gérard Poadja, lors de la campagne des législatives nous présentions cet engagement aux Calédoniens dans notre programme : « Je m’opposerai par ailleurs au projet de télévision de propagande politique NC9, porté par le RUMP et l’UC, qui couterait 1 milliard par an aux contribuables calédoniens. » Je me tiens donc à notre engagement de campagne.

Car la nature de NC9 c’est d’être, elle, portée par une association à vocation politique regroupant les copains et les coquins du RUMP et de RRB. Alors que NCTV est dirigée par une S.E.M dont le fonctionnement est placé sous l’autorité d’une collectivité publique : la Province Nord, ce qui est quand même un minimum quand on est financé quasi exclusivement sur fonds publics.

La nature de NC9 c’est d’être, elle, une chaîne d’information. Si près d’un tiers du temps d’antenne de NC9 est consacré à l’info, c’est bien pour une raison. Si chaque soir on nous promet une demi-heure de JT made in RUMP et une demi-heure de JT made in UC, ce n’est pas pour rien. Dans le même temps NCTV consacre une pastille de 6 min quotidienne pour son journal. L’objectif de ces deux médias n’est donc pas le même.

La nature de NC9 c’est de consacrer l’apartheid identitaire que le RUMP et une partie de l’UC souhaitent mettre en place en Nouvelle-Calédonie. Après les deux drapeaux, les deux types de logements, les deux légitimités, voici les deux rédactions. Or, une des raisons d’être de Calédonie Ensemble c’est de défendre l’accord de Nouméa. Celui-ci nous encourage au vivre ensemble, au partage et à favoriser ce qui nous rassemble et non pas à juxtaposer nos emblèmes, nos valeurs et nos médias.

Cerise sur le gâteau, je constate également que la nature de NC9 c’est d’avoir été autorisé sur la base d’un montage financier bidon. Alors que le financement de NCTV a été acté par un vote de l’assemblée de la Province Nord le 18 janvier 2013, aucune des assemblées délibérantes censées financer NC9 n’a inscrit de crédit à son budget :

– Aucune ligne du budget 2013, voté par le congrès le 21 décembre 2012, ne précise qu’une quelconque subvention sera accordée à NC9,

– À la mairie de Nouméa, c’est le 1er adjoint qui déclare : « ne pas avoir inscrit de financement pour une aide de 150 millions de francs » en la matière,

– À l’assemblée de la Province Sud, rien n’a été inscrit au budget et le thème n’a même pas été abordé lors de la séance du 18 décembre 2012,

– L’OPT – désigné comme organisme contributeur par les promoteurs de cette télé de propagande – n’a jamais évoqué le sujet lors de son conseil d’administration.

Enfin, la nature de NC9 ce n’est pas, comme pourrait l’être NCTV, de promouvoir telle ou telle valeur ou telle ou telle sensibilité. La nature de NC9 ce n’est pas de défendre les non-indépendantistes face aux indépendantistes. La nature de NC9, son objectif, sa vocation c’est de réduire et finalement détruire, grâce à la puissance d’un média de masse, ceux qui ne pensent pas comme le RUMP de Pierre Frogier et Eric Gay et de leurs affidés de circonstance. La nature de NC9 c’est la propagande à grande échelle financée sur fonds publics.

Voilà ce qu’est NC9 : un scandale dans le scandale. Voilà pourquoi Calédonie Ensemble combattra de toutes ses forces et par tous les moyens la mise en œuvre d’un tel projet.  A travers ce combat se joue, pour nous, le droit à la liberté d’opinion, d’information et d’expression dans notre pays.

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