Vu sur Facebook , je partage :
Je suis allé voir la présentation-conférence de la SLN hier soir à l’Eau Vive au sujet du projet de remplacement de leur centrale électrique. Etat des lieux, enjeux et problématiques, panel des solutions envisagées, justification du choix retenu, bref c’était très intéressant.
Quelques réflexions sur tout cela :

Il est vrai que l’option du charbon semble la seule véritablement viable pour répondre aux besoins de la SLN (180MW de puissance disponibles 24h/24).

Le fuel est à arrêter au plus vite en raison de son impact environnemental mais également à cause de son coût de plus en plus élevé.

Le gaz était envisagé, mais de nombreux obstacles empêchent de le considérer comme une option viable et sérieuse : coût à l’achat et coût de fonctionnement, risque explosif urbain, mais aussi et surtout très grandes difficultés voire impossibilité de trouver des fournisseurs acceptant de livrer la Calédonie, qui est un trop « petit » client potentiel et qui de plus est trop éloignée géographiquement pour représenter un intérêt pour les producteurs de gaz mondiaux.

Pour l’hydroélectrique, hormis le barrage de Yaté déjà existant et capable de fournir 64MW à la SLN lors des bonnes périodes, il n’existe malheureusement aucun autre emplacement en Calédonie qui soit suffisamment vaste pour accueillir un nouveau barrage capable de répondre aux besoins industriels calédoniens.

La biomasse ne peut être envisagée qu’en petit appoint (quelques MW) avec une petite centrale adjointe à la future centrale. C’est déjà ça…

Les énergies renouvelables ont également été envisagées. Le solaire et l’éolien notamment, mais malgré leur potentiel ces solutions sont pour l’heure inadaptées en tant qu’énergie principale pour l’industrie métallurgique, qui a besoin d’une alimentation constante et importante. C’est incompatible avec les capacités irrégulières du solaire et de l’éolien, et de plus cela nécessiterait un tel surdimensionnement qu’il est donc financièrement et techniquement impossible de fournir 100% « d’énergie verte » pour les 180MW nécessaires à la SLN.

Il a aussi été évoqué les réservoirs de retenue avec conduites hydrauliques forcées, mais là aussi on se heurte à un problème de coût, de manque de sites adéquats et d’acheminement de l’énergie.

En même temps, la SLN annonce pour son nouveau projet « charbon » une réduction par 15 des poussières, une réduction par 10 du dioxyde de soufre, et une réduction par 2 des dioxydes d’azote. Une centrale annoncée capable de répondre aux dernières normes environnementales européennes en la matière. Petit bémol, une augmentation de 4% des émissions de CO2 par rapport à la centrale au fuel actuelle…

Au vu de tout cela et des nombreux arguments et questions avancées au cours de cette soirée de présentation, il apparaît donc difficilement envisageable pour la SLN d’avoir un autre choix que celui du charbon.

D’un côté, on peut voir ça comme un net progrès par rapport à la centrale au fuel, et de l’autre on voit ça comme un pis-aller puisqu’il n’y a « pas vraiment le choix »…

Je considère toutefois que malgré l’effort de communication et de transparence de la « vieille dame », il y a quand même une grosse lacune en terme d’image car la SLN est arrivée aujourd’hui au pied du mur après avoir usé sa centrale au fuel jusqu’à la corde, et nous impose donc maintenant une solution charbonnière un peu comme un dernier recours…

Je pense que parallèlement à ce projet, il faudrait que l’usine développe des solutions énergétiques d’appoint, en solaire et éolien, de quoi fournir 10 ou 20% des 180MW requis par les fours, un appoint néanmoins très important car d’une part il permettrait à la SLN d’économiser sur sa consommation annuelle prévue de 600,000 tonnes de charbon -et donc améliorer un peu son indépendance énergétique- , mais il réduirait ses émissions polluantes d’autant, et aussi et surtout cela apporterait un gros bonus en terme d’image de marque à cette société auprès du public, en montrant son implication environnementale pour notre pays… C’est la seule chose qui mériterait une défiscalisation, d’ailleurs.

En résumé : peut VRAIMENT mieux faire !

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here