Je relais ici un excellent article vu sur Facebook :

« A Luganville, les médecins de l’hôpital sont chinois et ne parlent que leur langue, les bâtiments construits par les français, le mobilier est fourni par les britanniques, l’infirmière qui nous accueille gagne 80 000 xpf avec 37 ans d’ancienneté et doit bientôt prendre sa retraite… sauf qu’elle ne touchera rien puisqu’il n’y a pas de caisse de retraite. En attendant, elle forme des jeunes stagiaires sur le tas, pas d’école d’infirmière. La route principale a été goudronnée grâce aux dons américains et néo-zélandais…

Dire ou laisser croire que le Vanuatu est un exemple d’indépendance réussie relève de l’ignorance ou d’une volonté d’abuser ceux qui ne peuvent juger sur place.

Nous avons sillonné pendant près de trois mois l’archipel, de Tanna au sud aux Banks, au nord, près d’une quarantaine d’escales, de très nombreux contacts, visites de villages, discussions fréquentes et amicales, et nous n’avons rencontré que des gens pauvres mais heureux, paisibles, décomplexés .. . ayant plaisir à vous accueillir, à vous parler, à échanger les yeux dans les yeux de façon apaisée sans vous considérer comme des envahisseurs, des étrangers, des « blancs » mais tout simplement comme des hommes, des égaux avec qui on peut partager, discuter, plaisanter, et finalement passer un bon moment.

Pour autant, le constat est sans appel : il n’y a absolument rien de comparable entre les deux pays.

Hormis Port-Vila et Luganville, où de riches Australiens, Européens ou Asiatiques profitent des avantages du paradis fiscal et faussent ainsi les statistiques économiques, le Vanuatu est un pays pauvre et sous – développé…. Pas au point de mourir de faim, heureusement, mais où fréquemment le repas des enfants se trouve dans le coco ramassé.

Dans la très grande majorité des iles, les dispensaires, écoles, routes, wharfs sont délabrés ou inexistants. Il n’y a pas d’électricité, d’eau, de gaz, de télé, de radio… Aucun moyen de conserver la nourriture et les « magasins » ne proposent que des conserves et autres produits à des prix prohibitifs. Le litre d’essence varie entre 250 et 500 cfp et la pirogue avec la marche reste, dans bien des cas, le seul moyen de transport. Le tissu économique est réduit à sa plus simple expression, pas d’entreprise, pas d’employeur, donc d’emploi salarié. Pour gagner un peu d’argent, la vente du coprah et du kava principalement, collectés par les caboteurs. Les fonctionnaires sont très rares et les coutumiers chargés de gérer le quotidien des villages ne touchent aucune indemnité. Les rares emplois sont ceux des enseignants, en majorité du privé, très faiblement rémunérés par les parents d’élèves et uniquement pendant l’année scolaire : l’école est payante et les familles, souvent nombreuses, doivent choisir pour quel enfant se saigner.

Il n’y pas d’AMG, de minimum vieillesse, d’allocations familiales, de caisses de retraites ou de prévoyance, pas de remboursement ou de prise en charge, de subventions ou de billets de faveur, pas de visites de médecins spécialistes, d’évasan, etc..

Pour vivre et manger, chaque homme est livré à lui-même, contraint quotidiennement d’aller au champ ou à la pêche….

Ce mode de vie qui pourrait nous étonner, venant de Calédonie, est le leur depuis toujours, leurs parents et grand parents vivaient déjà ainsi. Certains anciens, avec fatalisme, se souviennent  d’une époque pas si lointaine ou l’école accueillait gratuitement tous les enfants, où les visites du médecin étaient régulières et gratuites aussi. Maintenant, c’est la générosité de pays donateurs qui apporte quelques changements mais si peu qu’il est fort probable que les générations futures n’aient d’autre choix que d’aller au champ (garden) comme leurs parents.

Peut-on en dire autant pour les calédoniens ? »

( sources : FB)

2 COMMENTS

  1. En gros la question n’est pas de savoir si leur mode de vie est mieux ou moins bien que le notre, mais si nous serions en mesure de perdre une partie plus ou moins importante « du confort » que nous avons actuellement ???

    Et c’est en ce sens que nous comparons souvent le Vanuatu et la NC.
    Comme il est inscrit dans ce commentaire, les anciens se souviennent de ce qu’ils ont perdu, pas de ce qu’ils ont gagné !!!
    Il ne s’agit pas ici de dire que cette façon de vivre est « mauvaise » ou « bonne », mais vraisemblablement pas souhaité, pas adapté à nos concitoyens…

    C’est un constat que je fais sans prendre trop de risques. En effet, les seuls qui ont peut-être tiré un certain avantage à l’indépendance sont les petites gens qui ont pu accéder à l’économie qui était trusté par une poignée de bonhomme ???

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