Préambule.
Monsieur le Premier Ministre,

ce texte ne prétend nullement ni à l’exhaustivité ni à un caractère scientifique, il reste le fruit de l’observation attentive des différents groupes qui forment la mosaïque calédonienne, de l’avis éclairé de quelques acteurs de cette société, de la lecture patiente d’ouvrages apportant des éclairages multiples et divers sur ce sujet (à l’instar du remarquable ouvrage collectif : « Etre Caldoche aujourd’hui » …) sans oublier les statistiques disponibles, plus ou moins anciennes.

Ce dernier point m’a contraint à ne pas véritablement quantifier les groupes, les informations disponibles ne correspondent plus exactement à la réalité de la mosaïque humaine composant le socle de vie calédonien.
Cette rédaction n’a pas la prétention d’être un travail de sociologue, mon objectif est plus pratique. L’orientation est résolument mercatique, essentiellement de vous permettre une segmentation plus fine d’une population de consommateurs.

Et même si des considérations sociologiques apparaissent (elles sont même indispensables pour définir des groupes sociaux) le but est de présenter à ces différents groupes des offres commerciales plus pertinentes correspondant à leurs besoins, à leurs
comportements et à leurs pouvoirs d’achat.
Ainsi, les socio-styles – ou « styles de vie » – peuvent-ils être définis par une synthèse des conditions de vie, des croyances, des psychologies, et des habitudes de comportement. Cependant, la véritable diversité actuelle ne s’explique plus par l’âge, le
sexe, ou même les revenus, mais de plus en plus selon des critères socioculturels et comportementaux.

Je peux toutefois en définir 7 principaux ; c’est bien entendu réducteur, voire caricatural. Mais pour que ce travail soit opérationnel il me semblait impensable de rendre compte fidèlement et exhaustivement de la cartographie sociale de la Calédonie, tout en maintenant une taille démographique suffisante à chaque groupe pour mener sur celui-ci des actions mercatiques efficaces.
Pour ce faire, des regroupements ont été réalisés (comme dans le groupe « immigré »).

Je me suis efforcé, à chaque fois que cela semble nécessaire, de préciser les « sousgroupes » les plus importants …
Vous trouverez donc ci-dessous la carte perceptuelle (ou « mapping ») des différents groupes. Enfin, un mode d’emploi pour lire cette carte se trouve immédiatement après.
Rédacteur : F.L.A. 2
« Frime »
Caldozor
Broussard
Z’oreille
« Tradition »
« Modernité »
Caldoche
De Nouméa
Immigré
Mélanésien
De Nouméa
Mélanésien
De brousse
« Discrétion »
Rédacteur : F.L.A. 3
Mode de lecture du « mapping » :
Les groupes sont disposés sous forme de « patates » non proportionnelles à leur importance démographique (difficile à évaluer compte tenu du « flou » des statistiques disponibles …)

– Ces « patates » se positionnent autour de deux axes :
•Un axe « modernité / tradition » qui gradue les groupes en fonction de leur degré d’ouverture et d’acceptabilité aux idées / comportements importés du reste du monde.

•Un axe « frime / discrétion » qui situe les comportements sociaux apparents : Depuis des attitudes de grande retenue, jusqu’aux attitudes les plus ostentatoires.

Il faut ici bien préciser que l’on peut avoir à la fois une attitude vis-à-vis des autres assez tape-à-l’oeil et porter en soi des valeurs fortes et profondes.
Bien entendu, la position des « patates » les unes en fonction des autres a un sens.
Ainsi, par exemple, la patate « Caldoche de Nouméa » peut elle être interprétée comme suit :

Située entre modernité et tradition, le Calédonien blanc (Caldoche) de Nouméa est plus méfiant et moins perméable aux idées nouvelles que les z’oreilles ou Caldozors.
Néanmoins, vivant à la ville dans un milieu économique ouvert, il est plus « moderne » que les Mélanésiens, broussards, ou immigrés.
D’autre part, il reste plus discret que les Caldozors, Broussards ou autres z’oreilles, tout en ne détestant pas montrer qu’il a réussi …

Bien entendu, cela reste des généralités et il est facile à chacun de présenter des contre-exemples :
ce sont plus des tendances qui sont ici proposées que des vérités absolues !

1 – Le z’oreille
Comme dans d’autres pays d’outre-mer, le z’oreille est un oiseau migrateur.
Venu de métropole – ou d’ailleurs – il se pose en Calédonie pour un temps limité (quelques années au plus).
Souvent cultivé, souvent compétent, souvent fonctionnaire, il apporte au territoire les idées nouvelles et des ressources fiscales.
Le z’oreille est par nature individualiste.
Le devenir du territoire n’est pas sa préoccupation profonde même si – intellectuellement– il s’y intéresse. Sa motivation principale est l’argent.
Il voit dans son/ses séjours dans les Dom-Tom un moyen agréable et sur de mener une vie meilleure qu’en métropole et de réaliser plus rapidement un projet hors du territoire (Immobilier, éducation des enfants …).

Pour ce faire, le z’oreille met un maximum d’argent de coté … Les Calédoniens qualifient volontiers le z’oreille de radin.
Il est tellement avare qu’il ne se lave pas pour économiser le savon, disent-ils volontiers !
Sans prêter attention à ces propos calomnieux il est clair que les habitudes de consommation du z’oreille sont particulières :

– il est locataire de son logement et il n’y investit pas, tout au plus fréquentera-t-il les antiquaires pour ramener dans son nid métropolitain la pièce rare (Kanak, aborigène, papoue ou vanuataise) qui confirmera à ses amis sa qualité de grand voyageur. Mais, à par cela, peu d’investissements mobiliers.

– En revanche, le z’oreille est un gros consommateur de services : Financiers (il faut bien gérer son épargne !)
médicaux (il est rarement très jeune … mais sa confiance aux médecins locaux est limitée aux interventions de base !) et
surtout culturel et de loisirs.

Sans les z’oreilles les toubibs changeraient leurs BMW 4×4 contre de modestes Clio, les théâtres se videraient, les bibliothèques perdraient de très nombreux lecteurs, les infrastructures de loisirs mettraient la clef sous la porte, et les compagnies aériennes
feraient face à de sérieuses difficultés … et les prix baisseraient sensiblement ! (En particulier dans le secteur de l’immobilier !).

Une sous-espèce notable de z’oreille : Le retraité 7mois / 40 jours …
Il s’agit d’un retraité de la fonction publique (toujours), qui venait rechercher sur le territoire une indexation substantielle à sa retraite avant la modification du statut fin 2008.

Pour l’obtenir, il est obligé de rester en Calédonie au moins 7 mois. Il « touche alors sa prime » (rappel d’indexation) et il peut partir ensuite 40 jours hors du territoire sans être désindexé … L’effet d’aubaine a joué donc à plein.
A la différence du z’oreille actif, celui-ci peut s’incruster : Il achètera volontiers son logement (en défiscalisation, bien sur !) et il dépensera plus pour son équipement et sa décoration.

Ses habitudes alimentaires seront également un peu différentes : il apprécie la bonne chère et sera, de ce point de vue, plus prodigue que le z’oreille actif dont la frugalité est légendaire !
Une autre sous-espèce : Le z’oreille desesperados !

Il s’agit ici d’individus assez jeunes (25-35), majoritairement masculins, débarquant en Calédonie avec une valise … et rien d’autre.

Le plus souvent le Desesperados a subi des échecs professionnels ou affectifs qui l’ont conduit à vouloir « recommencer une nouvelle vie » à l’autre bout du monde. Son avenir sur le caillou n’est pas assuré : peu ou pas qualifié, il ira – au mieux – de petits boulots en petits boulots, et rares sont ceux qui parviendront à s’insérer convenablement dans l’économie locale.
Ils ont une consommation de survie :

– colocation ou squat,
– petites combines,
– dépenses alimentaires de base.
Rien qui ne puisse séduire les hommes de marketing !

2 – Le Caldozor

Espèce mutante, le Caldozor est un z’oreille qui s’est installé sur le territoire. A l’inverse du z’oreille il est concerné au premier chef par l’avenir du caillou et il s’implique volontiers dans la « société civile » calédonienne.
Il n’est toutefois pas encore intégré. Les natifs le lui font bien sentir !
Certes séduit par l’environnement calédonien, le Caldozor l’est encore plus par la réussite sociale. Souvent cadre (public ou privé) ou entrepreneur individuel, s’il reste c’est qu’il a réussi – ou qu’il espère réussir – alors qu’il subissait souvent une situation médiocre (voire critique) en métropole.

Très sévère à l’égard de la mère patrie, porteuse de bien des maux, il affiche ostensiblement son scepticisme sur la qualité de vie de ces pauvres français qui font face à tant de difficultés (il faut, psychanalytiquement, se persuader qu’on est beaucoup
mieux ici que là-bas !)
Mais le fond de sa pensée est plus nuancé.
Il est, en effet, attaché à la métropole par des liens familiaux qui perdurent, des amis qui demeurent, et il ne manque pas une occasion de faire les 20.000 km qui séparent Nouméa de Paris.
D’ailleurs sa confiance en la Calédonie se limite souvent à la rhétorique du discours.
Il place volontiers ses économies en dehors du territoire et il n’hésite pas à envoyer ses enfants en métropole – ou chez les « pokens » – pour parfaire leur éducation.
En terme de consommation le Caldozor est une cible de choix.
Doté d’un réel pouvoir d’achat, souvent très supérieur à la moyenne, il investit dans son logement – qu’il préfère individuel si ses moyens le permettent – et dans l’équipement de sa maison. Il faut montrer que l’on a réussi !
Sa voiture sera le symbole de son ascension sociale et le bateau au moteur puissant -immobilisé trop souvent sous son « carport » – montrent aux amis qu’on a « les moyens » !

Sa consommation courante est de la même veine. Le Caldozor est un gros consommateur, épicurien, dont l’un des objectifs est de vivre le plus agréablement, au jour le jour, sans faire pour autant de grands projets à long terme.

3 – Le Caldoche de Nouméa

C’est lui qui tient les clefs du pouvoir économique et souvent du pouvoir politique. Même si ses origines le ramènent quelquefois à des réalités peu glorieuses, le caldoche de Nouméa s’est « acheté une conduite ». C’est souvent un notable ; ses biens sont majoritairement enracinés sur le « caillou » même s’il diversifie volontiers ses avoirs vers d’autres cieux considérés comme plus sécurisants à long terme.
Le Caldoche de Nouméa a le culte du réseau (Rotary, Francs-maçons, anciens de Lapérouse (!), Cercle des Nageurs Calédoniens etc …)
Même s’il demeure profondément individualiste (à l’instar de tous les « pionniers ») il peut compter sur de solides – mais rares – amitiés consolidées par de mémorables coups de pêche ou – mieux – coups de chasse, et de multiples services mutuels rendus.
Néanmoins tous les caldoches de Nouméa ne sont pas multimillionnaires.
Nous trouvons également dans cette catégorie des familles aux situations, et donc aux revenus, plus modestes.

La famille – puisque nous l’évoquons – est le véritable ciment de l’identité caldoche. C’est un « clan » sur lequel il pourra toujours compter si nécessaire. La Calédonie est son pays et ses liens avec la métropole sont distendus, voire inexistants. Il se méfie des z’oreilles (ou des Caldozors car il ne fait pas la différence, tant, pour lui, leurs mentalités sont proches !), sujet favori de ses quolibets, envers lesquels il garde toutefois un complexe d’infériorité (+ de diplômes, + d’ouverture sur le monde, + de « culture », croit-il).

Plus traditionnel que les z’oreilles, le Caldoche de Nouméa est plus respectueux, même si sa courtoisie n’est souvent que de façade. Toutefois, il a gardé de ses origines « pionner » un remarquable sens de l’adaptabilité.
S’il se méfie des idées nouvelles qui peuvent être éphémères, il sait prendre dans les concepts modernes ce qui peut servir ses intérêts.

Nous en voulons pour preuve, la transformation rapide de Nouméa (en 15 ans …) en métropole moderne qui n’a pas grand
chose à envier à une ville continentale de taille équivalente.
Sa consommation peut être quelque fois flamboyante, et c’est parmi les caldoches de Nouméa que se comptent les grandes fortunes qui viennent à l’esprit de chacun !

Mais le plus souvent le caldoche de Nouméa se méfiera de signes trop ostentatoires ; il connaît la valeur de l’argent et les difficultés pour le gagner. Son véhicule est un 4×4 dont il se sert réellement pour aller « en brousse » et son bateau, même s’il est souvent
moins rutilant que ceux des caldozors est souvent plus utilisé.

Sa maison est confortable, sans plus. Le foncier comptera plus que l’immobilier. Il investit à long terme, persuadé de la valeur des biens tangibles (mobiliers – tels que matériel Hi-Fi ou produits « blancs » – et immobiliers) qu’aux placements financiers dont
il se méfie.

4 – L’immigré

Cette catégorie est – sans conteste – la plus hétérogène. Sont donc regroupés ici toutes les populations non européennes ou Kanaks qui ont rejoint le territoire le plus souvent poussées par des nécessités économiques.
Citons pêle-mêle les Wallisiens, les Tahitiens, les Indonésiens, les Vietnamiens et toutes les autres communautés d’origine océanienne ou asiatique. Ces communautés ont tout de même quelques points en commun. Une volonté de s’établir définitivement sur le
territoire, de s’intégrer, et, pour l’essentiel, ils résident dans le grand Nouméa.

En revanche, les disparités entre les différentes communautés sont nombreuses. Nous prendrons deux exemples : Les Wallisiens et les Asiatiques.
Les wallisiens ont encore de fortes pratiques communautaires et solidaires ; il existe un fort taux de chômage dans cette communauté et leur consommation se limite souvent à l’essentiel. Leur intégration dans la société calédonienne progresse, de nombreux
wallisiens obtiennent des postes de fonctionnaires territoriaux (cat. C ou B) ou sont salariés dans des entreprises locales (bâtiment …).

Le statut de salarié leur permet d’accéder à un niveau de consommation proche des populations d’origine européennes.
Les communautés d’origine asiatique (principalement indonésienne et vietnamienne) sont souvent installées en Calédonie depuis plusieurs générations puisque de la main-d’oeuvre « tonkinoise » fut importée massivement fin 19ème / Début 20ème pour travailler dans les activités minières.
La plupart des ressortissants de ces communautés sont bien intégrés et contribuent activement à l’essor de la Calédonie.

De ce point de vue, il est incontestable que la communauté vietnamienne est – de loin – la plus intégrée. Arrivés depuis 3 ou 4 générations on peut considérer que ce groupe possède aujourd’hui un style de vie assez semblable aux populations européennes de
Nouméa. Même leur alimentation est moins marquée par la tradition communautaire !

Les indonésiens, également en voie d’intégration, sont toutefois à un niveau inférieur d’acceptabilité des modes de vie européen. Ils peuvent toutefois être très « frimeurs » :
Je roule en BMW mais mon logement est à la limite de la salubrité !

Quant à la communauté chinoise (ou Thaïlandaise), arrivée plus récemment, elle met « les bouchées doubles » pour s’intégrer et réussir professionnellement dans le commerce.
Ces communautés asiatiques sont souvent des entrepreneurs individuels accédant rapidement à une certaine aisance. Leur style de consommation alimentaire est spécifique, voire exclusivement communautaire. Ils n’apprécient pas les grandes surfaces
commerciales et préfèrent « faire travailler » ceux de leur communauté.

Cependant, quand ils ont accès à une réussite financière solide, ils n’hésitent pas à le montrer par un habitat individuel très bien équipé et par l’achat de grosses berlines de marque allemande. Ils n’ont pas confiance au système financier moderne préfèrent investir leurs
économies, d’abord dans l’amélioration ou l’acquisition de leur outil de travail, puis dans l’investissement immobilier (sur, et hors du territoire).

5 – Le Mélanésien de Nouméa.

Le Mélanésien de Nouméa même s’il demeure « à la ville » conserve des liens étroits avec sa terre, sa tribu, et son clan.
Ces liens – bien sur affectifs – sont souvent également financiers. Le Kanak de Nouméa assure souvent un rôle de redistributeur de richesse, servant de relais au service des intérêts de son clan auprès des différents « pouvoirs » de la capitale.

Sa tradition demeure vivace et il s’efforce de la faire également vivre au travers de l’éducation – quelque fois stricte – de ses enfants.
Il n’en demeure pas moins que le mélanésien de Nouméa est, dans une certaine mesure, un déraciné. Sa présence en ville n’est pas due au hasard, résultat d’une nécessité ou d’un choix.

– Nécessité car les conditions économiques, ou coutumières de son maintien dans sa tribu d’origine n’étaient plus réunies et il est devenu nécessaire qu’il s’exile (Au quel cas seule une grande ville comme Nouméa peut lui permettre un nouveau départ …)

– Choix, car poussé par l’ambition et/ou les diplômes il considère que seule la capitale du territoire pourra lui assurer un avenir plus brillant.

De fait, émerge à Nouméa une véritable classe moyenne mélanésienne dont les comportements et les habitudes se rapprochent d’autant plus des « blancs » que ses liens avec ses origines tribales se distendent.
Il est clair que le présent et le devenir de ceux qui ont été contraints de quitter leur tribu (rejet ou nécessités économiques) restent plus précaires que ceux qui ont fait un choix délibéré de s’établir à Nouméa ; choix souvent provoqué par la perspective réaliste
d’obtenir un emploi salarié correctement rémunéré.

Ainsi coexiste une population mélanésienne marginalisée, aux conditions de subsistance et d’hébergement fort sommaires, dont l’objectif prioritaire est la survie, et une population qui adopte – dans une certaine mesure – les standards et les comportements
des populations blanches.
En tant que cible économique et mercatique, l’intérêt des premiers est quasi nul. En revanche, les seconds peuvent représenter une cible non négligeable, dont la capacité théorique de consommation est réelle et qui, en pratique, peut être plus ou moins
diminuée du montant des transferts vers la brousse qu’ils opèrent.

Ainsi dans les cas les plus favorables (ils sont de plus en plus nombreux) les mélanésiens constituent une cible pour des produits de consommation courante de bas de gamme. La consommation alimentaire et de petit équipement reste prioritaire dans la mesure où ils
sont rarement propriétaires de leur habitat. Ils ont recours au crédit, soit pour des biens d’équipement courants – tels les produits blancs, ou l’électronique – soit pour l’achat d’un véhicule, signe symbolique de leur réussite sociale auprès de ceux restés à la tribu.

6 – Le Broussard

C’est la catégorie démographiquement la moins nombreuse, composée exclusivement de blancs qui vivent en dehors du grand Nouméa.
Comme ailleurs, ces « tontons Marcel » connaissent le phénomène de l’exode rural !
Mais si leur population baisse inexorablement leur poids politique, social et économique demeure important.
Héritiers des premiers colons – ou bagnards – ils ont un rapport affectif fort avec la terre calédonienne qu’ils considèrent comme étant la leur, car ils éprouvent une – légitime – fierté de l’avoir mise en valeur.

Principalement localisés sur la côte est (surtout depuis les évènements …) ils dépendent directement ou indirectement (petits commerce, fonctionnaires communaux) de l’exploitation agricole.
Propriétaires de grands domaines (surface de 10 à 15 fois supérieures aux exploitations européennes) ils pratiquent l’élevage bovin d’une façon extensive et exploitent également des cultures vivrières ou aquacoles.
Proches de la nature ils partagent avec les Kanaks cet attachement à la terre nourricière.
Souvent élevés d’une manière traditionnelle – voire rigoriste – ils se considèrent souvent comme les gardiens de l’identité et de la « culture » caldoche.
Leur accent « pointu » permet de les distinguer de « ceux de la ville » !

Néanmoins le broussard reste un individualiste forcené.
Même s’il peut compter sur des amitiés très solides, il n’est pas rare que le broussard s’oppose vigoureusement à quelques « ennemis » entretenus souvent de longue date.
Il n’a confiance qu’en son clan ou quelques rares amis proches.
Le broussard reste un conservateur méfiant, peu perméable aux idées nouvelles.

Il est très sédentaire, et il ne se rend à Nouméa que pour 3 raisons :
– Acheter à moindre prix et à meilleur choix les produits dont son clan a besoin,
– accomplir des formalités,
– faire la fête ! (Souvent les 3 à la fois !)
Ses comportements d’achat oscillent entre le nécessaire (pour sa famille ou l’équipement de sa « station ») et le superflu, souvent un peu « tape à l’oeil ».
Même s’il reste un gestionnaire avisé de son exploitation, le broussard peut avoir un comportement personnel assez frimeur, voire « flambeur ».
Il reste donc une cible de choix pour les produits d’équipement (pas d’habillement …) haut de gamme, mais aussi pour certains services, financiers notamment.

7 – Le Mélanésien de Brousse

Discret dans son comportement comme dans son habitat (nombre de tribus ne se situent pas sur les routes principales …) le Mélanésien de brousse est assurément le plus traditionnel de notre échantillon.
Assujetti à la coutume qui fige et fait perdurer les traditions – et qui, en même temps bride les initiatives individuelles – les Mélanésiens de brousse sont très interdépendants au sein de la tribu.

Sans parler de vie communautaire, c’est bel et bien la tribu et l’autorité de son « petit chef » qui organise sa vie et ses rapports sociaux.
Son comportement est introverti.
Il ne recherche pas le contact avec d’autres groupes car il est souvent peu scolarisé, pas salarié, et pratique la langue française avec quelques fois des difficultés.
Tout cela lui donne des complexes et l’exclut.
Ceux qui sont plus entreprenants et/ou mieux formés émigrent vers les villes, puis Nouméa.
L’économie du mélanésien de Brousse repose sur deux notions :
– L’autarcie
– les transferts.
N’ayant aucun revenu salarié, le Mélanésien de brousse sait qu’il ne doit compter que sur lui-même ou son clan.
Il va rechercher une gestion d’autosubsistance et ne participe à l’échange que pour des produits de première nécessité (Huile, riz, outillage …)
Il recherchera le troc ou l’échange de services avant l’échange monétaire, qui s’effectue soit auprès des petits magasins-bazar de brousse soit auprès des colporteurs.
Les transferts proviennent quelques fois de collectivités territoriales ou, beaucoup plus fréquemment des subsides reçus des membres du clan qui ont un emploi salarié, le plus souvent en un lieu fort éloigné de la tribu.
Il est clair qu’en matière de consommation, le Mélanésien de brousse est une cible
marginale, qui ne se risque dans les circuits de distribution modernes que pour des achats exceptionnels, très peu fréquents.

4 COMMENTS

  1. les broussards .. »Principalement localisés sur la côte est (surtout depuis les évènements … »
    heu… y a qu’un zor pour écrire une pareille connerie….(désolé)
    et puis ne voir en calédonie qu’une multiplications de couches de populations vivant de manière communautaire est totalement inexact
    un melting pot toujours croissant est beaucoup plus conforme à la réalité et la tendance est à la copie du monde occidental SAUF pour les mélanésiens et c’est là tout le problème du monde mélanésien
    Si des canaques font des études , il n’ont d’autres solutions que de vivre hors réserves.. et donc de plus en plus à l’occidental MAIS le monde tribal se rappelle à eux , ils dépendent des chefs coutumiers, s’ils sont au bout de la chaine féodale;peu importe leurs fonctions « européennes » ils doivent assistance au clan, à la famille au sens le plus large possible .Ou ça devient problématique ;c’est que l’on a créé de nombreux postes de fonctionnaires pour les canaques .cette situation pose et posera le problème de l’indépendance de ces fonctionnaire s vis à vis du clan… les exemples dans le pacifique sud montrent que ceci n’est pas une hypothèse d’école ou une fantasmagorie de ma part …
    quant aux canaques restés en tribu soit par choix ,refus du monde occidental, ils doivent vivre dans des ensembles fonciers qu’ils ne maitrisent pas ,qui dépendent de chefs des terres féodaux à qui ils doivent des corvées,ce sont les serfs coutumiers du pacifique/Comme les ADN ont mis une barrière infranchissable au développement des zones coutumières que les chefs coutumiers n’entendent rien lâcher,que souvent ils sont grassement payés dans des poste s politiques ou leurs compétences et efficacités restent à prouver, il est exclu que cela change rapidement,la conséquence de tout ceci est fort simple
    le fossé économique ne peut que s’accroitre et aucun plan de rééquilibrage n’y arrivera bien au contraire
    la problématique du futur local est là et pas autre part…

    • complètement d’accord.. Cette « analyse », visiblement écrite par une personne instruite, je demande a cette personne de l’effectuer de la même manière en Métropole et d’en tirer les conclusions qui s’imposeront des lors.
      Ou que l’on soie, on croise décidemment toujours les mêmes enculeurs de mouches..PARTOUT!

  2. Je pensai qu il y avait qu en bretagne que l on trouvait tant de particularismes Je commence la lecture apres un survol et je commenterai plus tard.

  3. Bonne analyse des differentes ‘especes’ qui peuplent le Caillou… Bien qu’il manque le ‘cowboy’ de Bourail et de ses environs, de la cote Ouest…

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