Troisième essai nucléaire pour la Coree du Nord

C’est le troisième essai nucléaire souterrain de Pyongyang depuis 2006.La bombe utilisée pour ce test était un engin « miniaturisé », a annoncé l’agence officielle du pays KCNA, ajoutant que « ce test nucléaire de haut niveau avait, contrairement à ceux du passé, plus de puissance explosive. »

L’utilisation d’un engin miniaturisé est source d’inquiétude pour les puissances internationales, car elle laisse entendre que Pyongyang maîtrise désormais la délicate technologie permettant de fabriquer une bombe suffisamment petite pour être fixée sur une ogive. Barack Obama appelle à une action « rapide » et « crédible » de la communauté internationale.

Jusqu’à présent, l’incertitude demeurait sur la capacité du régime communiste à développer une tête nucléaire pour missile à longue portée. Le régime communiste de Kim Jong-un a affirmé que le test avait été réalisé de manière sécuritaire et qu’il visait à faire face à « l’hostilité scandaleuse des États-Unis, qui mine le droit pacifique et souverain de la Corée du Nord de lancer des satellites. » Condamnés par les Etats-Unis, la France, la Chine, Moscou, le Royaume-Uni et même Téhéran, ces essais nucléaires ne sont pas sans conséquences pour la sécurité de la Corée du Nord elle-même : le sismologue Chi Heoncheol, du Korean Institute of Geoscience and Mineral Resources, a rappelé que la région a été frappée par des séismes de magnitude 3,9 et 4,5 après que la Corée du Nord eut procédé à des essais nucléaires en 2006 et en 2009.

Du coup le Conseil de sécurité de l’ONU a entamé des consultations d’urgence à huis clos pour examiner la réponse à donner au troisième essai nucléaire de la Corée du Nord. Il s’agit d’« une violation claire et grave des résolutions du Conseil de sécurité », selon le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Celui-ci se dit convaincu « que le Conseil de sécurité restera uni et prendra les mesures appropriées », a-t-il souligné.

Les reactions des autres pays ne se sont pas non plus faites attendre:
– Barack Obama estime que cet essai nucléaire « provocateur constitue une menace pour nous pour la paix et la sécurité internationales. » Le président américain a par ailleurs appelé à une action internationale « rapide et crédible. » Barack Obama ajoute que « les États-Unis continueront également de prendre les mesures nécessaires pour se défendre et défendre nos alliés. Nous allons renforcer l’étroite coordination avec nos alliés et partenaires. Loin d’atteindre le but affiché de devenir un pays fort et prospère, la Corée du Nord s’est au contraire de plus en plus isolée et a appauvri son peuple en recherchant à mauvais escient à se doter d’armes de destruction massive et de leurs vecteurs. »

– Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague « condamne fermement » l’essai nucléaire, et ajoute que « Londres entame immédiatement des consultations avec ses partenaires du conseil de sécurité pour mettre en place une réponse claire et marquée » à l’essai nord-coréen.

– Le président français François Hollande « condamne avec la plus grande fermeté l’essai nucléaire et demande une action ferme du conseil de sécurité de l’ONU. » La France « exhorte de nouveau la Corée du Nord à se conformer sans délai à ses obligations internationales et à procéder à un démantèlement complet, vérifiable et irréversible de ses programmes nucléaire et balistique. »

– Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a condamné le nouvel essai nucléaire de la Corée du Nord et plaidé pour de nouvelles sanctions de l’ONU contre ce pays, dans un communiqué. « De nouvelles sanctions contre le régime de Pyongyang doivent être maintenant envisagées », a-t-il déclaré, en saluant la tenue d’une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour examiner la façon de réagir à ce test qui contrevient aux résolutions des Nations Unies.

– « L’Union européenne condamne dans les termes les plus forts possibles le dernier essai nucléaire effectué par la Corée du Nord, qui est un nouveau défi flagrant au régime global de non-prolifération et une violation caractérisée des obligations internationales de Pyongyang », a déclaré la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

– L’OTAN « condamne dans les termes les plus forts l’essai nucléaire effectué par la Corée du Nord en violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. »

– Moscou le « condamne résolument », et affirme que « Pyongyang doit cesser ses activités illégales. »

– La Chine redit sa « ferme opposition » à ce tir nucléaire.

– Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon estime qu’il s’agit d’une « violation grave et déplorable » des résolutions du conseil de sécurité, un geste « profondément déstabilisateur ».

– La présidence sud-coréenne a réuni son conseil de sécurité nationale en urgence, et l’armée a relevé son niveau d’alerte.

– Le premier ministre du Japon, Shinzo Abe, juge « extrêmement regrettable » le geste de Pyongyang. Cet essai « viole une série de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. C’est extrêmement regrettable et nous allons protester fermement », a déclaré M. Abe. Le gouvernement japonais a tenu une réunion d’urgence sur le sujet. « J’ai ordonné aux ministres de collecter et analyser les informations, tout en renforçant le système de surveillance », a déclaré juste après M. Abe au Parlement. Le ministère de la Défense a indiqué à ce sujet qu’il allait procéder à des mesures sur une possible contamination de l’air par des radiations.

– Téhéran affirme « désapprouver l’essai nord-coréen et vouloir un monde sans arme nucléaire. »

Logiquement on s’attendait donc a une decision drastique de la part de l »ONU est finalement A l’issue de cette réunion, le Conseil a « fermement condamné » cet essai, « une menace claire pour la paix et la sécurité internationales », et a indiqué qu’il allait commencer à travailler « immédiatement » sur des « mesures » par le biais d’une nouvelle résolution.

Pour les actes, il faudra donc attendre. Au grand dam de l’ambassadeur français Gérard Araud, qui indiquait avant la conférence espérer « qu’il y ait davantage qu’une simple déclaration ». Mais son homologue américaine Susan Rice compte bien ne pas en rester là. « Pyongyang va subir un isolement et des pressions croissantes », a-t-elle assuré…

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