RELIGION – Miracle ou supercherie?

La maison de la famille Altindagoglu ne désemplit pas. Depuis mi-février, les pélerins se pressent dans leur pavillon de Garges-les-Gonnesses  pour admirer la vierge verser des larmes d’huile d’olive . Pas en personne, certes, mais une icone, offerte à la propriétaire des lieux par un prêtre libanais, pour son anniversaire en 2006.

Depuis la mi-février, des curieux ou des dévots se présentent au compte-goutte à la porte du pavillon. Dimanche, une famille a même fait le voyage en voiture depuis Cologne, en Allemagne, espérant assister à un miracle. Mais rien n’est arrivé: la petite icône en bois de la Vierge, accrochée près d’une fenêtre, ne suinte pas. En surface, on y distingue cependant des traces d’huile.

Il est pourtant difficile de dire s’il s’agit d’un miracle ou d’une supercherie.

Le propriétaire, Esat Altindagoglu, est formel : « Cela a commencé le vendredi précédant le Carême, le 12 février. Et jusqu’à hier (samedi), la Vierge n’arrêtait pas de pleurer », assure-t-il.

Du miracle en veux-tu en voilà

«Cela a commencé le vendredi précédant le Carême, le 12 février», affirme son mari Esat Altindagoglu. Et depuis, chaque matin, des petits filets gras suintent du visage de la vierge. En plus des curieux, le spectacle aurait même attiré le Patriarche grec orthodoxe en personne, venu célébrer sur place une messe improvisée.

L’épouse, très croyante, jure qu’elle fut la première à avoir vu de l’huile couler. « C’était un matin. Je priais devant et j’ai remarqué qu’elle pleurait. Je me suis dit que quelque chose n’était pas normal », raconte Sevim Altindagoglu, les yeux mouillés par l’émotion.

« C’est un petit miracle, c’est sûr et certain. C’est un message envoyé par la Vierge et son fils », assure son mari.

Assis dans son canapé, visiblement fatigué, M. Altindagoglu explique avoir hésité avant de l’annoncer à son entourage. « Nous avons patienté trois jours. Comme beaucoup de gens n’y croient pas, nous ne voulions pas être pris pour des fous », se justifie-t-il.

Depuis, les visiteurs affluent dans son salon rempli d’icônes orthodoxes.

Il affirme accueillir chaque jour une cinquantaine de personnes venues de province, voire d’Allemagne ou de Belgique. « Hier, une femme de Toulouse m’a appelé pour me dire qu’elle passerait dans la journée », dit M. Altindagoglu.

Les visiteurs apportent souvent des morceaux de coton qu’ils imbibent de l’huile répandue sur l’icône, espérant un effet thaumaturgique.

La maîtresse de maison va même plus loin, niveau miracle : «Une femme est venue à la mi-février en m’expliquant qu’elle ne parvenait pas à avoir d’enfant. Elle a pris un peu d’huile sur un mouchoir qu’elle a placé sur son ventre. Il y a deux jours, elle m’a rappelé pour me dire que, d’après son médecin, elle peut désormais avoir un enfant». Son salon n’est pas près de retrouver la sérénité de si tôt.

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