“Ca suffit”: l’USOENC exaspéré se mobilise

“Ca suffit !” Le mot d’ordre est lancé, conséquence d’un ras-le-bol général vis à vis d’une vie politique ubuesque. Pour sa première déclaration de l’année, l’USOENC, par la voix de son secrétaire général, Didier Guénant-Jeanson, donne le ton de ce que va être la lutte syndicale ces prochaines semaines

. “Nous sommes restés jusqu’à présent en retrait des dérapages politiques car cela ne concernait pas notre syndicat ouvrier. Or, nous ne sommes plus dans l’esprit de l’accord de Nouméa, et ce sont les Calédoniens les plus faibles qui en payent le prix fort”.

Depuis bientôt deux mois, les gouvernements se succèdent et se ressemblent, identiques dans l’approche de leur préoccupations personnelles, et insensibles au sort des Calédoniens les plus défavorisés. C’est pourquoi le premier syndicat ouvrier annonce haut et fort la fin de son “attentisme” qui a prévalu ces derniers mois et le début d’une série d’actions visant à mettre un terme à la valse des gouvernements si la situation ne se débloque pas rapidement. L’USOENC certifie donc qu’il prendra des mesures radicales dont il fixera le calendrier en temps voulu. “Nous n’attendrons pas deux ou trois ans de crise comme l’ont fait les Tahitiens” promet le secrétaire général. La situation est urgente, mais aucun politique n’en a réellement pris la mesure. Elle risque de nous exploser à la figure”.

En effet, pour cause de blocage au niveau gouvernemental, un grand nombre de dossiers sociaux sont en suspens. Les arrêtés sont empilés sur le bureau du Congrès, attendant la fin des querelles politiques qui paralysent les institutions : SMG, négociations sur les bas salaires toujours en attente d’application, et le logement social. “Nos préoccupations ne font pas partie des affaires courantes nous a-t-on signifié. Ca suffit maintenant ! martèle Didier Guénant-Jeanson, qui ne décolère pas. Nous voulons en face de nous un gouvernement qui gouverne. Et revenir dans l’esprit des accords de Nouméa”. Le syndicat des ouvriers assure qu’il ne laissera pas tomber ces dossiers quelque soit le gouvernement mis en place. “Nous exigeons que le minimum vieillesse soit en place début juillet 2011, qu’un accord pour une mutuelle obligatoire soit trouvé, et qu’enfin de véritables mesures contre la vie chère soient prises une bonne fois pour toute”.

La vie chère : le cheval de bataille de l’USOENC. Depuis 2006, le syndicat s’investit à bras le corps dans la lutte contre la cherté de la vie et réussit à faire asseoir à la table des négociations politiques et acteurs économiques. “Des choses ont été faites, concède non sans une certaine ironie Didier Guénant-Jeanson, mais ce n’est pas avec les oképrix et les écoprix que le problème du coût de la vie sera réglé. Il faut s’attaquer aux problèmes structurels”. Et pour cela, l’USOENC, pour qui la cherté de la vie n’est pas une fatalité, propose des solutions. “Il faut d’abord réformer une fiscalité indirecte pourrie et mettre en place immédiatement un contrôle des prix et des marges pour éviter que le monde économique anticipe la réforme en augmentant ses prix”. Mais pas seulement poursuit le leader syndical : “la Nouvelle Calédonie est riche en nickel, et pourtant cette ressource ne rapporte rien au pays. Il faut mettre en place une taxe sur le nickel pour répartir plus justement la richesse produite. ”

L’USOENC organise trois jours de manifestations contre la vie chère : la 17 mai à Nouméa, le 18 mai à Koné et le 19 mai à Lifou. “Si on ne commence pas à réduire ces inégalités-là, ponctue Didier Guénant-Jeanson, le destin commun est un leurre”.

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Journaliste-pigiste

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3 commentaires

  1. Vous avez la mémoire courte , oubliez-vous les mesures qu’a prises le gouvernement
    GOMES ?
    Pourquoi toujours dire que les gouvernements ne font rien et ne pas parler de ce qu’ils
    ont fait et de ce qu’ils auraient pu faire si on ne leur avait pas mis une peau de banane sous les pieds ?

    C’est un refrain connu et râbaché par tous les syndicalistes

    Soyez honnêtes et reconnaissez les efforts faits en faveur des plus pauvres

    C’est trop facile de critiquer

  2. “Des choses ont été faites, concède non sans une certaine ironie Didier Guénant-Jeanson, mais ce n’est pas avec les oképrix et les écoprix que le problème du coût de la vie sera réglé. »

    Si on ne parle pas de ce que le gouvernement a fait c’est peut-être que cela ne se voit pas dans notre panier. Et c’est aussi pour cela qu’il faut continuer à se battre, encore, jusqu’au jour où l’on pourra, nous les travailleurs avec nos petits salaires (travail à temps complet) aller faire nos courses sans la calculatrice, et sans laisser dans les rayons les produits laitiers, les chocolats, la viande et les poissons, en nous disant la prochaine fois peut-être… Une calamité avec la voiture et c’est le budget du mois qui est grevé…

    Vous parlez de peau de bananes, de choses qui ont été faites par le gouvernement, moi je vous parle de choses concrètes, d’un quotidien usant parce que frustrant, et c’est malheureusement le lot de beaucoup de personnes sur le caillou qui ne pensent pas aux peaux de bananes glissées sous les pieds du gouvernement quand elles vont faire leurs courses, les égoïstes…

    1. Ceci n’est que ma réflexion :

      Je pense que si certains politiques avaient laissé le gouvernement Gomès travailler, les « économiquement faibles » auraient pu voir le résultat de ses efforts en leur faveur MAIS … ce gouvernement « dérangeait » peut-être ? car il allait, peut-être, faire ce qu’aucun d’eux n’avaient encore jamais entrepris (depuis longtemps) pour donner « un peu plus d’air » aux budgets trop étriqués. Chercher l’erreur !

      Tout le monde est tombé dans le panneau ! Les drapeaux n’ont rien à voir avec cette démission, c’est seulement parce qu’enfin (entre autres choses bien sûr) un gouvernement allait s’attaquer à la vie chère que certains politiques, petits copains « des uns et des autres » ceux-là même qui mènent la danse des prix, qu’ils l’ont fait démissionné avec la « naïve » complicité des KNK qui, ravis, ont sauté sur l’occasion pour mettre un peu plus de discorde dans l’alliance de droite.

      Ne vous y trompez pas, tout ça n’a pas été fait pour vos « petits porte-monnaie », ceux-là jouent dans une autre cour que la vôtre !

      Mais bientôt vous allez pouvoir voir ce que le nouveau gouvernement va pouvoir ou « vouloir » faire pour les petites gens.

      Je vous souhaite sincèrement qu’il s’attaque aux problèmes des petits budgets sinon ce serait une « vaste fumisterie » !!!

      Quand aux syndicats il est peut-être un peu tard pour hurler avec les loups !!!

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