A propos de la centrale à bitume dans la Zac Panda

Un commissaire enquêteur a reçu avant-hier des habitants, dans le cadre d’une enquête préliminaire concernant l installation dans la zac panda d’une centrale à bitume, qui doit se situer à 200 m des premières habitations de Dumbea sur mer, et  qui plus est , dans le sens des vents dominants de la presqu’ ile de Nakutakoin.
Quand on sait que la pollution engendrée par une telle centrale provoque des cancers, on peut être surpris d’une telle proximité avec les habitations .
Ce type d entreprise est soumise à des règles strictes en métropole et pourtant on sait deja que la centrale prévue polluera trente fois plus !…

Ci joint le courrier et l’enquete:

Bonjour

La centrale à bitume de Menaouer empuantit le quartier de Nakutakoin! Après un avis défavorable lors d’une première enquête – ce qui ne l’a pas empêché de fonctionner – il a obtenu l’autorisation pour un an de Mr Frogier, malgré l’avis défavorable de la Mairie de Dumbea – Georges Naturel, également au RUMP…

Il compte actuellement s’installer sur la zone Panda, et donc polluer toute la zone environnante et les zones urbanisées sous le vent dominant. L’ association de la Pointe à la Luzerne a donc écrit au commissaire enquêteur, afin que les politiques, éclairés par les responsables de la DIMENC, puissent trouver pour ce genre d’entreprise très polluante pour l’environnement  une zone non habitée où seraient regroupées les entreprises dangereuses pour la santé des Calédoniens.
Objet : Enquête publique du 30 juillet 2012 au 13 août 2012, concernant l’exploitation d’une centrale d’enrobage au bitume et installations annexes sur ZAC Panda sur les lots n° 130 et 129, par la société Entreprise Menaouer.

Monsieur le Commissaire Enquêteur,

Cette enquête en vue de donner à la Holding Menaouer l’autorisation de construire et exploiter une centrale d’enrobage au bitume dans une zone à forte densité d’habitations nous amène à vous demander d’appliquer le principe de précaution en interdisant la dite implantation pour les raisons ci-dessous exposées.

Tout d’abord il est essentiel de rappeler que le bitume est fabriqué à partir du pétrole.

1)  En octobre 2011, le Centre National de Recherche sur le Cancer (CIRC-IARC, organisation mondiale de la Santé a réuni un groupe de travail interdisciplinaire composé d’experts scientifiques internationaux pour réévaluer la toxicité du bitume et de l’asphalte. Le CICRC a estimé que de nombreuses nouvelles données épidémiologiques et individuelles étaient disponibles depuis la dernière évaluation des années 80.

A l’issue de ce travail, le CIRC est arrivé aux conclusions suivantes :
– la grande majorité des études met en évidence la relation entre l’exposition aux fumées des bitumes et asphaltes  et la survenue des cancers du poumon et de la partie supérieure de l’appareil aéro-digestif (langue, larynx, trachée….) ainsi que des effets mutagènes et génotoxique/cytogénétique très clairs. (Mutagène : Peut causer des altérations génétiques héréditaires. Reprotoxique : Peut altérer la fertilité).

Car il y a rejets d’arsenic, chrome, cadmium (l’interdiction de celui-ci est déjà évoquée ailleurs dans d’autres dossiers), nickel, dioxyde de souffre et autres HAP, hydrocarbures aromatiques polycycliques (la nouvelle directive fille 2004/107/CE les concernant est en cours de transposition en droit français).

En conséquence il existe des risques sanitaires réels et sérieux largement révélés par le corpus scientifique :

a) ERS basée sur les produits utilisés dits sensibles tels les CMR voir ci-dessus : (Produits chimiques cancérogènes et/ou mutagènes et/ou toxiques pour la reproduction) ou dangereux pour l’environnement.

b)  Liés aux émissions de poussières : Une partie des particules de roches introduites au niveau du tambour malaxeur- sécheur sera rejetée vers le milieu naturel, d’autres envols de poussières seront dus à la circulation des camions liés au fonctionnement de la centrale.

c) Liés aux risques d’accidents qui concernent l’incendie au niveau des cuves de stockage d’hydrocarbures, l’explosion, la dispersion de produits nocifs. Le risque d’explosion est dû à la présence simultanée d’hydrocarbures et de générateurs d’électricité.

d) Pollution des eaux souterraines et superficielles, contamination des eaux de la rivière de la  Dumbéa située en contrebas de l’aire d’implantation. La pollution des eaux serait créée
par infiltration ou par écoulement, dont les eaux de pluie qui vont « nettoyer les surfaces des cuves et autres bassins contaminés…. et s’écouler entres autres par ruissellement dans la rivière ».
e) Risque d’accident majeur (rupture accidentel des bacs de rétention pollués), tel que rupture de récipient, déversement direct de matières dangereuses ou insalubres vers les égouts ou les milieux naturels (rivières, mer, etc.).

La rivière de la Dumbéa, considérée comme une nurserie, subirait  des conséquences irréversibles, car ces substances ne se diluent pas dans l’eau.
Lorsque l’on sait que ces produits ne sont pas biodégradables et transitent dans l’ensemble de la chaîne alimentaire que penser des produits agricoles situés dans le secteur.
La végétation n’arrive pas à se développer normalement, les bourgeons sortent, noircissent et tombent !

Les diverses enquêtes diligentées par le BRGM et autres spécialistes pour des cas similaires à celui-ci, en métropole, ont toutes démontrées la dangerosité de ce type d’industrie pour la santé humaine et les répercutions catastrophiques pour l’environnement.

Tout cela avec des lotissements qui sont proches de la dite centrale d’enrobage au bitume : Panda, la Dorade, La Pointe à La Luzerne, qui se trouvent sous les vents dominants la plus grande partie de l’année, amplifiant ainsi les effets de cette pollution atmosphérique « particules toxiques, odeurs pestilentielles et toxiques »  sur tout le secteur.

Ce qui rend impossible :
-de rester sur les terrasses, dans les jardins, de dormir les fenêtres ouvertes, y compris la nuit à cause des dégazages intempestifs que pratique déjà l’entreprise Ménaouer avec la centrale à bitume provisoire sise à La Pointe à la Luzerne, alors que les textes de Loi l’interdisent
-d’utiliser les piscines car des particules de goudrons flottent sur l’eau des dites piscines
Les conclusions du CIRC mettent en évidence nos pires craintes et peuvent engager la responsabilité pénale des instances administratives (Province Sud, Maire…) pour ne pas avoir appliqué le principe de précaution avec la mise en danger de la vie d ‘autrui.

Ces résultats scientifiques valables pour la métropole ont les mêmes conséquences en Nouvelle Calédonie, voire sont amplifiées compte tenu de la particularité et la fragilité de notre écosystème.

Ce qui précède va nous faire subir un empoisonnement lent et régulier.
Si en métropole il y a eu le scandale de l’amiante, ici on va vers le même type de scandale par l’implantation d’une centrale d’enrobage de bitume en milieu constitué d’habitations.

2) Dans les quelques années à venir il y aura des malformations de foetus, de plus en plus de cas de stérilité masculine et féminine et des cas de cancers particulièrement chez les personnes fragiles, notamment les enfants…, personne ne sera à l’abri.

3) L’implantation de cette centrale d’enrobage au bitume aura une très forte incidence financière négative sur la valeur immobilière des biens situés dans cette zone.
La valeur du patrimoine immobilier individuel va chuter compte tenu de ce qui précède.
Pour mémoire, nous rappelons que les propriétés immobilières sises à la Pointe à la Luzerne, la Pointe à la Dorade et à Panda… ont une valeur aujourd’hui, en termes de coût de réalisation, terrain compris, qui va de 30 Millions XPF à 120 Millions XPF.

Les personnes ont fait l’acquisition de terrain sur lequel ils ont bâti une résidence principale, ou acheté des propriétés déjà construites, pour beaucoup avec des crédits qui les engagent sur 15 ou 20 ans, voir 25 ans. Ces lourds investissements se verraient donc lourdement pénalisés dans leur rentabilité par cette implantation. En effet qui voudrait acheter une propriété, même très belle, dans un endroit pollué (particules de goudrons, odeur pestilentielle…) et dans lequel les risques sanitaires sont importants voir létaux (risques d’explosions)?

4) La Province Sud souhaite développer Panda en permettant l’implantation d’entreprises, mais celles qui auront investi dans cette zone fermeront et fuiront à cause des raisons exposées ci-dessus, car comment travailler en permanence au milieu d’émanations toxiques dangereuses ?
La Province Sud devra s’attendre à une perte financière sèche en accédant à cette création de centrale à bitume dans la Zone de Panda.

5) La thématique de l’emploi que représente la centrale à bitume de Menaouer ne peut pas être retenue. En effet celle-ci emploie 15 salariés qui peuvent très bien se rendre à leur travail quelque soit l’endroit dans laquelle elle serait implantée en Province Sud. Il est en effet possible d’implanter ce type d’industrie polluante dans un secteur géographique sans habitation ayant un accès direct à la voie rapide sans avoir à parcourir des centaines de kilomètres.

6) Le fait que la Holding Ménaouer ait fait l’acquisition des terrains sur la Zone Panda dans le but de déplacer certaines de ses activités, ne l’autorise nullement à y construire et exploiter n’importe quoi. Si l’on suit ce raisonnement, demain n’importe qui pourrait construire une centrale nucléaire n’importe où sous prétexte qu’il a fait l’acquisition d’un terrain et qu’il l’a décidé sans prendre en considération la réalité autre qu’économique ! D’autant que l’expérience  a prouvé qu’il n’était pas possible de faire confiance à « l’industriel » qui lui ne voit que l’intérêt financier. Il est impossible d’envisager de confier les contrôles à la DIMENC qui est déjà largement dépassée dans ses compétences et sa capacité à réagir, voire son impartialité !
On dit que l’argent n’a pas d’odeur, là elle a l’odeur de la mort !

Que l’administration pour X raisons veuille privilégier l’Entreprise Menaouer est une chose.
Qu’elle mette en danger la santé des gens ou qu’elle les ruine en permettant l’implantation de cette centrale dans une zone dans laquelle résident des centaines de familles en est une autre.
Les pouvoirs publics ne pourront pas dire « nous ne savions pas ». Les familles des morts et des handicapés, elles, sauront quoi faire !
Ce problème potentiel de santé publique devrait être une évidence et une priorité pour tout le monde. La présente lettre ouverte pourra être utilisée devant toutes instances judiciaires, privées ou  administratives et par tous moyens de communication,  et cela sans limitation de temps, si par impossible l’administration de la Province Sud prenait une décision contraire aux intérêts des riverains en privilégiant un ou des intérêts particuliers pouvant avoir des conséquences préjudiciables tant matériel que physique.

Veuillez agréer, Monsieur le Commissaire Enquêteur, l’expression de nos considérations distinguées.

Le Président de L’Association
Jean Pierre Guénant

Effrayant !!!
Il ne reste plus qu’ à esperer que l’ enquête, avant installation, aura influencer la décision de la province sud 🙁

Sutout Faites Circuler l’info.

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