Benoît XVI demissionne

Rares sont les papes qui ont démissionné pendant leur pontificat. Plus souvent pour des raisons politiques que pour des raisons de santé.

Depuis le XVe siècle, c’est toujours la mort qui a marqué la fin du règne des papes. La démission pour raison de santé est un sujet qui hantait déjà Paul VI, sans que jamais aucune disposition concrète n’ait été rédigée dans les constitutions apostoliques.

À l’inverse, rien dans le droit canon n’interdit à l’évêque de Rome de renoncer à sa charge. Le code du droit canonique de 1983 prévoit simplement, au canon 331, que le pape exerce son pouvoir librement, sans limites ni dans le temps, ni dans l’espace, ni dans le droit.

Législateur universel, le pontife n’a que Dieu au-dessus de lui. Mais le canon 332-2 précise aussi que le pontife romain peut remettre sa charge à condition que la démission soit parfaitement libre et qu’elle se déroule à travers un rite laissé à sa discrétion. Le Pape n’est pas tenu de la présenter à une quelconque autorité. Les cardinaux ne peuvent alors qu’en prendre acte.

Il n’existe que trois cas de démission papale au cours du dernier millénaire. Chacune répondait à une situation de crise aiguë, bien différente de la situation actuelle.
Voici la traduction des mots prononcés en latin par Benoît XVI, ce matin au Vatican, lors de l’intervention durant laquelle il a annoncé sa démission.

« Frères très chers,

Je vous ai convoqués à ce Consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Eglise. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière.

Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Evangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié.

C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’Evêque de Rome, Successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain Pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire. »

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